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Paris ne finit jamais

Auteur : Enrique Vila-Matas

Traducteur : Andre Gabastou

Date de saisie : 03/03/2010

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Litterature Etrangere Bourgois

Prix : 21.00 / 137.75 F

ISBN : 9782267017328

GENCOD : 9782267017328

Sorti le : 27/08/2004

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  • Les presentations des editeurs : 25/03/2010

Mallarme ou Rimbaud ? demande Marguerite Duras a son locataire qui aspire a ecrire, ne comprend pas, une fois de plus, sa question et s’en etrangle. C’est que, lui avait explique un camarade d’exil, Marguerite parle
un francais superieur.
De fait, en l’interrogeant sur son destin litteraire, elle lui demande de choisir entre l’option nomade (Rimbaud, Hemingway, la virilite) et l’option sedentaire (Mallarme, meme domicile a vie). Malgre son inclination pour la premiere, le narrateur se prononce pour la deuxieme parce qu’il craint que Duras ne l’enjoigne a quitter Paris et a liberer ainsi la mansarde dont il oublie de lui payer le loyer. En revisitant ironiquement ses jeunes annees a Paris, ce double de Vila-Matas s’inscrit dans une lignee d’ecrivains exiles, dont le plus celebre est Ernest Hemingway, a qui il s’identifie : Il y a, je ne sais combien d’annees, que je bois, grossis et crois (…) que je ressemble de plus en plus a l’idole de ma jeunesse, Hemingway. Hemingway qui, dans Paris est une fete, evoque le temps ou il etait tres pauvre et tres heureux.
En revanche, le heros de Paris ne finit jamais est, lui, tres pauvre et tres malheureux.
Rejete par la moitie du monde, y compris par la concierge valencienne de l’immeuble (Les Francais ne veulent plus travailler, ils veulent tous ecrire. Il ne manquait plus que les Catalans se mettent a vouloir les imiter.), le
narrateur decouvre au fil des jours que, comme dit John Ashbery, apres avoir vecu a Paris, on est incapable de vivre ailleurs, y compris a Paris.

Enrique Vila-Matas est ne en 1948 a Barcelone. Ses livres ont ete traduits en une trentaine de langues. Reconnu depuis ses premiers livres par des lecteurs inconditionnels, sa consecration definitive arrive avec Le Mal de Montano (2002) qui obtient en 2003 le prix Medicis. Le Docteur Pasavento (2005), L’Explorateur d’abime (2008) et Le Journal Volubile (2009) achevent d’affirmer sa reputation d’un grand auteur singulier, aujourd’hui etudie par les universitaires.

  • La revue de presse Andre Clavel – L’Express

Dans les lettres espagnoles, Enrique Vila-Matas (prix Medicis etranger 2003) occupe la position du tenebreux : l’auteur de Suicides exemplaires ecrit a l’encre noire des livres hantes par le silence et la disparition. Il ne manque pourtant pas d’humour. La preuve, ce Paris ne finit jamais, ou il se moque copieusement de lui-meme. Et raconte comment, a 26 ans, en fevrier 1974, il quitta la Barcelone franquiste pour venir deballer sa panoplie d’exile du cote de Saint-Germain-des-Pres. Une bonne fee l’y accueillit : la forcement sublime Marguerite Duras, qui lui loua une mansarde crasseuse au 5 de la rue Saint-Benoit, avec vue sur la misere… Son temoignage est drole, gentiment cruel et jamais revanchard.

  • La revue de presse Mathieu Lindon – Liberation

Paris ne finit jamais se presente comme une autobiographie, ou une autobibliographie, d’Enrique Vila-Matas. L’ecrivain barcelonais ne en 1948 raconte ses annees d’apprentissage parisiennes, quand Marguerite Duras lui louait une chambre au-dessus de son propre appartement, rue Saint-Benoit, et il pretend que cet apprentissage consista a se perfectionner dans l’ironie. Le livre est ainsi a la fois une introduction a l’oeuvre de Vila-Matas (ceux qui n’ont rien lu de lui peuvent commencer par ce livre) et un commentaire sur l’ensemble de son travail (ceux qui ont tout lu de lui doivent continuer par ce livre). Enormement de ses livres sont tres bien traduits en francais ces temps-ci (principalement chez Bourgois ou le Mal de Montano obtint l’an dernier le prix Medicis etranger, mais aussi au Passeur ou chez Passage du Nord/Ouest), mais c’est plus une joie qu’une surproduction, vu que leur humour et leur delicate emotion suscitent immanquablement un bonheur de lecture qui leur est propre… Il y a une ironie propre a Enrique Vila-Matas a se moquer de l’ironie, a raconter comment il a pu y acceder, la necessite de s’y accrocher. Sa vie sentimentale et sexuelle n’y echappe pas. Sapristi, me suis-je dit, atterre, ce n’est pas tous les jours qu’on essaie de vous assassiner, conclut ainsi un chapitre sur la prise de LSD a la tour Eiffel en compagnie d’une fille qui, en verite, ne l’aime pas. Il raconte aussi comment il couche volontiers avec une autre, d’un milieu plus bas que le sien, ce qui l’excite et le rassure : Avec elle, je me sentais moins tendu et moins inhibe au lit et pouvais, en tant qu’amant, faire des progres, a quoi s’ajoutait l’avantage que, si je n’etais pas a la hauteur, personne de mon milieu social ne le saurait et je pourrais continuer a cultiver joyeusement mon manque d’assurance sexuelle…. En plus des ecrivains, on rencontre dans le livre Isabelle Adjani et Paloma Picasso, ainsi que Francois Mitterrand qui a precede, durant l’Occupation, Enrique Vila-Matas dans la petite chambre durassienne de la rue Saint-Benoit. C’est aussi un charme de ce livre que se degage, a travers ses diverses apparitions saugrenues, un portrait chaleureux de Marguerite Duras…

  • La revue de presse Elizabeth Gouslan – Le Figaro

Ceux qui n’ont jamais croise Enrique Vila-Matas, facetieux dandy litteraire espagnol, ont sans doute observe maintes fois ses nombreux avatars a la terrasse du Flore. La panoplie varie – chapeau mou ou cheveux au vent, veste en tweed ou total look anthracite, pipe sartrienne ou Dunhill lihgt aux levres – mais le poseur affiche systematiquement un melange d’arrogance, de lassitude et de mystere etudie. La midinette ordinaire se meprend souvent : croyant decouvrir un poete maudit, un futur Boris Vian en embuscade, un nouveau Salinger egare au Quartier latin, elle se laisse eblouir. Car la pauvrette ignore que l’intellectuel frelate et le pseudo-romancier sont des specialites de la faune du Flore, au meme titre que le chocolat chaud ou le croque-monsieur au cheddar.

Tout l’attachant talent d’Enrique Vila-Matas, Barcelonais petri d’humour et de modestie, consiste precisement a se peindre en genie ombrageux, en imposteur anonyme de ce folklore germanopratin que le monde entier nous envie. Dissipons tout de suite un malentendu : Vila-Matas n’a rien d’un toquard deguise en existentialiste. C’est un authentique ecrivain, responsable d’une dizaine de savoureux traites et recits… Ce recit d’apprentissage cerne la personnalite fantasque d’un jeune Espagnol montant a Paris avec la ferme intention d’y etre publie et le voeu pieux de devenir (comme l’illustre auteur de Pour qui sonne le glas) tout a la fois chasseur, pecheur, reporter de guerre, buveur, grand amant et boxeur. Inutile de dire qu’il echouera a imiter son idole. Autobiographique ? Bien sur. Nostalgique ? Pas vraiment, car ce cocasse quinquagenaire puise son originalite dans l’usage constant de l’autoderision, ingredient assez rare dans le paysage litteraire… L’humour est garanti, reste la tendresse. Elle surgit au detour d’une page consacree a la mere, un hymne d’amour a une femme excentrique, superstitieuse, resignee a vivre loin de son fils boheme, une sorte de double enigmatique et hispanique de Marguerite Duras, une autre toquee magnifique croquee par un ecrivain truculent, dont on aimerait que la verve ne se tarisse jamais…