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Sociologie de la traduction : textes fondateurs

Auteur : Madeleine Akrich | Michel Callon | Bruno Latour

Date de saisie : 18/11/2006

Genre : Sciences et Technologies

Editeur : Presses de l’Ecole des mines, Paris, France

Collection : Sciences humaines

Prix : 29.00 / 190.23 F

ISBN : 978-2-911762-75-8

GENCOD : 9782911762758

Sorti le : 16/11/2006

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Au debut des annees 80, un groupe de chercheurs de l’Ecole des mines se penche sur un aspect du monde contemporain neglige par les sciences sociales : les sciences et les techniques. Comment sont-elles produites ? Comment leur validite ou leur efficacite sont-elles etablies ? Comment se diffusent-elles ? Comment contribuent-ils a transformer le monde ? Ces travaux donnent naissance a une approche aujourd’hui reconnue : la sociologie de la traduction, dite aussi theorie de l’acteur reseau, avec ses concepts clefs, la traduction, l’interessement, le script, la controverse, etc. Cette theorie est si feconde que les sciences sociales mobilisent desormais tres largement ses concepts, mais aussi ses regles de methodes et ses outils de travail.
Or, nombre de ses textes fondateurs n’etaient pas ou plus disponibles en francais. En rassemblant des textes de trois de ses pionniers, Madeleine Akrich, Michel Callon et Bruno Latour, on permettra au lecteur de comprendre les developpements de la sociologie de la traduction et la maniere dont elle a interroge le lien social, les machines, les objets, les usagers, les pratiques scientifiques. Pour montrer en conclusion comment cette approche permet de renouveler l’analyse sociologique classique.

Madeleine Akrich, Michel Callon et Bruno Latour sont tous trois chercheurs au Centre de sociologie de l’innovation (CSI) de l’Ecole des mines de Paris.
Madeleine Akrich est directrice du CSI; elle a consacre l’essentiel de ses travaux a la sociologie des techniques, en s’interessant specifiquement aux usagers. Depuis quelques annees, ses travaux concernent plus particulierement la medecine.
Michel Callon est directeur de recherche au CSI. Ses travaux couvrent un large spectre d’interets autour des questions relatives aux interrelations entre sciences, techniques et societe, a la socio-economie de l’innovation, aux questions de democratie et a la medecine.
Bruno Latour, professeur a l’Ecole des mines de Paris, a la London School of Economies et au departement d’histoire des sciences de Harvard, est l’auteur de tres nombreuses publications consacrees a la sociologie et a la philosophie des sciences et des techniques, a l’anthropologie de la democratie et du monde moderne.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Interessante pour la philosophie politique, la solution de Hobbes est capitale pour la sociologie, car elle formule pour la premiere fois en toute clarte la relation des microacteurs et des macroacteurs. Pour Hobbes, en effet, il n’y a pas de difference de niveau ou de taille entre les microacteurs et le Leviathan, qui ne resulte d’une transaction. La multitude, dit Hobbes, est a la fois, la Forme et la Matiere du corps politique ; la construction de ce corps artificiel est calculee de telle sorte que le souverain absolu ne soit rien que la somme des volontes de la multitude. Meme si l’expression un Leviathan passe pour un synonyme de monstre totalitaire, le souverain chez Hobbes ne dit rien de son propre chef. Il ne dit rien sans avoir ete autorise par la multitude dont il est le porte-parole, le porte-masque ou encore l’amplificateur. Le souverain n’est, ni par nature ni par fonction, au dessus du peuple, ou plus haut, ou plus grand, ou d’une matiere differente : il est ce peuple meme dans un autre etat – comme on dit un etat gazeux ou solide.
L’importance de ce point nous parait capitale et nous voudrions dans cet article en tirer toutes les consequences. Hobbes affirme qu’il n’y a pas de difference entre les acteurs qui soit donnee par nature. Toutes les differences de niveau, de taille, d’envergure, sont le resultat d’une bataille ou d’une negociation. On ne peut pas distinguer les macroacteurs (institutions, organisations, classes sociales, partis, etats) et les microacteurs (individus, groupes, familles) en fonction de leur dimension, puisqu’ils ont tous, pourrait-on dire, la meme taille, ou plutot puisque la taille est le premier resultat et le premier enjeu pour lequel on se bat. La question pour Hobbes et pour nous n’est pas de classer les macro et les microacteurs ou de reconcilier ce que l’on sait des premiers avec ce que l’on sait des seconds, mais de reposer a nouveau cette vieille question : comment un microacteur obtient-il d’etre un macroacteur ? Comment des hommes peuvent-ils agir comme un seul homme ?
Certes, l’originalite du probleme pose par Hobbes est en partie cache par la solution qu’il en donne, le contrat social, dont l’histoire, l’anthropologie et maintenant l’ethologie demontrent l’impossibilite. Mais le contrat n’est qu’un cas particulier d’un phenomene plus general, celui de la traduction. Par traduction on entend l’ensemble des negociations, des intrigues, des actes de persuasion, des calculs, des violences grace a quoi un acteur ou une force se permet ou se fait attribuer l’autorite de parler ou d’agir au nom d’un autre acteur ou d’une autre force : vos interets sont les notres, fais ce que je veux, vous ne pouvez reussir sans passer par moi. Des qu’un acteur dit nous, voici qu’il traduit d’autres acteurs en une seule volonte dont il devient l’ame ou le porte-parole.