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Pelerin

Auteur : William Bayer

Traducteur : Gerard de Cherge

Date de saisie : 07/11/2007

Genre : Policiers

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Rivages-Noir, n 659

Prix : 9.50 / 62.32 F

ISBN : 978-2-7436-1721-9

GENCOD : 9782743617219

Sorti le : 03/10/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Christophe Dupuis de la librairie ENTRE-DEUX-NOIRS a LANGON, France – 17/09/2008

New York, annees 80, plein hiver. Pam Barrett, journaliste sportive sur une chaine locale sort de l’immeuble de son travail completement deboussolee : au vu de sa carriere – bien propre et bien lisse – son patron lui suggere d’arreter la tele. Elle est stoppee dans ses pensees moroses par un accident stupefiant : un gigantesque oiseau tombe du ciel sur une patineuse, l’egorge et repart dans les cieux aussi vite et brutalement qu’il etait arrive. La patineuse est morte. Pam repere des japonais qui ont filme la scene ; elle leur achete le film et rentre vite fait au studio : elle tient Le scoop. Rapidement, bon nombre de questions vont se poser : quel est cet animal ? Pourquoi tue-t-il ? Risque-t-il de revenir ?

Avec un tel debut d’histoire – l’aigle geant qui tue les gens en pleine ville – les lecteurs peu au fait des prouesses de l’auteur, pourraient s’attendre a lire un nanard des annees 80. Mais c’est sans compter le talent de William Bayer (ne dites pas que vous n’avez jamais lu Le reve des chevaux brises chez le meme editeur) qui donne de la densite a ses personnages, tisse de subtils liens entre eux, augmente le rythme de l’histoire pour terminer sur un final endiable. On ne peut – une fois de plus – que remercier les editions rivages d’avoir entierement retraduit ce le livre, paru initialement dans une version tronquee a la Serie Noire.

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Pam Barrett est journaliste a la television, mais on ne peut pas dire que sa carriere decolle. Jusqu’au jour ou elle assiste a une scene proprement stupefiante : en plein New York, une jeune patineuse est assommee et egorgee par un oiseau geant qui disparait aussi vite qu’il est venu. Panique, stupeur. Les temoins croient avoir reve, mais des touristes ont filme l’attaque. Pam comprend qu’elle a une chance de faire la une en rapportant ces images insensees. Un ornithologue lui confirme bientot que le Meurtrier est un faucon pelerin femelle, mais un specimen anormalement grand. Et jamais ce type d’oiseau ne fondrait sans raison sur un humain. Encore moins pour le tuer. De plus, comment cet animal s’est-il perdu dans Manhattan ? Peut-etre n’est-il pas perdu, justement, et dans ce cas, l’affaire n’est plus du ressort des ornithologues, mais de la police.

Palpitant, envoutant, ce thriller nous plonge dans le monde mysterieux de la fauconnerie. Une fois encore, bayer fait preuve d’une maitrise eblouissante.

Paru a la serie noire dans une version tronquee, ce livre a ete integralement retraduit.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gerard de Cherge.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Elle ne savait pas ou elle allait, ca lui etait egal. Elle laissait la foule l’entrainer loin des locaux de la chaine, loin de la salle de redaction, des machines a ecrire, des ecrans de controle, de toute cette atmosphere pourrie. Elle ne voulait pas que ses collegues voient son visage. Profondement blessee, elle ne voulait pas qu’ils scrutent ses yeux pour mesurer son desarroi, sa douleur. Plus tard, peut-etre, quand elle aurait pris sa decision pour la suite – parce que, naturellement, ce serait leur grande question : Qu’est-ce que tu comptes faire, Pam ? Rester, ou quoi ? Et comme elle ne connaissait pas encore la reponse, elle s’etait refugiee dans les rues.
Il faisait froid : une eblouissante journee d’automne, vivifiante et limpide. Elle en prit conscience apres avoir parcouru plusieurs blocs. C’etait l’une de ces eclatantes journees new-yorkaises comme elle les aimait tant. Les buildings dansaient, le granit etincelait, le verre chatoyait et s’enflammait. La ville etait enchantee ; Manhattan, ensorcele. Elle avancait avec le flot incessant des pietons. Elle essaya de sourire. Elle voulait etre brave.
Elle avait toujours ete ainsi : une femme qui ne montrait pas ses emotions. En tant que journaliste, c’etait sa signature : ne jamais manifester d’hostilite, ne jamais reveler sa nervosite, son malaise. Elle aimait regarder la camera bien en face, sans ciller, chaque cheveu a sa place, son fin visage parfaitement serein, un demi-sourire ironique sur les levres pour suggerer qu’elle ne laissait rien paraitre mais n’en pensait pas moins. Peu importait ce qu’elle pensait ; elle n’etait pas la pour etaler ses opinions. Elle etait la pour donner une certaine image d’elle, pour etre Miss Cool, pour porter un masque.
Mais maintenant, le masque s’etait fissure. Elle n’avait pas pleure devant Herb. Ca, jamais. Jamais ! Mais maintenant, dans les rues anonymes, encombrees, elle avait du mal a refouler les larmes qui lui montaient aux yeux.
Son talon se coinca dans une grille d’egout. Elle trebucha, se cogna contre un passant. Desolee, murmura-t-elle. Il ne lui accorda pas un regard, pas un signe de tete. Ou allait-elle ? La ou la foule l’entrainerait. N’importe ou. Loin.
Herb avait essaye de se montrer gentil – probleme pour lui, parce qu’il ne l’etait pas du tout.
– Je ne sais pas… Ce ne sont pas vos textes, vous ecrivez tres bien. Ce qui cloche, c’est votre debit. Trop froid. Distant. Ca ne passe pas. (Silence, puis 🙂 Autant vous prevenir que j’envisage de vous retirer de l’antenne.
C’etait donc ca : elle s’etait trop bien camouflee, trop protegee. Elle avait fait semblant d’etre Miss Cool et ca n’avait pas marche.
– Au naturel, vous avez une presence fantastique. Mais a la tele…
Herb avait conclu par un haussement d’epaules. C’etait peut-etre vrai. Le journalisme de television etait impitoyable. La transmission pouvait trahir une prestation qui n’etait pas concue pour la cruelle neutralite de l’objectif.
– C’est pas la fin du monde, hein ! Plein de choses a faire pour quelqu’un comme vous. Rediger les enchainements pour le presentateur, par exemple. Il va y avoir une opportunite…
– Je suis journaliste.
– C’est evident. Evident. Et justement, si vous retourniez a la presse ecrite ? Je detesterais vous voir partir, remarquez, mais il faut faire ce qui est le mieux pour vous.
Elle etait sur la Sixieme Avenue. Les tours des grands networks se profilaient juste devant. Elle croisa des hommes munis d’attaches-cases, des femmes en tailleur strict. Tous etaient presses : ils allaient a des reunions, voir des avocats, conclure des marches, se mettre en avant. Elle aussi etait pressee… mais de s’echapper.