Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

R.-V. avec l’art africain

Auteur : Ivan Bargna

Traducteur : Fabienne Andrea

Date de saisie : 05/04/2008

Genre : Arts

Editeur : Ed. du Rouergue, Rodez, France

Collection : R.-V. avec…. Art et civilisation, n 5

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-84156-919-9

GENCOD : 9782841569199

Sorti le : 04/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 06/04/2008

La collection R.-V. avec a pour but d’offrir une premiere approche des grandes expressions artistiques qui ont marque l’histoire de humanite. Grace a un texte accessible et a une riche iconographie, les ouvrages reviennent aux racines culturelles des grandes civilisations et nous donnent ainsi les cles de leur langage esthetique. Ils permettront a tous ceux qui, a l’occasion d’un voyage, d’une exposition ou par interet, veulent mieux connaitre les arts majeurs du monde, d’apprehender leur richesse sans en avoir une vision reductrice ou tronquee. La collection comptera douze titres : L’Art byzantin, L’Art de la Chine, L’Art indien, L’Art paleochretien, L’Art roman, L’Art tibetain, L’Art africain, L’Art perse, L’Art precolombien, L’Art de la Grece, L’Art du haut Moyen Age et L’Art de la Renaissance.

L’art africain
Dans un texte clair et parfaitement accessible, agremente de nombreuses photographies commentees et expliquees, Ivan Bargna conduit le lecteur a la decouverte de l’art africain, qu’il permet de mieux saisir dans toute sa diversite. Il faudrait d’ailleurs parler d’art en Afrique, tant il est vrai qu’il n’y a pas un, mais des arts africains : des temoignages prehistoriques aux royaumes africains, de l’architecture au foisonnement de l’art contemporain, c’est une mosaique d’expressions artistiques qui s’offre a nous, et qu’il convient de ne pas enfermer dans une identite stereotypee qui serait le seul fruit de notre regard occidental. Car si les arts d’Afrique ont bien exerce une influence decisive sur l’art occidental du XXe siecle, il n’en sont pas moins des arts a part entiere, que ce livre nous permet de mieux comprendre.

Ivan Bargna est anthropologue et enseigne l’ethnoesthetique a l’universite de Milan, apres avoir enseigne l’art africain a celle de Turin. Il a publie de nombreux articles et ecrit ou participe a plusieurs livres, dont Arts et sagesses d’Afrique noire (Zodiaque, 1998) et La Couleur dans l’art (Citadelles & Mazenod, 2005).

  • Les courts extraits de livres : 06/04/2008

L’existence de l’art africain est un fait qu’il semble inutile de demontrer. C’est aussi le parti pris des encyclopedies et des livres d’histoire de l’art : si ces ouvrages evoquent l’Afrique, ils le font dans leur introduction (lorsque l’art africain est considere comme un art primitif et l’Afrique comme le berceau de l’humanite), ou en annexe (par devoir d’exhaustivite, en complement des traditions artistiques majeures). Que l’art africain soit situe au debut ou a la fin de l’ouvrage, cet emplacement traduit un lien coherent et rassurant avec ce qui suit ou ce qui precede : le contenant art associe immediatement l’ art africain a toutes les autres expressions visuelles, tandis que son essence africaine en indique la difference specifique.
En d’autres termes, l’idee sous-jacente de cette vision du monde est que l’art constitue une categorie universelle, commune a tous les etres humains, abstraction faite de leurs particularites culturelles : l’art serait ainsi une valeur eternelle, que nous pouvons tous reconnaitre immediatement et qui supprime toutes les distances, qu’elles soient spatiales ou temporelles.
Mais, si nous cherchons ce qui se cache derriere l’apparente simplicite des phenomenes, nous decouvrirons que ces phenomenes ne sont pas si immediatement evidents, et qu’ils peuvent etre vus de maniere tres differente en fonction des lieux et des epoques, des situations et des attentes particulieres.
Prenons les mots art et Afrique : ils ne sont pas nes en Afrique, mais en Europe. Ce ne sont pas des mots crees par les Africains pour parler d’eux-memes, mais des mots crees par les Europeens pour parler des Africains. Des mots qui integrent donc notre vision de ce continent et de ces objets particuliers, de ce que nous avons voulu voir en eux : ils parlent de notre ame de collectionneurs, de notre conception du beau, du pittoresque ou du sublime, mais egalement de notre desir de dominer le monde. En effet, si, aujourd’hui, ces objets sont exposes dans nos musees en tant qu’oeuvres d’art, c’est entre autres parce que nous les avons arraches a leur terre d’origine pour en faire un vrai butin de guerre. L’idee d’identite africaine n’echappe pas non plus a cette loi : on ne peut pas dire que l’on se sente africain parce qu’on est a l’interieur de l’Afrique, on se considerera plutot comme un membre de tel village, ou de telle population. En realite, les Africains ont commence a se sentir africains seulement lorsqu’ils ont ete exiles en Amerique comme esclaves ; ils ont alors supporte le regard que les Blancs portaient sur eux, et, de loin, ont concu idealement leur continent comme une entite unifiee. En effet, les differences qui existaient entre les Africains et les Blancs ont permis de reexaminer celles qui existaient entre les Noirs, et ont donc mis l’accent sur les similitudes qui les reliaient.