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Qui se souvient de David Foenkinos ?

Auteur : David Foenkinos

Date de saisie : 30/08/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 16.90 / 110.86 F

ISBN : 978-2-07-078491-2

GENCOD : 9782070784912

Sorti le : 30/08/2007

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  • Le choix des libraires : Choix de Olivier Augier de la librairie Arts & LIVRES a Le Plan de Grasse, France (visiter son site) – 29/08/2007

Avatar de l’auteur, le narrateur – David Foenkinos – imagine avec humour sa carriere d’ecrivain (et donc sa vie) dix annees apres son principal succes : le mythique “potentiel erotique de ma femme”… En somme, plus personne ou presque ne se souvient de lui (Peut etre vous d’ailleurs ?). Desormais incapable d’ecrire a nouveau, une fantastique idee de roman lui vient un jour par hasard, dans un train de retour de Geneve, alors qu’il croise une jeune femme, mais il l’oublie presque aussitot.
Raconte avec beaucoup d’humour et d’autoderision, c’est la decheance d’un auteur a la recherche d’un nouveau souffle dans sa carriere et dans sa vie personnelle tout simplement, qui nous est contee ici. Et David Foenkinos a le sens de la formule ! personnage attachant, scenes cultes, un texte drole qu’on lit le sourire aux levres.

 

  • Les presentations des editeurs : 29/08/2007

Je ne sais pas si certains d’entre vous se souviennent de moi. Il y a quelques annees, j’ai publie Le potentiel erotique de ma femme. Ce roman, traduit dans de nombreuses langues, avait obtenu un reel succes. J’etais alors dans la promesse. Pourquoi les choses ont-elles si mal tourne ? Depuis ce succes qui s’efface des memoires, j’ai publie quatre autres romans et tous sont passes inapercus. J’ai tente d’analyser les raisons de mes echecs, mais il est impossible de comprendre pourquoi l’on devient invisible. Serais-je devenu mediocre ? Suis-je trop alle chez le coiffeur ? Pourtant, je dois absolument m’accrocher : bientot, une fabuleuse idee de roman va surgir en moi. Bientot, je serai a nouveau propulse parmi les auteurs vivants. Enfin, on va se souvenir de moi.

Qui se souvient de David Foenkinos ? est le sixieme roman de David Foenkinos. Ses livres sont traduits dans une quinzaine de pays.

 

  • La revue de presse Eve de Castro – Le Figaro du 25 octobre 2007

Dans Qui se souvient de David Foenkinos ? il porte la double casquette d’auteur et de sujet, il a vieilli de dix ans, sa fille remporte des tournois de tennis, il donne des cours de guitare a un jeune homme acneique, et s’il se rappelle que son premier livre a connu un vif succes, mais il ne sait plus comment on ecrit un roman. Ce qu’il sait, c’est juste qu’il est un honorable lache, totalement nevrose a l’idee de voyager (sauf en Suisse), qu’il est juif, principalement en ce qu’etre juif, c’est la possibilite de coucher avec des blondes, qu’il a une peur physique du bonheur de l’autre, et que le matin, macher l’ennuie…
Le hasard, le desir, l’inspiration, la cristallisation amoureuse sont l’affaire d’instants, et il est vrai que l’oubli est peut-etre la forme la plus extreme des rencontres importantes. A mi-chemin entre l’autofiction et le conte drolatique, Qui se souvient de David Foenkinos ? est enleve, desinvolte, vagabond, seduisant comme une bulle de savon.

 

  • La revue de presse Clementine Goldszal – Elle du 8 octobre 2007

Decale. Comme Lolita Pille ou Ariel Kenig, David Foenkinos fait partie de la famille plus que hype des ecrivains-qui-ont-un-MySpace. Par bonheur, il appartient aussi a une famille bien plus selecte : celle des auteurs talentueux ! Car Foenkinos a le chic pour ecrire des phrases qui brillent comme de petits bijoux…

 

  • Les courts extraits de livres : 07/01/2008

Je ne sais pas si certains d’entre vous se souviennent de moi. Il y a quelques annees, j’ai publie Le Potentiel erotique de ma femme. Ce roman non autobiographique, traduit dans de nombreuses langues, avait obtenu un reel succes. J’avais recu le prix Roger-Nimier, avant d’etre selectionne sur la liste d’ete du prix Goncourt. Une adaptation cinematographique s’etait preparee dans de tres bonnes conditions, mais le projet avait finalement avorte apres le refus d’Isabelle Carre. Je ne lui en avais pas tenu rigueur, elle s’etait excusee avec tant de delicatesse. Nous nous etions rencontres quelques fois dans les bars de grands hotels, avant que je ne la perde de vue. C’etait un temps ou je connaissais des actrices, et meme les plus blondes d’entre elles. J’etais alors dans la promesse. Pourquoi les choses ont-elles si mal tourne ? Depuis ce succes qui s’efface des memoires, j’ai publie quatre autres romans et tous sont passes inapercus. Cette chute vers l’indifference generale m’apparait aussi brutale qu’injustifiee. J’ai tente d’analyser les raisons de mes echecs, mais il est impossible de comprendre pourquoi l’on devient invisible. La mediocrite, peut-etre ? Cela ne semble pas etre un inconvenient pour les autres. Et, si tel est le cas, comment ai-je fait pour devenir mediocre ? Suis-je trop alle chez le coiffeur ? C’est peut-etre dans l’irrationnel que je dois chercher les raisons de mon declin.

Je n’avais plus aucune idee : chaque matin, mon imagination se reveillait menopausee. Le temps ou des Polonais parcouraient joyeusement mes intrigues etait revolu. Les jours s’unissaient maintenant les uns aux autres dans un rythme lent, et je voyageais vers mon avenir etroit. Je revais d’une inspiration meme maigre, de quelques phrases bien ecrites, du debut d’une histoire. Je revais de tout ce qui pourrait me laisser croire a un renouveau de mon energie litteraire. Je me regardais dans la glace, et je pensais a tous ces artistes qui ont traverse des deserts. J’avais la gorge seche devant la page blanche. Et c’etait particulierement difficile a vivre : moins j’ecrivais, plus les autres produisaient. A chaque rentree litteraire, plus de mille romans etaient publies. Je n’etais pas loin de croire que mon assechement galvanisait la concurrence. Rien n’etait plus terrible que d’assister a cette jouissance de l’imagination collective. J’etais comme un pou au royaume des chauves. Pourtant, je devais absolument m’accrocher, rien n’etait definitivement perdu. Et j’avais raison d’y croire : bientot, une fabuleuse idee de roman allait surgir en moi. Bientot, je serais a nouveau propulse parmi les auteurs vivants. Enfin, on allait se souvenir de moi.

Mon manque d’inspiration, je le vivais aussi avec ma femme : nous n’avions plus rien a nous dire. On se souvenait de ce temps ou les sujets s’enchainaient avec une facilite joyeuse, de ce temps ou nous n’avions pas besoin de la television pour nous alimenter en paroles. On s’aimait moins, et pourtant il me semblait que j’avais une facon presque amoureuse de moins aimer ma femme. Quand Laurence mangeait ses croutons perdus dans sa soupe, il y avait en elle un je-ne-sais-quoi de persistance erotique. Je profitais de mes insomnies pour contempler ses cheveux lisses et je les aimais tendrement ; comme le premier bastion d’une future reconquete, je pensais pouvoir, a partir de ces ondes capillaires, desirer a nouveau son corps. C’etait l’utopie de certaines de mes nuits.

Nous nous etions maries un 30 juin, par une splendide journee avec des arbres verts. Oui, la journee avait ete belle, de la beaute d’une boucle d’oreille accrochee au lobe d’une femme nee un 6 aout. A l’epoque, j’avais beaucoup plus d’amis que maintenant. Que sont-ils devenus, d’ailleurs, ceux qui ont partage mon bonheur, bu ce Champagne que j’avais obtenu a bon prix ? Ou sont-ils ? J’aimerais bien les revoir, au moins pour savoir s’il leur reste des cheveux. Les cheveux, encore les cheveux ; c’est presque le seul lien qui unit les humains. Etait-ce ma faute si je ne voyais plus mes amis ? Etait-ce cela la vie d’un ecrivain, une sorte de lente progression vers la solitude inexorable ? Un ecrivain a echecs, surement. Je me rappelle comme mon entourage s’enthousiasmait pour mes livres au tout debut. J’etais un auteur Gallimard, le sang de Proust coulait dans mes veines.