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Quelque chose de pourri au Royaume-Uni. Liberalisme et terrorisme

Auteur : Tariq Ali

Traducteur : Jean-Luc Fidel

Date de saisie : 07/12/2006

Genre : Politique

Editeur : Raisons d’agir editions, Paris, France

Collection : Raisons d’agir

Prix : 6.00 / 39.36 F

ISBN : 978-2-912107-32-9

GENCOD : 9782912107329

Sorti le : 07/12/2006

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  • Les presentations des editeurs : 12/12/2006

La politique etrangere de Tony Blair – occupation militaire de l’Irak, soutien systematique aux decisions et prises de position americaines, etc. – est la poursuite, sous d’autres formes, du regime mis en place par Margaret Thatcher. Tariq Ali montre que ce qui se presente comme les formes multiples d’une lutte contre le terrorisme releve en realite de la logique neoliberale. Il y a une continuite entre les interventions militaires brutales ou l’usage de la torture d’une part, et l’instrumentalisation generalisee des medias imprimes, la mise au pas du service public audiovisuel et la mise en cause des libertes individuelles fondamentales d’autre part. Ce livre, malgre les apparences, porte donc aussi sur la France : avec ou sans Blair, le neoliberalisme britannique se perpetue et se reproduit un peu partout. Et nous savons bien que ses triomphes autoproclames servent et serviront d’alibi et de modele a toutes les gauches de droite europeennes.

Tariq Ali est ne au Pakistan. Etudiant a Oxford dans les annees 1960, il a ete l’un des leaders du mouvement d’opposition a la guerre du Vietnam. Auteur d’une douzaine de livres sur l’histoire et la politique ainsi que de cinq romans, il est aujourd’hui l’un des responsables de la New Left Review.

  • Les courts extraits de livres : 12/12/2006

Extrait de l’introduction a l’edition francaise :

Tombeau pour Tony Blair

Jadis, la France avait un president qui s’appelait Charles de Gaulle. Il fit des erreurs, mais, a la difference de ses predecesseurs, il etait ruse et intelligent. Il conseilla aux Europeens de ne pas laisser la Grande-Bretagne – veritable cheval de Troie des Etats-Unis, selon lui – entrer dans l’Union europeenne. Comme il avait raison et comme vous avez eu tort, vous autres Francais et Europeens, de permettre a la Grande-Bretagne de vous rejoindre ! Car, sous le mandat de Blair, elle est devenue la mule de Troie de l’empire americain, soumise sans vergogne aux volontes de la Maison-Blanche. Elle ne contribue nullement a l’integration europeenne et, avec le soutien de Washington, elle s’est battue pour que l’idee d’une Europe politique independante ne soit plus qu’une vaste plaisanterie.
Vous le savez peut-etre, le Royaume-Uni est un sinistre Etat postcolonial incapable d’en finir avec son passe et de se comporter comme n’importe quel autre pays de taille moyenne du nord de l’Europe. C’est aussi un membre semi-attache aux (ou a demi separe des) Etats-Unis. Les origines de la dependance britannique envers les Etats-Unis remontent assez loin. L’epuisement economique, la montee de la puissance americaine et la resistance anti- coloniale n’ont laisse au pays, vide par la Seconde Guerre mondiale, que peu d’options strategiques. Au moment fatidique, Churchill a mendie un accord de credit-bail en echange d’une dependance permanente, tandis que, comme disait Nelson Rockefeller, Washington pillait les meilleurs actifs du portefeuille britannique. La decolonisation – encore inachevee – fut, presque partout, forcee, sabotee et sanglante. Si le crime le plus honteux fut la partition de l’Inde – realisee sous un gouvernement travailliste -, le tableau est presque aussi effrayant en Palestine, en Malaisie, au Kenya et en Centrafrique. En partant, le gentleman anglais laissa des charretees de cadavres dans son sillage. De ce fait, la position de la Grande-Bretagne au sein de l’ordre international s’affaiblit considerablement. Depossedee, sans l’avoir voulu, de ses principaux territoires d’outre-mer, elle devenait economiquement et militairement dependante de son alliee, la superpuissance americaine. Apres-guerre, il lui fallut mettre en place une nouvelle strategie.
La reconstruction de l’ordre international engagee par les Etats-Unis dans les annees 1990, apres la fin de la guerre froide, n’a pas arrange les choses. Certes, un residu indissoluble de souverainisme s’est bien perpetue parmi les conservateurs longtemps apres qu’ils eurent abandonne toute preoccupation strategique et il obsederait jusqu’au bout les gouvernements tory du XXe siecle. Les travaillistes, au contraire, sont depuis longtemps habitues a jouer un role ancillaire.