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Quand les mouettes nous volent dans les plumes

Auteur : Francoise Dorin | Jean Piat

Date de saisie : 30/04/2008

Genre : Humour

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Comedies

Prix : 13.50 / 88.55 F

ISBN : 978-2-259-20862-8

GENCOD : 9782259208628

Sorti le : 07/05/2008

  • Les presentations des editeurs : 01/05/2008

Pourquoi les mouettes ont-elles toutes cet air de complicite gaillarde et semblent-elles s’amuser comme des folles en cancanant au-dessus de nous, pauvres humains, allonges au soleil sur le sable des plages ?

Et puis… un jour, on comprend :

Elles nous observent.
Elles nous ecoutent.
Elles nous jugent…
Et elles rigolent !

Allez, un peu d’humour sur nous-memes… avec Francoise Dorin et Jean Piat qui prennent la plume ensemble pour la premiere fois.

Francoise Dorin, celebre paroliere, auteur de nombreux textes pour le theatre, connait, depuis 1976 et son premier roman, des succes ininterrompus, tant en France qu’a l’etranger : Va voir maman, papa travaille; La Mouflette ; Les vendanges tardives ; La courte paille ; Soins intensifs ; Tout est toujours possible ; La reve party ; Le coeur a deux places… Son dernier roman, En avant toutes ! est paru chez Pion en 2007.
Jean Piat, eminent acteur de theatre, est aussi l’auteur de plusieurs romans, dont le grand succes Je vous aime bien, Monsieur Guitry (Pion, 2002). Il sera au theatre de Paris a partir du 06 mai a 21 h 00 pour la piece La maison du Lac mise en scene par Stephane Hillel aux cotes de Maria Pacome. L’adaptation de la piece a ete faite par Jean Piat et sa fille Dominique.

  • Les courts extraits de livres : 01/05/2008

Le mouet

Dans une barque, ancree au large, se tient une reunion intercommunautaire d’oiseaux marins. L’un d’eux prend la parole :
– Chers freres, cheres soeurs, chers oiseaux, il est temps que vous le sachiez, a l’origine du monde, il n’y avait pas de mouettes. Il n’y avait que des mouets. (Rumeur etonnee du public aile.) Des mouets males et des mouets femelles. Comme il n’y avait que des hirondeaux males et des hirondeaux femelles. {Nouvelle rumeur etonnee.) Mais le temps passa… Un vent de feminisme se mit a souffler. Dans notre famille, les mouets femelles reclamerent la feminisation des noms et l’obtinrent… apres avoir impose aux mouets males une greve de l’amour. Procede qui avait deja fait ses preuves – helas ! – avec Lysistrata en 411 avant Jesus-Christ. Procede que les nouvelles mouettes renouvelerent jusqu’a ce que leurs compagnons renoncent a leur malitude identitaire et s’appellent eux aussi desormais des mouettes. (Rires feminins etouffes) Les siecles passerent. Les humains accables de maux, de guerres, de revolutions, s’etaient desinteresses de nos problemes d’oiseaux. Ils se rappelaient notre existence uniquement pour pretendre qu’une hirondelle ne fait pas le printemps ; nous baptiser, nous, les rieuses ; baptiser becasses, les andouilles ; grues, les prostituees ; oies blanches, les vierges ; pies, les bavardes, et condors, les imbeciles friques ! Une mouette male interrompit le discoureur :
– D’accord, camarade, mais ou veux-tu en venir ?
– A ceci : que desormais, conformement aux lois de la parite, j’ai decide de n’etre plus une mouette, mais un mouet. J’invite bien sur tous mes freres a suivre mon exemple ! Et en cas de rebellion feminine a se mettre, comme les mouettes de jadis, en greve de l’amour.
Une mouette, defendant ses droits acquis, repondit alors :
– Nous ne cederons pas, nous, a votre greve. Ni a votre intimidation !
Le nouveau mouet, lissant ses plumes avec provocation, lui retorqua :
– Tant pis pour vous… ma choute ! On trouvera des compensations. Les temps ont change !

UNE PASSANTE (ahurie) :
Je reve… Dites-moi que je reve !
UN PASSANT : Pourquoi ?
LA PASSANTE : Je viens d’entendre une mouette parler.
LE PASSANT (tres naturel) : Oui, moi aussi ! Plus exactement un mouet !
LA PASSANTE : C’est ca ! Un mouet !
LE PASSANT :… Qui, entre nous, n’avait pas l’air d’avoir une cervelle d’oiseau !
LA PASSANTE : Mais… ca n’a pas l’air de vous etonner.
LE PASSANT : Quoi ?
LA PASSANTE : D’entendre des oiseaux parler.
LE PASSANT : Ben non… du temps de La Fontaine, ils parlaient deja ! Et bien avant, au temps d’Esope et d’Aristophane, ils parlaient latin… et grec !
LA PASSANTE : Alors cette fois, j’en suis sure, je reve
LE PASSANT : Ca… ca vous regarde !