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Selon toute vraisemblance

Auteur : Albert Ayguesparse

Ayguesparse poète, Ayguesparse romancier, Ayguesparse critique ont longtemps occulté le nouvelliste, et cela méritait réparation.
D’autant que les principales préoccupations de cet écrivain majeur (1900-1996) se retrouvent dans les trois recueils qu’il publia entre 1962 et 1985, dans son grand âge en somme. Il y brasse des récits glanés au fil de sa vie, on y décèle les retombées d’expériences historiques qu’il a traversées, comme la guerre d’Espagne ou le deuxième conflit mondial. L’écrivain engagé se devine, mais comme posté à la distance que suppose l’écriture à portée universelle.
Selon toute vraisemblance, Le partage des jours, La nuit de Polastri nous révèlent aussi la diversité de ses attentions, la vaste gamme de ses registres. Il a une visée principale : celle d’atteindre et de traduire la chair et l’âme de ses personnages, les ressorts de leurs passions, la forme de leurs rêves. Quel que soit le rythme de la narration, précipité ou nonchalant, direct ou ambigu, le lecteur est toujours ramené à quelque équation fondamentale de l’existence, à un reflet de notre univers dérisoire et fascinant.
Tantôt drames de la misère quotidienne, tantôt contes lyriques, voire fantastiques, ces nouvelles sont celles d’un maître du genre, qui sous cette forme aussi se profile comme l’un des grands auteurs belges du vingtième siècle, seul au demeurant à l’avoir traversé quasiment de bout en bout.