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Petit dejeuner avec Mick Jagger

Auteur : Nathalie Kuperman

Date de saisie : 28/08/2008

Genre : Essais litteraires

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Collection : Figure libre

Prix : 14.00 / 91.83 F

ISBN : 978-2-87929-621-0

GENCOD : 9782879296210

Sorti le : 21/08/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Figures libres

Mick Jagger est sur le point de se reveiller. Il va rejoindre Nathalie dans la cuisine ou elle l’attend, une tasse de cafe a la main. Cette scene, Nathalie l’a-t-elle vraiment vecue ? Ou bien n’est-ce qu’une image inventee, fixee a jamais dans son esprit ?
Entre l’adolescente fantasque et l’ecrivain qui, trente ans plus tard, tente de mettre de l’ordre dans son passe, il y a ce personnage cle, Mick Jagger, comme la piece manquante d’un puzzle inlassablement recommence.
Un premier amour imaginaire. Mais aussi la meilleure facon de se raconter des histoires.

Dans ce roman ou reel et fiction se melent, Nathalie Kuperman met en scene une jeune fille seule dans un appartement a Paris, un demenagement, une agression sexuelle, une mere deprimee, une obsession. Et le desir eperdu de rejoindre, enfin, la vraie vie.

Nathalie Kuperman a notamment publie Tu me trouves comment ? et J’ai renvoye Marta (aux editions Gallimard), et plusieurs ouvrages pour la jeunesse (a l’Ecole des Loisirs).

  • La revue de presse Christine Ferniot – Telerama du 27 aout 2008

De ce premier amour imaginaire, Nathalie Kuperman a fait une fiction parfois fantasque et souvent tragique comme la jeunesse perdue. En filigrane, la romanciere decrit une vie gachee par une agression sexuelle qui l’empechera d’aimer des hommes de chair et de sang. Elle evoque sa peur de l’age adulte, qui ressemble a un hopital ou les psys vous administrent des calmants a haute dose. Fort heureusement, Mick Jagger est toujours la, eternellement frimeur sur la photo en noir et blanc. Et sur le disque, il chante Angie autant de fois qu’on le lui demande.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

PETIT DEJEUNER 1
(Le sommeil)

Un oeil sur la tranche d’une pochette de disque me voit vivre jour et nuit. Je suis a portee de regard, ou que je sois dans la piece. Ma chambre est dominee par le bleu fonce de l’iris.
Ca commence comme un jeu.
Un jeu dont j’ai fixe les regles et qui m’echappe a la seconde ou j’imagine, derriere ces paupieres que j’ai voulues fermees, l’agacement d’un bruit. Je deviens les paupieres, je deviens le bruit, l’agacement et la tentative de prolonger le sommeil encore un peu.
Le bruit, c’est le pied de Sofia par terre lorsqu’elle s’extirpe du lit. Je ne peux retenir un juron.
Et ce n’est plus un jeu. Je tremble comme une feuille a l’idee que Mick se reveille, enerve par notre presence maladroite, par les eclats de nos petites manigances infantiles. Je tremble parce que les jeux deviennent stupidement des drames.
Sofia a la lourdeur du drame qui couve. C’est parce qu’elle ne m’a pas resiste quand je lui ai propose le jeu que je ressens cette envie de disparaitre et de l’engloutir dans le meme mouvement ; ne soyons plus ni bruit ni son ni mouvement ni souffle ni rien du tout.
Les yeux idiots et le corps en suspens, Sonia hesite a faire tout mouvement qui entrainerait d’autres imprecations. Je sors du lit a mon tour et nous passons comme des fantomes devant la chambre dont la porte est close pour proteger le sommeil de Mick. Nous montons l’escalier en nous concentrant pour eviter que les marches ne grincent, mais, bien sur, cela est impossible. Nous avons un poids, une masse corporelle, et tout cela me degoute brusquement. Je nous voudrais aeriennes, inexistantes.
L’inexistence est un reve qui me saisit quand je pressens que ma vie peut basculer. Le rendez-vous est une epreuve, toujours, et le mot me fait froid dans le dos.
Nous arrivons enfin dans la cuisine. Une fois la porte refermee derriere nous, nous soufflons un peu et nous autorisons a parler normalement.