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Seul dans le noir

Auteur : Paul Auster

Traducteur : Christine Le Boeuf

Date de saisie : 13/02/2009

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 19.50 / 127.91 F

ISBN : 978-2-7427-8046-4

GENCOD : 9782742780464

Sorti le : 07/01/2009

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  • Le choix des libraires : Choix de Isabelle Anoman de la librairie ESPACE CULTUREL LECLERC a LIMOGES, France – 12/01/2009

August Brill, ancien critique litteraire a la retraite, vit cloue dans un fauteuil roulant chez sa fille Miriam. Celle-ci est inconsolable apres son divorce. Aupres d’eux Katya, sa petite fille “digere” la mort de son ex-fiance Titus. Il passe son temps a regarder des films en compagnie de Katya.
August est insomniaque et s’invente des histoires. C’est ainsi que nous faisons la connaissance d’Owen Brick. Celui-ci vit dans un monde parallele ou il n’y a jamais eu de 11 septembre mais ou l’Amerique est en guerre civile. On navigue du reel a un monde imaginaire.
Paul Auster nous propose un vagabondage plus que plaisant et on ne peut que regretter qu’il ne soit pas plus long.
Un vrai beau moment et – ce qui ne gache rien – une couverture superbe.

  • Le courrier des auteurs : 16/01/2009

A nos libraires, ces Virgile qui nous guident et nous eclairent dans le grand dedale des livres, il n’est plus necessaire de presenter Paul Auster : ils connaissent son oeuvre, son talent de narrateur, sa capacite de creer des personnages d’une profondeur si reelles qu’ils deviennent des compagnons, une collection de vieux amis toujours plus ou moins presents dans la memoire. Dans Seul dans le noir, Auster a mis en scene, une fois encore, un homme seul dans une chambre close : on retrouve les themes austeriens. Avec ici, me semble-t-il – l’intimite que donne l’exercice de la traduction m’a fait vivre intensement la richesse de l’oeuvre -, une ouverture aux autres, une possibilite de tendresse partagee qui relativisent l’enfermement. Le roman se deroule en un lieu – la chambre – et en une nuit. Une nuit pendant laquelle le narrateur, en proie a l’insomnie, s’efforce de s’empecher, en se racontant une histoire qu’il invente au fur et a mesure, de penser a des realites trop douloureuses. Dans la fiction qu’il imagine, une Amerique qui n’a pas connu le 11 septembre est en proie a une guerre civile, et le heros eberlue est mysterieusement ballotte entre l’univers invente et la realite. Mais entre les episodes de cette fiction viennent s’insinuer les pensees qu’il tente de repousser, et des souvenirs anciens et recents, tantot dechirants, tantot eclaires par sa tendresse pour sa fille et sa petite-fille, et sa complicite avec celle-ci devant les grands classiques du cinema qu’ils regardent et commentent ensemble.

Christine Le Boeuf, la traductrice de l’ouvrage

  • Les presentations des editeurs : 09/01/2009

Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tete tout en m’efforcant de venir a bout d’une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand desert americain.
Ainsi commence le recit d’August Brill. critique litteraire a la retraite, qui, contraint a l’immobilite par un accident de voiture, s’est installe dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas a guerir de la blessure que lui a infligee un divorce pourtant deja vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya. aneantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d’un jeune homme avec lequel elle avait rompu, precipitant ainsi, croit-elle, le depart de ce dernier pour Bagdad…
Pour echapper aux inquietudes du present et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l’assaillent dans cette maison des ames en peine, Brill se refugie dans des fictions diverses dont il agremente ses innombrables insomnies. Cette nuit-la, il met en scene un monde parallele ou le 11 Septembre n’aurait pas eu lieu et ou l’Amerique ne serait pas en guerre contre l’Irak mais en proie a une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et realite en viennent peu a peu a s’interpenetrer comme pour se lire et se dire l’une l’autre, pour interroger la responsabilite de l’individu vis-a-vis de sa propre existence comme vis-a-vis de l’Histoire.
En placant ici la guerre a l’origine d’une perturbation capable d’inventer la catastrophe d’une fiction qui abolit les lois de la causalite. Paul Auster etablit, clans cette puissante allegorie, un lien entre les desarrois de la conscience americaine contemporaine et l’infatigable et fecond questionnement qu’il poursuit quant a l’etrangete des chemins qu’emprunte, pour advenir, l’invention romanesque.

  • La revue de presse Didier Jacob – Le Nouvel Observateur du 12 fevrier 2009

Et si c’etait lui, le grand romancier americain d’aujourd’hui ?…
Son double, August Brill, critique litteraire a la retraite dans Seul dans le noir, s’est retire dans le Vermont, a la suite d’un accident de voiture, de la mort de sa femme, du divorce de sa fille et du deces du petit ami de Katya, sa petite-fille…
Brillant, ensorcelant, funambulesque, le roman est cependant loin d’etre un simple exercice de haut style austerien.

  • La revue de presse Francoise Dargent – Le Figaro du 5 fevrier 2009

Le titre Seul dans le noir fait allusion a la situation d’August Brill, le heros du roman, fameux critique litteraire a la retraite…
Dans ce monde-la, le 11 Septembre n’a pas eu lieu mais l’Amerique est plongee dans la guerre civile sous la presidence d’un certain George W. Bush. Paul Auster reussit a entrainer le lecteur dans un recit ou fiction et realite s’articulent admirablement pour evoquer le sentiment de culpabilite de l’Amerique. C’etait avant l’avenement d’Obama.

  • La revue de presseFrancois Busnel – L’Express du 29 janvier 2009

Que les fans de Paul Auster se rejouissent, l’ecrivain new-yorkais revient avec un roman audacieux et a l’ambition parfaitement tenue. Paul Auster excelle dans l’art de tisser les fils de la grande Histoire avec ceux de la vie interieure de personnages pris dans les rouages d’evenements qui les depassent…
Un suspense total, un ton juste : ce roman est passionnant !

  • La revue de presse Florence Noiville – Le Monde du 16 janvier 2009

A 62 ans, dont vingt-deux de carriere litteraire derriere lui, l’homme a su batir une oeuvre immediatement reconnaissable, melange de conte philosophique et de road-movie, ou des eclopes de l’existence tentent pourtant de changer quelque chose a un monde qui boite et qui titube…
. Tous ou presque, et non sans raison, saluent son retour. Fidele a l’un de ses themes de predilection, la solitude, Auster, dans ce texte prenant et inspire, nous transporte des les premieres lignes dans les nuits sans sommeil d’August Brill. Ce critique litteraire a la retraite, contraint a l’immobilite par un accident de voiture, s’est refugie dans le Vermont, chez sa fille Miriam…
Peu a peu, Auster nous attire dans un univers parallele ou le 11-Septembre n’a pas eu lieu, ou les Americains ne sont pas en Irak mais s’entre-dechirent dans une etonnante guerre civile. On pourrait redouter l’etrangete du propos, mais l’imbrication du reel de Brill et du fantastique de ses elucubrations est si fine que l’on se prend a entrer dans son jeu.

  • La revue de presse Muriel Steinmetz – L’Humanite du 8 janvier 2008

Dans ce roman foisonnant en forme de chronique de l’inquietude, on trouve a la fois de l’incongruite metaphysique et un sentiment aigu de la perte et de la depossession, en meme temps que les preoccupations d’ordre civique auxquelles nous a habitues Paul Auster. Ces univers paralleles progressent inexorablement, comme dans le roman policier, vers un point de jonction improbable qui sera la mort du romancier lui-meme…
Une fois de plus Paul Auster demontre sa virtuosite d’architecte de la litterature, qui sait parfaitement structurer son roman et invente entre l’imaginaire et le reel de vertigineuses passerelles.

  • Les courts extraits de livres : 20/01/2009

Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tete tout en m’efforcant de venir a bout d’une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand desert americain. A l’etage, ma fille et ma petite-fille sont endormies, seules, elles aussi, chacune dans sa chambre : Miriam, quarante-sept ans, ma fille unique, qui dort seule depuis cinq ans, et Katya, vingt-trois ans, la fille unique de Miriam, qui a dormi quelque temps avec un jeune homme du nom de Titus Small mais Titus est mort et maintenant Katya dort seule avec son coeur brise.
Lumiere eclatante, et puis obscurite. Le soleil qui se deverse de tous les coins du ciel, suivi par les tenebres de la nuit, les etoiles silencieuses, le murmure du vent dans les branches. C’est la routine. Il y a plus d’un an maintenant que je vis dans cette maison, depuis qu’on m’a laisse sortir de l’hopital. Miriam a insiste pour que je vienne ici et d’abord nous n’etions que nous deux, avec une infirmiere de jour qui s’occupait de moi pendant que Miriam etait au travail. Et puis, trois mois plus tard, le ciel est tombe sur la tete de Katya, elle a abandonne ses etudes de cinema a New York et elle est revenue habiter chez sa mere dans le Vermont.
Ses parents lui avaient donne le prenom du fils de Rembrandt, le petit garcon des tableaux, l’enfant aux cheveux d’or sous une toque rouge, l’ecolier reveur qui s’efforce de comprendre ses lecons, le petit garcon qui s’est mue en un jeune homme ravage par la maladie et qui est mort a guere plus de vingt ans, exactement comme le Titus de Katya. C’est un prenom fatal, un prenom dont il faudrait a jamais bannir l’usage. Je pense souvent a la mort de Titus, a l’affreuse histoire de cette mort, aux images de cette mort, aux consequences devastatrices de cette mort sur ma malheureuse petite-fille, mais je ne veux pas aller par la maintenant, je ne peux pas aller par la maintenant, il me faut repousser cela aussi loin de moi que possible. La nuit est jeune encore et, couche dans mon lit, le regard perdu dans l’obscurite au-dessus de moi, une obscurite si noire que le plafond est invisible, je commence a me rappeler l’histoire que j’ai commencee la nuit derniere. C’est ce que je fais quand le sommeil se refuse a moi. Couche dans mon lit, je me raconte des histoires. Elles ne valent sans doute pas grand-chose mais, du moment que j’y suis plonge, elles m’empechent de penser a ce que je prefererais oublier. La concentration peut etre un probleme, toutefois, et, tres souvent, mon esprit finit par deriver de l’histoire que j’essaie de raconter vers les sujets auxquels je ne veux pas penser. Rien n’y fait. Je vais d’echec en echec, bien plus d’echecs que de reussites, mais cela ne signifie pas que je menage mes efforts.