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Peine perdue

Auteur : Christine de Lucy

Date de saisie : 03/04/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Litterature

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-268-06199-3

GENCOD : 9782268061993

Sorti le : 29/03/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Joachim Salinger – 17/09/2008

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Joachim Salinger – 10/04/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Ca m’a pris du temps avant que je les oublie. Pourtant, si je les rencontrais aujourd’hui, je n’aurais rien a leur dire.
Ils ne m’interessent pas.
C’est a leurs fantomes que je peux parler maintenant. Sans melancolie ni misericorde. A armes egales.

Chacun a le droit de raconter son histoire. Au moins une fois. Comme dans les contes.
C’est ce que fait Clara lorsque sa mere meurt, que son esprit repart en arriere et qu’elle donne sa main au diable pour passer de l’autre cote de la riviere…

Christine de Lucy travaille dans l’edition. Peine perdue est son premier roman.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Elle continue a trimballer son peche, crispee et indifferente, au bord d’une route a present, au goudron caramelise par ce soleil de penitence. Ca finira donc jamais ce chemin de croix, on dirait que les heures redoublent et meme peut-etre qu’elles repartent en arriere. Ma mere me rafistole un peu l’allure, elle dit que j’ai l’air d’une sauvage a force de frotter mes mains sur ma robe de parapluies. La pluie, j’en voudrais des baquets sur ma tete en feu, et je les hais a present ces stupides cannes qui ne me protegent de rien. Je revoie l’eau vermeille qui s’ecoulait de mes mains, au soleil en Bretagne, et le trait bleu de la mer, dans les trous de feuillage, sur la corniche qui dominait la Cote de Granit rose, chez ma grand-mere aux cornes de dentelle, aux dents serrees, a l’odeur de farine.
Je vais etre sale pour ma rentree, et ce desordre la terrifie. Elle a le sens de la tenue, ma mere, elle m’a paree comme il se doit. Pour commettre une belle ceremonie.
Elle s’arrete, allume une tige, elle peut pas s’en passer, une vraie accoutumance. Un poison. Je me revois, pour elle, ramassant dans la rue tortillante les megots les plus noirs, les plus petits aussi, bavant leur jus jaunatre, tout etait bon, elle qui les remisait et quand il y en avait assez, elle grillait ce tabac au four, defait de son enveloppe souillee et s’en roulait de toutes neuves, des reines de cigarettes qui lui donnaient une vraie joie. Je preferais ne pas savoir comment ca gresillait dans ses poumons malades.
C’est moi qui allumais.
Ne t’inquiete pas, tu boiras la-bas, ca va etre bien, on va s’occuper de toi.