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OMICRoN

Auteur : Mikael Hirsch

Date de saisie : 02/02/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Ramsay, Paris, France

Collection : Litteraire

Prix : 19.00 / 124.63 F

GENCOD : 9782841148431

Sorti le : 10/01/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Claire Lamarre – 16/09/2008

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Claire Lamarre – 27/02/2007

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Thomas Steren vit d’expedients litteraires (corrections, negritudes) dans les marges de la culture parisienne. Obsede par Heinrich Reiss, obscur compagnon de Schopenhauer, auquel il a consacre une these, cet eternel adolescent vit en sous-location et sans papiers d’identite. Son isolement volontaire le condamne ainsi a naviguer entre nevrose et mysticisme.
Un jour, il tombe sur une offre d’emploi dans les petites-annonces du Figaro : un richissime homme d’affaires hongrois, Oremus Szabo, cherche un coach culturel. Contre des appointements confortables, Thomas devra lui rediger des fiches sur la derniere piece de theatre incontournable et sur l’exposition ou se pressent deja les foules.
Tres vite, entre le professeur-employe et l’eleve-patron, se noue une relation sadomasochiste, qui plonge Thomas dans les affres d’une paranoia galopante. Afin de se liberer de cette emprise malsaine, il entreprend d’ecrire un essai sur la folie meurtriere, qui fait l’apologie de la tuerie spontanee. Les ecrivains et les forcenes ne seraient-ils pas en realite les deux faces d’une meme medaille ? Le livre devient immediatement un best-seller, mais ce genre de propos finit par attirer une faune heteroclite et inquietante…

Entre realisme social et recit d’aventures, le roman de Mikael Hirsch frappe par sa virtuosite scenaristique et seduit par des considerations incisives, cyniques et hilarantes sur la societe du spectacle.

Mikael Hirsch, ne en 1973 a Paris, titulaire d’un DEA consacre a la litterature americaine, est aujourd’hui libraire. Il signe ici son premier roman.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Au cours de leurs entrevues successives, Thomas, glanant peu a peu des informations contradictoires, entama une reconstitution approximative, un portrait en creux de son nouvel employeur. Ses souvenirs semblaient meles d’impressions derobees, de sensations empruntees a une litterature qu’il ne connaissait pourtant pas. Son enfance viennoise semblait etre celle de Zweig ou de Schnitzler, ses anecdotes, celles d’une Mittel-Europa disparue bien avant sa propre naissance. A l’ecouter, Thomas avait souvent l’impression que cet homme etait ne au XIXe siecle, qu’il avait connu Freud et Gustav Klimt, sans pour autant savoir avec precision qui etaient ces gens. Le reste du recit tenait plus de la reconstitution historique que des souvenirs veritables. Thomas sentait chez Szabo une propension importante a l’exageration, au delire romanesque. Le temoignage relevait alors des actualites filmees et des anecdotes entendues a posteriori. Toutefois, apres plusieurs semaines, Thomas finit par admettre que ses connaissances restaient lacunaires et souvent inutiles. Les bribes etaient incongrues, sans veritable suite logique. Thomas ne savait comment il avait appris l’anglais, ni meme le francais, qu’il parlait d’ailleurs sans accent, a l’exception de quelques exclamations hongroises qui ponctuaient de temps a autre son discours. Il n’evoqua jamais ce que ses parents etaient devenus apres son depart de Hongrie, ni meme comment il avait finance son voyage et ses etudes. D’une maniere plus generale, Szabo ne parlait jamais de sa mere. Au-dela du mystere qui le nimbait litteralement et des ellipses dont il emaillait ses propos, le personnage semblait hante par des souvenirs inconciliables, la trame des epoques qui, a travers lui, se chevauchaient comme des montures retournees a l’etat sauvage. Thomas voyait parfois en Szabo une creature hybride, un receptacle temporel dans lequel circulaient des mondes, des periodes successives et antagonistes, la realisation en cours d’un projet pourtant ancien et toujours inconnu.
Heinrich Reiss se rendit a Weimar durant l’automne 1813. L’argent qu’il tenait encore de son pere lui avait permis d’echapper de justesse a la conscription, provoquee par la guerre d’independance.