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Rage mue ; bréviaire du poète mort

Auteur : Jean Palomba

Merde, il paraît que je suis Muihr, à son rythme, lent, résistant, égoïste, centré sur nous-mêmes. Que sous notre air de doux compassionnel, nous sommes un fameux salopard. Sans tact ni écoute : lâche, moralisateur, ne sachant satisfaire que nos besoins, et encore, pas toujours avec diligence. Qu’on ne peut pas nous faire confiance. Fuyants, non motivés, nous trouvant toujours des excuses pour ne pas faire les choses, ou des gens pour les faire à notre place. Que j’énerve, qu’il emboucane, avec mon pathos et ses airs de Jeannette, que nous demandons une endurance à autrui comme c’est pas permis, et toujours sans reconnaissance. Que j’exagère tout, que sitôt qu’on nous fait connaître mes torts, je nous ferme, m’enferme dans un mutisme revanchard. Enfin, depuis notre sale silence, que je nous fomente une échappée, prêt à tout pour fuir plutôt que de s’expliquer.