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Quand je serai roi

Auteur : Enrique Serna

Traducteur : Francois Gaudry

Date de saisie : 19/03/2009

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Metailie, Paris, France

Collection : Bibliotheque hispano-americaine

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-86424-675-6

GENCOD : 9782864246756

Sorti le : 19/02/2009

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  • Les presentations des editeurs : 21/12/2008

Enrique Serna
Quand je serai roi

TRADUIT DE L’ESPAGNOL (MEXIQUE) PAR FRANCOIS GAUDRY

Soit un gosse de douze ans, miserable, surnomme le Nopal, qui inhale de la colle et lave les pare-brise aux feux rouges, et sa petite bande de copains aussi feles et mal lotis que lui. Soit le riche proprietaire d’une station de radio qui organise un concours d'”enfants heros”- lesquels, pour etre selectionnes et gagner un million de pesos, doivent s’etre distingues par un comportement heroique lors de circonstances dangereuses ou tragiques. Soit encore Marquitos, le fils du directeur de la station de radio, adolescent abruti qui s’amuse, avec le fusil paternel, a descendre les pauvres qui passent dans la rue et finit par en tuer un. D’autres encore, dont des flics pourris jusqu’a la moelle, des intellectuels dechires entre leur foi revolutionnaire et leur carte de credit. On agite le tout et on a un extraordinaire roman carnavalesque, grimacant et feroce, sur la societe mexicaine – et universelle – contemporaine. Toutes les variations de la mechancete humaine sont au rendez-vous des lors que l’argent pointe son nez. Personne n’est epargne, l’humour est grincant, la charge feroce, l’horreur et le rire sont de la partie. Le tout dans un style brillant, pour faire de la realite sociale une matiere romanesque puissante, sans jamais tomber dans un realisme edifiant.

Ne en 1959, Enrique Serna a fait des etudes de lettres. Romancier, essayiste, chroniqueur, il connait un vif succes au Mexique, son oeuvre est traduite en plusieurs langues et a ete saluee par Garcia Marquez. En France ont ete publies un recueil de nouvelles, Amours d’occasion (Atelier du Gue), et un roman, La Peur des betes (Points Seuil). Enrique Serna vit a Barcelone.

  • La revue de presse Muriel Steinmetz – L’Humanite du 19 mars 2009

C’est un roman foisonnant, exuberant, impitoyable dans l’ironie, qui temoigne a l’envi de la prodigieuse vitalite de la litterature mexicaine et au-dela, sans doute, du continent latino-americain. Quand je serai roi prouve a nouveau la liberte d’invention d’un auteur dont le travail d’ecrire fut salue des ses debuts par le grand Gabriel Garcia Marquez. Il n’y a pas une histoire unique mais plusieurs histoires entremelees, en sorte qu’on pourrait croire assister concretement a une representation theatrale dans laquelle des antagonismes de classes – des plus immensement riches aux plus miserables – seraient tres marques. Ne s’agit-il pas au fond de relever le defi d’embrasser au sein d’un meme ouvrage le plus de realites possible ?

  • La revue de presse Xavier Houssin – Le Monde du 13 mars 2009

Les lecteurs francais ont decouvert son univers terriblement grincant avec Amours d’occasion (Atelier du gue, 2004), un recueil de onze nouvelles sur Mexico. Avec son roman (tres) noir aussi La Peur des betes (Phebus, 2006 ; Points, 2007) faisait se rejoindre politique, police et monde des Lettres. Quelle que soit la place qu’ils occupent dans la societe, les personnages que Serna fait s’agiter cherchent une impossible jouissance. Dans Quand je serai roi, on trouve toute une vilaine societe de voyeurs, de fous, d’abrutis, de femmes insatisfaites, d’assassins, de flics ripoux et d’enfants abimes. Et les “ninos heroes” ? Qu’ils dorment en paix. On essaie d’oublier.

  • La revue de presse Christine Ferniot – Telerama du 11 mars 2009

Il n’y a pas de morale chez Serna, pas de message, mais un constat au vitriol de la societe contemporaine qui pourrit sur pied. A travers ses nouvelles (Amours d’occasion) et ses romans (La Peur des betes), cet auteur de 50 ans decrypte l’absurdite et la noirceur du monde, mais il le fait avec ironie grace a son ecriture railleuse, son refus du mepris facile.

  • Les courts extraits de livres : 21/12/2008

ENTRE QUATRE MURS

Inhaler. Protege par un scaphandre en plastique, Jorge Osuna plonge son visage dans les eaux laiteuses de la colle. Les mains qui tiennent la poche de glu medicinale mollissent, vaincues par une tiede lassitude, comme si des brins de laine se repandaient dans les veines. Il percoit une foule d’images morbides, blafardes, qui meurent avant de se fixer dans la conscience : poils qui tombent du ciel comme des flocons de neige noire, gazon noir a peigner, cheveux dans la soupe et soupe de cheveux. Pensees avec le nez et brassees dans la spirale des neurones, ces images conservent un parfum aigre-doux de pieux mensonges. Inhaler. Le petit crane de Jorge Osuna peut contenir tout le vide. Il pense qu’il ne pense pas qu’il ne pense pas : un rideau infranchissable le separe de la douleur consciente, de l’ordre quadrille. La colle etourdit sans donner la nausee, etourdit comme le balancement d’un cercueil porte a l’epaule par des amis fideles. Inhaler. Le songe toxique ne finit jamais, la poche de colle est une source eternelle de nuages analgesiques qui bouleversent les sens : l’odorat goute, la vue entend, les mains scrutent l’obscurite avec le bout des doigts. Avide, glouton, son nez aimerait etre plus grand pour retenir les bonbons de vapeur et de torpeur qui fondent en passant par la trachee. Inhaler.
Les poumons de Jorge Osuna, alias le Nopal, peuvent contenir toutes les morts de la ville. Il hume les vies et les calendriers, entre et sort de sa propre tombe comme un joueur de roulette russe. A force d’enfouir sa tete dans le sac en plastique, la glu s’est collee a ses cheveux. Ses yeux sont deux moities de grenade qui regardent fixement les lezardes du mur. Il a un corps d’enfant mais ce n’est pas un enfant. Ni un nain adulte, peut-etre quelque chose comme un vieillard ratatine.