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Singe savant tabasse par deux clowns

Auteur : Georges-Olivier Chateaureynaud

Date de saisie : 31/10/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : LGF, Paris, France

Collection : Le Livre de poche, n 30912

Prix : 6.50 / 42.64 F

ISBN : 978-2-253-11559-5

GENCOD : 9782253115595

Sorti le : 31/10/2007

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  • Les presentations des editeurs : 22/11/2007

Ici, une ancienne actrice defiguree par la foudre s’offre a l’eclair qui viendra la reprendre… La, un homme accumule chez lui, jusqu’a vivre un enfer, les fantomes pourtant bien paisibles de ses proches decedes… Ailleurs encore, un chauffeur de taxi decouvre au coeur de la ville qu’il parcourt depuis des annees une rue inconnue, ou le gout de l’existence devient bouleversant…
Recits de vies apparemment ordinaires, les nouvelles du present recueil ouvrent une breche inquietante sur des lieux et des etres insoupconnes.
Sur un mode poetique, Singe savant tabasse par deux clowns decrit ainsi un monde cruel, narquois, tantot invivable et tantot paradisiaque, un monde a tout moment reversible : le notre.

  • Les courts extraits de livres : 22/11/2007

La vie m’a fait la partie d’autant plus belle qu’elle avait commence par se conduire en maratre avec moi. A cinq ans, alors que j’errais grelottant de detresse dans un camp de personnes deplacees, un homme vetu de gris est venu me chercher. Je ne me souviens pas de son visage ; je ne l’ai jamais revu ensuite. Tout ce dont je me souviens, c’est de la facon dont il m’a traite. Avec gentillesse, ai-je alors pense. J’ai compris beaucoup plus tard qu’il s’agissait d’autre chose. Il traitait le peu reluisant moutard que j’etais avec respect. Le respect du a l’argent dont j’heritais.
Je me dis parfois qu’il n’existe pas d’homme plus libre que moi. Mon secretaire particulier, mes avocats, mes banquiers, constituent ma seule et docile famille. Je n’ai pas de domicile fixe, mais je suis partout chez moi puisque l’argent regne partout en maitre.
L’argent occupe dans la vie des gens une place variable selon les individus, presque toujours importante, mais, me semble-t-il, le plus souvent relative. S’ils peuvent en etre obsedes, il ne les resume pas, il ne les exprime pas comme il me resume et m’exprime. Je suis avant tout un homme qui paye, une main qui tend a d’autres mains des cheques, des cartes de credit, des billets de banque. Car l’argent dont je parle est celui que je depense. Celui que je gagne, ou qu’on gagne pour moi, se perd dans la masse de celui que je possede deja. Je suis trop immensement riche pour ecouter d’une oreille vraiment attentive les comptables qui m’annoncent chaque jour que je le suis un peu plus qu’hier.
Je depense sans compter, a certains moments avec fievre, avec fureur, comme on jette du lest, en ballon, pour se dehaler ou pour remonter, eviter a tout prix le contact brisant du sol et regagner les hauteurs paisibles et glacees du ciel. Ou comme, pour l’etouffer, on jette du sable sur un feu qui se declare. Decidement, l’analogie entre l’argent et le sable me plait. Ce sont a mes yeux deux matieres brutes, inertes, inepuisables, qu’on peut amonceler en dunes protectrices entre le monde et soi. Car j’ai peur du monde. Rien ne me fera jamais oublier la revelation panique de mes cinq ans : le monde est un camp de personnes deplacees.