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Out

Auteur : Natsuo Kirino

Traducteur : Rene de de Ceccatty | Ryoji Nakamura

Date de saisie : 14/01/2008

Genre : Policiers

Editeur : Points

Collection : Points. Thriller, n 1726

Prix : 8.50 / 55.76 F

ISBN : 978-2-7578-0481-0

GENCOD : 9782757804810

Sorti le : 21/06/2007

  • Les presentations des editeurs : 15/01/2008

Dans une usine de Tokyo, quatre femmes travaillent de nuit. Leurs maris sont tous infideles ou violents, et detestes. Lorsque Yayoi finit par etrangler son conjoint, c’est une veritable descente aux enfers qui commence pour elle et ses complices. Leur route croise celle de Mitsuyoshi, un ancien homme de main hante par le supplice qu’il a fait subir a… une femme. S’engage tres vite une terrifiante lutte a mort…

J’ai fini par le tuer.

Nee en 1951 et auteur de Disparitions, Natsuo Kirino a remporte avec Out le Grand Prix du roman policier au Japon. Best-seller au pays du Soleil-Levant, Out s’est vendu a plus de 500 000 exemplaires.

Retournements, vigueur du recit et conclusion, voila qui ravirait Hannibal Lecter.
Library Journal

Traduit du japonais par Ryoji Nakamura et Rene de Ceccatty.
Grand Prix du roman policier au Japon

  • Les courts extraits de livres : 15/01/2008

Elle arriva au parking en avance pour le rendez-vous.
Des qu’elle descendit de la voiture, elle sentit la moiteur d’une epaisse nuit de juillet. La chaleur humide semblait rendre les tenebres plus noires, plus pesantes.
Masako Katori eut l’impression de suffoquer et regarda le ciel nocturne sans etoiles. Sa peau refroidie et assechee par la climatisation de la voiture se mit rapidement a ruisseler et a se faire collante.
Une legere odeur de friture flottait dans l’air, melee a des bouffees de gaz d’echappement provenant de la route de Shin-Ome. Elle emanait de la fabrique de paniers-repas ou Masako allait travailler.
J’ai envie de rentrer.
Chaque fois qu’elle sentait cette puanteur, ces mots lui echappaient. Mais rentrer ou ? Une chose etait certaine : pas a sa maison, qu’elle venait de quitter. Pourquoi ne voulait-elle pas rentrer chez elle ? Et ou aurait-elle pu rentrer ? Masako avait le sentiment de s’etre egaree et de ne plus savoir ou elle en etait.
De minuit a cinq heures et demie du matin, sans la moindre pause, elle devait garnir des paniers-repas qui passaient devant elle sur un tapis roulant. Pour un travail d’appoint, le salaire etait eleve, mais les conditions penibles parce qu’il lui fallait rester debout. Plus d’une fois, quand elle n’etait pas en forme, il lui etait arrive de se crisper sur place a la perspective de cette tache harassante. Mais le malaise qu’elle ressentait ce soir-la avait une autre cause.
Comme d’habitude elle alluma une cigarette. Mais pour la premiere fois elle s’apercut qu’elle le faisait afin de combattre les relents de la fabrique. L’etablissement, situe dans la commune de Musashi-Murayama, se dressait, isole, au bord d’une route longee de l’autre cote de la chaussee par le mur gris d’une gigantesque usine automobile. Tout autour s’etendaient des champs cultives et d’innombrables ateliers de reparation de voitures. C’etait une plaine degagee d’ou l’on voyait parfaitement le ciel. La fabrique etait a trois minutes a pied du parking qui se trouvait derriere une usine desaffectee et sinistre.
Le parking consistait en un vaste terrain vague a peine amenage ; les places etaient delimitees par des cordeaux ensevelis sous du sable et devenus invisibles. Des monospaces destines au transport des employes et de petites voitures y etaient gares en desordre.
Quelqu’un se serait-il cache derriere la broussaille ou derriere une voiture qu’on ne l’aurait pas remarque. C’etait un endroit peu sur. Par acquit de conscience, Masako regarda autour d’elle en verrouillant sa portiere.
Elle entendit un crissement de pneus et le faisceau eblouissant de phares jaunes balaya en un instant l’herbe d’ete. Une Golf verte cabriolet entrait dans le parking. Au volant, une femme rondelette fit redescendre la capote : c’etait Kuniko Jonouchi. Elle avanca la tete pour lui faire un petit signe.
– Excuse-moi pour ce retard, dit-elle.
Kuniko gara nonchalamment sa Golf a cote de la Corolla d’un rouge terni de Masako. Elle la mit completement de biais sur la droite sans que ca semble lui poser un probleme et fit un bruit inutile et excessif pour tirer le frein a main et fermer la portiere : en toute chose elle agissait de facon ostentatoire et bruyante. Masako ecrasa sa cigarette sous la pointe de sa basket.
– Dis donc, elle est pas mal du tout, ta voiture, lanca-t-elle.
Le vehicule faisait deja jaser dans la fabrique.
– Tu trouves ? lui demanda Kuniko en laissant furtivement apparaitre le bout de sa langue d’un air ravi. Mais je me suis endettee, que c’en est absurde !
Masako eut un petit rire equivoque. La voiture n’etait certainement pas la seule cause de ses dettes. Kuniko n’achetait que des articles de marque et ses robes la ruinaient.
– Depechons-nous, dit-elle.