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Signons la paix avec la terre : quel avenir pour la planete et pour l’espece humaine

Auteur : Jerome Binde

Preface : Koichiro Matsuura

Date de saisie : 18/12/2007

Genre : Environnement

Editeur : UNESCO, Paris, France

Collection : La bibliotheque du philosophe

Prix : 16.90 / 110.86 F

ISBN : 978-92-3-204069-5

GENCOD : 9789232040695

Sorti le : 29/11/2007

  • Les presentations des editeurs : 16/01/2008

Jerome Binde Asit K. Biswas Paul J. Crutzen Souleymane Bachir Diagne Javier Perez de Cuellar Nicolas Hulot Michel Loreau Syukuro Manabe Jean Margat Haroldo Mattos de Lemos Dennis Meadows Michel Serres Mostafa Kamal Tolba Dominique Voynet Mathis Wackernagel Edward O. Wilson

L’espece humaine, la planete, la Cite savent desormais qu’elles sont peut-etre mortelles. L’inertie coute cher : l’humanite doit se preparer a une baisse de 5 a 20 % du PIB mondial, si elle ne prend pas des a present les mesures appropriees contre le rechauffement climatique. La biosphere elle-meme est en danger : desertification, deforestation, pollution de l’air et des sols, erosion de la biodiversite, crise de l’eau et degradation rapide des oceans, berceau meme de la vie, sont les principales menaces.
L’urgence n’est pas tant d’arreter la croissance que de la transformer en dematerialisant l’economie, en reduisant la consommation superflue et en epargnant les matieres premieres. Nous devons inventer de nouveaux styles de developpement, economiser la planete, proteger la biodiversite. L’humanite doit-elle conclure un nouveau pacte, un contrat naturel de codeveloppement avec la planete et d’armistice avec la nature ?
Sachons edifier une ethique du futur si nous voulons signer la paix avec la Terre.

Directeur du Bureau de la prospective a l’UNESCO, Jerome Binde y anime le cycle des Entretiens du XXIe siecle, dont il a dirige les deux premieres anthologies : Les Cles du XXIe siecle (2000) et Ou vont les valeurs ? (2004). Il fut aussi le principal coauteur du rapport mondial de prospective Un monde nouveau (1999) et directeur du Rapport mondial de l’UNESCO Vers les societes du savoir (2005).

  • Les courts extraits de livres : 16/01/2008

Signons la paix avec la Terre
Koichiro Matsuura

L’espece humaine, la planete, la Cite savent desormais qu’elles sont peut-etre mortelles. Certes, l’humanite ne vit pas sa premiere crise ecologique. Neanmoins, c’est sans doute la premiere crise ecologique d’une telle ampleur, au niveau mondial, que nous connaissons. Que faisons-nous pour preserver l’avenir de la Terre et de la biosphere ? Quels principaux defis devons-nous relever au XXIe siecle ?
Tout d’abord, il y a le defi du rechauffement climatique. En effet, la temperature de la planete pourrait augmenter de 1,1 a 6,4C d’ici a 2100. Un tel rechauffement menace le developpement de nombreuses regions du monde et risque de susciter d’autres catastrophes, notamment la submersion d’Etats insulaires ou de regions cotieres et la multiplication des tempetes tropicales.
Un autre defi est celui de la desertification. Elle affecte deja un tiers des sols de notre planete, soit plus de 4 milliards d’hectares. Alors qu’a la fin du XXe siecle, elle menacait pres d’un milliard de personnes vivant dans 110 pays, ce chiffre pourrait doubler d’ici a 2050 ; 2 milliards d’individus en seraient alors victimes.
La deforestation, elle aussi, se poursuit au rythme de 13 milliards d’hectares par an alors meme que les forets primaires et tropicales, abritant la plus grande partie de la biodiversite mondiale, contribuent a freiner le changement climatique et la degradation des sols.
La pollution de l’air, de l’eau douce, des oceans et des sols, ainsi que la pollution chimique et invisible, menacent la totalite de la biosphere. Ainsi, la Banque mondiale evalue a 1,56 million de morts par an le prix que l’Asie paie a la pollution atmospherique.
Il faut egalement mentionner la crise mondiale de l’eau. En 2025, 2 milliards d’individus devront faire face a des penuries d’eau et, en 2050, ce nombre atteindra sans doute 3 milliards.
Enfin, la biodiversite est en danger : les especes s’eteignent a un rythme environ cent fois superieur au taux naturel moyen et 50% d’entre elles pourraient disparaitre d’ici a 2100. Or la biodiversite est essentielle au cycle de la vie, a la sante humaine et a notre securite alimentaire.
L’ensemble de ces phenomenes fait peser une grave menace sur le developpement durable des societes et sur l’avenir meme de l’espece humaine, de la biosphere et de la planete. Ce defi est bien connu. Nous devons aujourd’hui resoudre la contradiction toujours plus grande entre la croissance demographique, la surexploitation des ressources, les modes de croissance productiviste, l’acceleration du changement climatique et la rarefaction toujours plus importante des energies fossiles, petrolieres et gazieres. Cette situation, lourde de risques de guerres ou de conflits, requiert des reponses globales. Le developpement durable nous concerne tous. La lutte efficace contre la pauvrete conditionne notre survie a tous et elle s’impose d’autant plus que les plus pauvres sont ceux qui souffriront le plus des secheresses et d’autres catastrophes naturelles a venir.
Aujourd’hui, nous comprenons que la guerre a la nature est une guerre mondiale. Tel est le sens du Rapport Stern sur les consequences economiques du changement climatique. A moins d’engager, des maintenant, des actions pour lutter contre le rechauffement climatique, l’humanite doit se preparer a une baisse de 5 a 20 % du PIB mondial. Trop cher, le developpement durable ? C’est en fait l’inertie qui nous ruine !
Des a present, nous devons resoudre avec courage et lucidite de difficiles problemes. Le developpement durable et le developpement tout court, la lutte contre la pauvrete et la preservation des ecosystemes ne pourront plus etre opposes. Il faudra lutter sur tous les fronts a la fois.
Nous devons egalement inventer de nouveaux modes de developpement et de nouveaux styles de consommation beaucoup plus sobres, car le modele actuel du developpement des pays les plus riches n’est pas generalisable aux 9 milliards d’individus qui peupleront la terre en 2050.
Evidemment, il ne s’agit pas d’arreter la croissance, mais de la modifier en reduisant la consommation des matieres premieres dans chaque secteur de production. Il faudra aussi sensibiliser davantage le public et les decideurs des effets devastateurs potentiels du rechauffement climatique et respecter les mesures prescrites par le protocole de Kyoto.