Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Panique a la Scala

Auteur : Dino Buzzati

Traducteur : Michel Breitman

Date de saisie : 28/09/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine etranger, n 3942

Prix : 7.30 / 47.88 F

ISBN : 978-2-264-04280-4

GENCOD : 9782264042804

  • Les presentations des editeurs : 28/09/2006

Un dragon qui terrorise un village de montagnards, un grand chef d’orchestre aux prises avec un groupe terroriste, et une etrange peste qui decime des automobiles… Dans ces vingt-quatre nouvelles, Dino Buzzati, qui a toujours aime nous surprendre, mele avec son habituelle finesse l’etrange au quotidien, l’humour a l’angoisse, le merveilleux au realisme. Il nous offre ici une peinture delicieusement acerbe de la nature humaine, avec la subtile causticite dont il a le secret.

Ne en 1906 dans le Frioul, en Italie, Dino Buzzari est mort d’un cancer en 1972. Il fait ses debuts dans le journalisme au Corriere delia Sera, pour lequel il sera correspondant de guerre lors du second conflit mondial. C’est avec Barnabo des montagnes (1933) et Le Secret du bosco Vecchio (1935) qu’il inaugure sa carriere litteraire. En 1940 parait son oeuvre majeure, Le Desert des Tartares, qui rencontre immediatement un succes mondial. Buzzati publie ensuite une serie de contes, qui comprend notamment Les Sept messagers (1941), L’Ecroulement de la Baliverna (1954), L’Image de pierre (1960), ainsi que des nouvelles – parmi lesquelles Le K, qui demeure la plus celebre. Buzzati avait egalement des talents de peintre et nous a laisse une singuliere bande dessinee, intitulee Poemes Bulles. Il est aujourd’hui unanimement considere comme l’un des plus grands ecrivains italiens.

  • Les courts extraits de livres : 28/09/2006

Le soleil se levait, le sommeil quittait les voyageurs, les cochers se mirent a chanter et les chevaux accelererent le pas.
Taddei etait notre medecin de famille, reprit le gouverneur. Il avait jadis une clientele florissante. Et puis un beau jour a cause de je ne sais plus quel chagrin d’amour il s’est retire a la campagne. Il a du lui arriver une autre desillusion et il est venu se terrer ici. Encore une nouvelle infortune et Dieu seul sait ou il ira finir; il deviendra lui aussi une espece de dragon !
Quelles stupidites ! dit Maria sans cacher son agacement. Toujours cette histoire de dragon, elle commence a m’enerver votre rengaine, vous n’avez parle de rien d’autre depuis que nous nous sommes mis en route.
Mais c’est toi qui as voulu venir…, susurra ironiquement son mari. Au demeurant, comment aurais-tu pu nous entendre discourir puisque tu dormais sans arret ? A moins que tu n’aies fait seulement semblant de dormir ?
Maria prefera ne rien repondre et se retourna, avec une certaine gene, vers le paysage. Elle observait les montagnes qui se faisaient toujours plus hautes, plus severes, arides et escarpees. On pouvait entrevoir au fond de la vallee toute une succession chaotique de cimes et de cretes, pour la plupart en forme de cone, sans aucun arbre, aucune prairie, d’une seule couleur jaunatre et qui semblaient le comble de la desolation. Inondees de soleil, elles resplendissaient d’une devorante ter : il n’y avait plus de route. Les chasseurs, mettant pied a terre, purent s’assurer qu’ils se trouvaient bien au coeur meme de ces sinistres montagnes. Vues de plus pres desormais, elles semblaient n’etre faites que de roches pourries, croulantes, presque de la glebe, rien qu’un tapis d’avalanches du sommet jusqu’au pied.
Nous y sommes. C’est ici que part le sentier, dit Longo, designant des traces de pas humains qui grimpaient au debouche d’un vallon. En passant par la, on arriverait en a peu pres trois quarts d’heure au Burel, lieu ou le dragon avait ete repere.
A-t-on pense a prendre de l’eau ? demanda Andronico aux chasseurs.
Quatre fiasques, Votre Excellence; et deux autres emplies de vin, repondit un des chasseurs. Je pense que ce devrait etre suffisant…