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Pripyat, vert comme l’enfer

Auteur : Cécilia Colombo

la pensée autorise et légitime tous les voyages.
même et surtout ceux que la raison déconseille. cécilia colombo n’est pas allée, physiquement, à pripyat, ni à tchernobyl. pourtant, pas de “science-fiction”, ici, seulement les mots justes pour dire que la nature outragée, là-bas, s’en sort mieux que les hommes ; les arbres y grandissent plus vite, écartent le béton avec une anormale énergie ; l’homme s’est lui-même coupé les jambes et s’étonne de ne plus marcher…
là-bas… ce là-bas lancinant prend un sens terrible. il est le ” n’allez pas là-bas ! ” des poilus de verdun, n’allez pas vers cet ailleurs d’enfer et de mort. pour se rendre à pripyat, on a des milliers de regards : là-bas, c’est ici. il faut rappeler que la terre est un lieu étriqué, sans douanier pour arrêter un nuage. ce texte est le cri de douleur d’une victime par procuration. les arbres poussent vite, c’est vrai.
nul n’en mangera les fruits : le vert est aussi la couleur de l’enfer. et puis, écho des temps oubliés, avant l’origine du son, il y a ceci : ” le troisième ange fit sonner sa trompette. du ciel, un astre immense tomba, brûlant telle une torche ; il tomba sur le tiers des fleuves et la source des eaux ; son nom est absinthe. le tiers des eaux devint de l’absinthe et beaucoup moururent à cause des eaux devenues amères.
” ainsi parle l’apocalypse de jean. mais sait-on bien qu’absinthe, en ukrainien, se dit aussi ” tchernobyl ” oe