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Seul le silence

Auteur : R. J. Ellory

Traducteur : Fabrice Pointeau

Date de saisie : 28/08/2008

Genre : Policiers

Editeur : Sonatine editions, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 978-2-35584-013-5

GENCOD : 9782355840135

Sorti le : 28/08/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Jacques Griffault de la librairie LE SCRIBE a MONTAUBAN, France (visiter son site) – 14/07/2012

2005. Coups de feu au deuxieme etage d’un hotel de New York. “Rien ne s’etait produit, car c’etait New York, et de telles morts solitaires et insoupconnees etaient legion, presque indigenes, brievement rememorees, oubliees sans effort (…) C’etait juste une vie, apres tout ; ni plus, ni moins”. Sauf que Joseph Vaughan, le narrateur, ecrivain a succes, vient de tuer le tueur en serie, dans l’ombre duquel il vit depuis sa petite enfance.
Le pere de Joseph meurt en 1939, age de 38 ans. “Juste toi et moi a partir de maintenant” murmurera sa mere en fermant la porte pour la nuit. Joseph va a l’ecole d’Augusta Falls, la petite bourgade de Georgie ou il vit. Il a douze ans. Il aime son institutrice Alexandra Webber. “Mon amour etait aussi clair et net que les traits de son visage.” Parfois il s’ennuie en classe ; il pense a la guerre dont lui parle sa mere. “Toute Americaine vivant en Georgie qui a entendu parler d’Adolf Hitler et de la guerre en Europe, est une personne cultivee et intelligente”, dira mademoiselle Webber de sa mere. Il lui confie qu’il veut devenir ecrivain.
Le vendredi 3 novembre 1939 le corps d’une fillette, Alice Van Horne, est decouvert, nu dans un champ tout au bout de la grand-route. Elle avait onze ans. Puis, neuf mois apres une autre petite fille est assassinee. Elle avait neuf ans. Malgre les recherches et les operations communes mises en place par les sherifs locaux le meurtrier demeure introuvable. La mere de Joseph tombe malade. Un voisin, Gunther Kruger, lui apporte chaque jour de la soupe et du chou. Joseph recoit une lettre de felicitations pour une histoire, “Pitreries”, qu’il a adresse, via mademoiselle Webber a un concours organise par le comite d’evaluation des jeunes auteurs d’Atlanta. La troisieme fillette est decouverte en juin 1941. Tout comme les deux precedentes elle avait ete battue et abandonnee nue. Le FBI s’en mele. Sans succes. Pour Joseph tout changera le jour ou rentrant chez lui il decouvrira…
Les assassinats de fillettes se poursuivent. Les jeunes du village decident de proteger toutes les petites filles, d’organiser des surveillances, de rester vigilants. Ils s’intitulent Les Anges gardiens. “Je me rappelle les Anges gardiens. Un souvenir bienvenu, comme un silence rafraichissant apres un bruit infini”. Ils n’empecheront pas d’autres meurtres.
Joseph a dix-huit ans, il connait son premier grand amour avec Alexandra Webber. Il l’epousera en juin 1947. Un drame surviendra peu apres. Les meurtres continuent. Dix fillettes. Joseph quitte Augusta Falls, part a New York. “Je voulais croire que ma fuite a New York etait une catharsis de l’ame, alors qu’elle n’etait jamais que ca : une fuite”. Il va ecrire, commencer une autre vie. “Brooklyn etait mon nouveau monde”. Mais cette fois encore un nouveau drame va bouleverser sa vie. “C’est alors que mon monde s’est ecroule”. Il est inculpe du meurtre de sa maitresse. “A Noel 52 j’avais perdu mon nom. A la fin janvier j’avais renonce a mon identite. Un mois plus tard j’avais cesse d’etre un etre humain”. Prison a Auburn. “Quatre murs, un sol de pierre, une couchette d’acier, chaque jour immuable se fondant dans un autre a la couleur et au rythme identiques”. Il decide sur les conseils d’un ami “d’ecrire tout”.
Il acheve son texte en novembre 63, trois jours apres l’assassinat de John F. Kennedy. Son livre “Une douce foi dans les anges” est publie. Il s’arrache. Un nouveau proces a lieu qui l’innocente. Il est libre apres avoir passe plus de treize ans en prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Il quitte New York pour retourner en Georgie dix-sept ans apres. Pour retrouver l’assassin des petites filles…
Un livre qui se lit d’un trait, passionnant a bien des egards : le suspens constant, les evenements mondiaux en toile de fond d’une histoire d’une eclatante noirceur, une analyse psychologique des personnages tres fine, une ecriture dense, evocatrice, soucieuse des details.
Un livre qui enthousiasme les amateurs de thriller mais aussi tous ceux qui aiment des histoires riches, aux rebondissements multiples, et fort bien ecrites.
Un livre qui par son intensite, la precision des details, la volonte d’aller jusqu’au bout, rappelle “De sang froid” de Truman Capote a qui il est dedie.

N.B. : R. J. Ellory est ne en 1965. Il a connu l’orphelinat et la prison. Il sera guitariste dans un groupe de rock avant de se tourner vers la photo. “Seul le silence” est son premier roman publie en France.
Bravo a la toute jeune maison d’edition Sonatine de nous proposer un livre d’une telle intensite.

  • Les presentations des editeurs : 14/07/2012

R. J. Ellory a accompli un veritable tour de force.
Michael Connelly

Que vous reste-t-il a perdre quand on vous a deja tout pris ?

Joseph Vaughan, ecrivain a succes, tient en joue un tueur en serie, dans l’ombre duquel il vit depuis l’enfance.
Trente ans plus tot : Joseph a 12 ans lorsqu’il decouvre dans son village du Sud des Etats-Unis le corps d’une fillette assassinee. Une des premieres victimes d’une longue serie qui laissera longtemps la police impuissante.
Des annees plus tard, alors que l’affaire semble enfin elucidee, Joseph decide de changer de vie et de s’installer a New York pour oublier les sequelles de cette histoire qui l’a touche de trop pres. Mais a nouveau les meurtres d’enfants se multiplient, et il comprend que le tueur est toujours a l’oeuvre. Pour echapper a ses demons, Joseph n’aura d’autre solution que de reprendre l’enquete, afin de demasquer le vrai coupable, dont l’identite ne sera revelee que dans les toutes dernieres pages.

Au-dela d’un roman de seriai killer a la mecanique parfaite et au suspense constant, Seul le silence marque une date dans l’histoire du thriller. Avec ce recit crepusculaire a la noirceur absolue, sans concession aucune, R. J. Ellory evoque autant William Styron que Norman Mailer par la puissance de son ecriture et la complexite des emotions qu’il met en jeu.

R. J. Ellory est un ecrivain immense. Et lire cette histoire a la fois sombre, bouleversante, magnifiquement construite, a l’ecriture d’une puissance rare, est une experience qui vous laissera un souvenir imperissable.
The Guardian