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Ourika

Couverture du livre Ourika

Auteur : Madame de Duras

Preface : Christiane Chaulet Achour

Date de saisie : 10/10/2006

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Bleu autour, Saint-Pourcain-sur-Sioule, France

Collection : La petite collection de Bleu autour

Prix : 9.00 / 59.04 F

ISBN : 978-2-912019-53-0

GENCOD : 9782912019530

  • Les presentations des editeurs : 10/10/2006

Qui voudra jamais epouser une negresse ? Ces mots foudroient Ourika, silencieuse derriere un paravent. Elle a douze ans, c’est d’elle qu’on parle avec inquietude. Jusque-la, rien ne l’avertissait que sa peau noire pourrait l’empecher d’etre aimee. Sauvee enfant de l’esclavage, la petite Senegalaise avait ete confiee a une aristocrate francaise qui l’elevait comme son petit-fils. Un frere, plus qu’un frere pour Ourika qui, soudain, se voit condamnee a etre seule, toujours seule.

La narration sous la forme d’une longue confession confere a ce premier roman magistral de Madame de Duras une etonnante modernite quand il parait en 1823. D’autant que, sur un mode mineur qui le rend percutant, il aborde de front la question, deja vive, de la segregation raciale. Cette modernite perdure.

Madame de Duras, (Claire Lechat de Kersaint, duchesse de Duras ! est nee a Brest en 1777 d’un officier de marine qui, favorable a la cause de la Revolution mais oppose a la condamnation de Louis XVI, sera decapite en 1792. Apres un sejour a la Martinique, ou son pere avait laisse des biens, puis aux Etats-Unis, Claire Lechat de Kersaint s’etablit a Londres, ou elle epouse Amedee de Duras, dont elle aura deux filles. De meme que de nombreux aristocrates, elle rentre en France fin 1799, apres le coup d’Etat du 18 Brumaire. Tres liee a Madame de Stael et, surtout, a Chateaubriand, elle tient a Paris l’un salon des plus courus. Ourika est son premier roman.

  • Les courts extraits de livres : 10/10/2006

Extrait de la preface de Christiane Chaulet Achour :

Aussi a-t-on pu proposer une lecture biographique de Ourika suivant laquelle les relations contrariees de Ourika et de Charles refleteraient tant la liaison frustrante de Claire de Duras avec Chateaubriand que son amour maternel decu pour sa fille Felicie. A propos de cette derniere, la romanciere a pu ecrire : Il y a des etres dont on est separe comme par les murs de cristal depeints dans les contes de fees. On se voit, on se parle, on s’approche, mais on ne peut se toucher… De plus, la romanciere et son heroine ont toutes deux ete accusees de trop aimer, de mal aimer, jusqu’a en mourir, la disparition de la seconde prefigurant celle de la premiere, qui s’eteindra en 1828 a Nice. Partant, Gerard Gengembre3 avance cette hypothese : Peut-etre la Revolution, durant laquelle les femmes ont deploye une grande energie, et la Restauration, qui les fait revenir a une condition assujettie, dans l’inaction des salons, expliquent-elles cette place de l’amour et ces tendances masochistes, qui feront dire a Sainte-Beuve : “Les barreaux de la cage garantissent la sincerite de l’envol”.
Sitot paru, ce texte, qui recueillit d’excellentes critiques dans la presse, connut un grand succes. Il devait etre reedite une dizaine de fois en cinquante ans et traduit en anglais et en espagnol. Tres apprecie par Chateaubriand, qui comparait son amie a Madame de Stael comme a Madame de La Fayette, il le fut aussi par Goethe, selon un temoignage rapporte par Wilhelm von Humboldt.