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Palestine

Auteur : Hubert Haddad

Date de saisie : 01/11/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Collection : Litterature francaise

Prix : 16.50 / 108.23 F

ISBN : 978-2-84304-421-2

GENCOD : 9782843044212

Sorti le : 23/08/2007

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  • Le journal sonore des livres : Lu par Hubert Haddad – 06/09/2007

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Hubert Haddad – 06/09/2007

  • Les presentations des editeurs : 04/09/2007

Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la ceinture de securite, une patrouille israelienne est assaillie par un commando palestinien.
Un soldat tombe sous le feu, un autre est enleve par le commando bientot en pleine deroute… Blesse, sous le choc, l’otage perd tout repere, en oublie son nom. C’est, pour lui, la traversee du miroir.
Seul survivant, sans papiers, en vetements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigne puis adopte par deux Palestiniennes. Il sera desormais Nessim, frere de Falastin, etudiante anorexique, et fils d’Asmahane, veuve aveugle d’un responsable politique abattu dans une embuscade.
C’est ainsi que Nessim decouvre et subit les souffrances et tensions d’une
Cisjordanie occupee…

Dans ce bouleversant roman, Hubert Haddad transfigure avec Falastin – moderne Antigone – toute l’horreur du conflit en une tragedie emblematique d’une grande beaute.

Ne a Tunis en 1947 d’un pere tunisien alors tailleur de pierre et d’une mere d’origine algerienne, Hubert Abraham Haddad n’a rien oublie de ses origines judeo-berberes. Depuis Un reve de glace, son premier roman, jusqu’aux interventions borgesiennes de l’Univers, etonnant roman-dictionnaire – sans oublier le Camp du bandit mauresque, recit d’enfance, le Nouveau Magasin d’ecriture ou Oholiba des songes, autre fiction deja hantee par le conflit du Proche-Orient -, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d’intellectuel et d’ecrivain.

  • La revue de presse Valerie Marin La Meslee – Le Monde du 2 novembre 2007

Qui a ecrit Palestine ? Hubert Haddad. Son prenom juif est Abraham, ne a Tunis en 1947, l’aube d’Israel. Venu a Paris a l’age de 5 ans, il y grandit du cote de Menilmontant ou se reconstitue sa culture judeo-arabe dans un Orient mele a l’islam. “…
Ce serait a lui, juif et arabe, pacifiste, de chercher la justesse des mots et de cultiver la nuance qui manque aux debats et aux discussions, les plus amicales soient-elles, ou il est si souvent confronte a l’adversite…
Qui a ecrit Palestine ? Un poete, dont la langue magnifique redonne vie et humanite aux douleurs quotidiennes du conflit. “Le roman est cette magie qui permet de penser librement l’Histoire, il porte a une sorte d’objectivite intuitive ou meme si l’on ne connait pas la solution, on est persuade qu’il y en a une.” Sous la palpitation des mots, dans la chair souffrante des personnages mis en presence au milieu de paysages absolument communs, dans l’ardeur des discussions recommencees, et au-dela du destin suspendu de Cham, Palestine est un roman offert en partage. Et sans doute l’un des plus beaux livres d’un ecrivain qui s’y engage face a ses contemporains.

  • La revue de presse Alexandra Schwartzbrod – Liberation du 18 octobre 2007

C’est une histoire incroyable comme seuls (ou presque) Israel et les territoires palestiniens savent en generer. Une histoire qui evoque par sa folie et son trouble celle relatee il y a deux ans par Yasmina Khadra dans l’Attentat (un chirurgien arabe israelien d’un hopital de Tel-Aviv opere a la chaine les victimes d’un attentat lorsqu’il decouvre que le kamikaze etait sa propre femme…), sauf que l’ecriture d’Haddad est lumineuse, legere, fluide, d’une poesie a vous reconcilier avec la douleur et la devastation.

  • Les courts extraits de livres : 04/09/2007

Sur le bord de la route longeant la barriere electronique, le premiere classe Cham regarde s’eloigner le car pour Tel-Aviv. Quelques minutes plus tot, une fois armes et fourniment deposes au poste central, il est ressorti tout joyeux avec son ordre de permission en poche. Ces trois semaines de liberte debutent par une journee perdue. Au lieu de remonter declarer sa presence, desempare, Cham descend d’un pas trainant jusqu’a l’observatoire d’angle ou l’adjudant Tzvi attend la releve dans une guerite de beton arme.
– Ca tombe bien ! dit l’adjudant. On fera la ronde ensemble.
– Mais je suis en perm et j’ai pas d’armes !
– T’inquiete, on a tout ce qu’il faut ici.
– C’est pas tres legal de mordre comme ca sur mon capital farniente…
– Et tu crois que c’est reglementaire de me laisser seul au poste ?
Le premiere classe Cham et l’adjudant Tzvi patrouillent maintenant de l’autre cote de la cloture de protection, fusil Galil en bandouliere. Tzvi fume une cigarette turque. Le crepuscule jette ses ors sur le bleu terreux des collines. A l’ouest, gommant peu a peu le fil tordu de l’horizon, on voit danser la silhouette d’une femme en equilibre sur un ane.
– Par ici, dit l’adjudant, il y a quand meme moins d’ennuis qu’en face de Ramallah.
Le soldat acquiesce d’un soupir. Il considere la cloture metallique herissee d’instruments d’alarme et de projecteurs qui court indefiniment sur ces plateaux, entre une route bitumee et une bande sableuse que bornent un fosse deja nappe d’ombre et des pointes de barbeles. Plus loin, dans son prolongement, a proximite de Jerusalem, du cote de Kalkiliya et de Tulkarem, on avait aligne de hauts boucliers de beton sur des kilometres au lieu de cette espece d’habillage d’autoroute en pleine cambrousse. Cham tourne un visage ebloui vers les reliefs abrases de soleil qu’acheve une trouee a pic sur la montagne d’Hebron. Sous l’intense reverberation, les collines pierreuses se perdent en ondoiements. Une explosion secoue le sol, assez distante pour ne rien troubler; seul un vautour quitte son perchoir et va s’abattre a cent metres, sur les ruines d’une bergerie. Cham regarde le ciel. La mort guette comme ces rochers. Comme ces etoiles aussi dans la partie felee du jour.
– La-bas ! s’exclame son chef. La-bas, sur la bourrique…
– T’inquiete ! C’est une vieille qui rentre au bercail. Je l’ai deja vue hier…
– Ca fait combien de temps que t’es affecte a la ligne ?
– Trois mois. C’est tout neuf pour moi le terrain…
Tzvi jette sur lui un coup d’oeil soucieux. Il semble evaluer le maigre soutien de cette bleusaille en cas de pepin. Musculeux, tout de cordes nouees, l’adjudant se deplace en dansant presque, un peu voute, pour conjurer le fond hostile de l’air. Des paysans charges de sacs et d’outils, surtout des femmes, se dirigent sans hate vers le passage securise, a trois kilometres de la. Tzvi a saisi instinctivement son arme.
– C’est idiot, leur histoire, dit-il. Les oliviers d’un cote, le village de l’autre…
Cham hausse les epaules. Il pense a sa mere cloitree dans sa nostalgie, a ses camarades du departement de biologie animale, a la rousse Sabrina qu’il aurait pu aimer, a tous ses amis de Jerusalem. A son frere Michael aussi. Malade de solitude depuis son divorce, ecoeure par l’enfermement belliciste des partis au pouvoir et de l’etat-major, sans plus d’energie pour peindre, il avait delaisse son atelier de la ville neuve pour aller se refugier dans une cabane branlante du faubourg arabe, parmi les oliviers.