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Pour Jean-Francois Revel

Auteur : Pierre Boncenne

Date de saisie : 26/01/2007

Genre : Politique

Editeur : Plon, Paris, France

Prix : 21.00 / 137.75 F

ISBN : 978-2-259-19920-9

GENCOD : 9782259199209

  • La voix des auteurs : Pierre Boncenne – 12/10/2006

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Pierre Boncenne – 12/10/2006

  • Les courtes lectures : Lu par Manuel de Poncheville, eleve du cours Florent – 17/10/2006

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Manuel de Poncheville, eleve du cours Florent – 17/10/2006

  • Les presentations des editeurs : 05/10/2006

Normalien, agrege de philosophie, auteur de nombreux essais au retentissement international, journaliste ayant, notamment, dirige L’Express, editeur, amateur eclaire d’art et de poesie, fin gastronome : Jean-Francois Revel (1924-2006), de l’Academie francaise, fut l’un des grands acteurs de la vie intellectuelle et politique contemporaine. Sur bien des sujets auxquels cet homme d’une exceptionnelle culture s’est confronte, il a vu juste avec une rare lucidite. Des lors, comment se fait-il que l’Universite, certains medias influents et une partie de l’opinion le consideraient surtout comme un auteur obsede par le communisme et fascine par l’Amerique ? Pourquoi Revel, au mepris de l’honnetete la plus elementaire, a-t-il ete souvent ignore et parfois calomnie ? Venu de la Resistance contre le nazisme, issu de la gauche democratique, pourquoi a-t-il ete catalogue comme de droite ultraliberale et reactionnaire ? Qu’est-ce qui a pu deranger chez cet intellectuel en quete de la verite et s’exprimant, d’abord, dans un souci de clarte ? Pour la premiere fois, un essai polemique tente de repondre apres une longue enquete s’appuyant sur des conversations menees en toute liberte avec Jean-Francois Revel, sa correspondance personnelle et de nombreux temoignages, en particulier ceux de Simon Leys et Mario Vargas Llosa.

Pierre Boncenne a ete redacteur en chef de Lire et collaborateur des emissions Apostrophes, puis Bouillon de culture. Il a publie des articles dans de nombreux journaux. Auteur de plusieurs essais, comme Les Petits Poissons rouges (Le Seuil), il a aussi concu La Bibliotheque ideale (Albin Michel, Le Livre de Poche).

  • Les courts extraits de livres : 06/10/2006

Un jour, Revel a bascule a droite, l’affaire ne se discute pas. Et le bizarre souci d’examiner les pieces d’un dossier classe prouve, deja, qu’a votre tour, vous filez un mauvais coton.
Il existe, cependant, des moyens de reprendre la main en jouant une carte de diversion. Par exemple, cet atout dont je n’hesite pas a abuser et peu susceptible en la circonstance de preter a une derobade parce que, je le savais, l’ami, pour le coup, l’avait lu :
– Quelqu’un comme Simon Leys, tu le situes a droite ou a gauche ?
– J’avoue que la question n’a pas de sens. Rien de tel pour me ravir :
– Je te la pose quand meme.
– Tout ce que je sais, c’est que Simon Leys a rendu un formidable service a la gauche.
– Peut-etre. Mais, en soi, tu admets que son oeuvre polemique sur le maoisme ne releve guere du clivage droite/gauche ?
– Bien entendu, on s’en fout.
Le constatant ferre a point, on pouvait lui repliquer illico : pourquoi ne pas adopter la meme attitude vis-a-vis des textes de Revel ? Pourquoi ce peremptoire a priori droitier ? Mais je craignais qu’il n’eut eprouve un trouble suffisant, il fallait insister pour tirer le meilleur profit du test.
– Pour ta gouverne, je te signale seulement qu’entre Revel et Simon Leys, sans compter leur amitie, on peut etablir maintes preuves de convergences. Ce qui les conduit a reagir, ce sont les faits, leur exactitude ou non. Et pas de savoir si l’enonce de ces faits les classera a droite ou a gauche : eux aussi, ils s’en foutent !
Je le sentais pret a temperer son opinion expeditive et, en meme temps, quelque chose le chiffonnait dans ma comparaison, il lui opposait comme une sourde resistance, en apparence sincere, illustrant, au passage, l’un des themes de Revel dans ses nombreuses analyses de l’ideologie : elle n’exclut pas du tout la bonne foi tandis que la mauvaise foi releve non de l’erreur mais du mensonge. L’erreur de la bonne foi est plus insaisissable, plus difficile pour l’esprit meme qui la commet et la transmet, a extirper de soi. Car pour y parvenir, il lui faudrait precisement disposer des donnees dont l’absence a fausse son jugement, mais qu’enferme dans sa croyance, il n’eprouve pas le besoin de rechercher.