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Soeur charite

Auteur : Johan Bourret

Date de saisie : 17/11/2006

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Romans historiques

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-259-20440-8

GENCOD : 9782259204408

Sorti le : 02/11/2006

  • Les presentations des editeurs : 17/11/2006

1905, quelque part en Touraine… Le sang couvre le corps du jeune Emile.
Titubant dans la rue, il ne remarque pas les regards effares des passants. Il serre contre son coeur, comme un tresor precieux, la seule famille qui lui reste : Camille, sa petite soeur de huit ans. Elle est comme morte.
Le jeune garcon vient de tuer celui qui a cause son martyre. Guide par son instinct, il se refugie dans une eglise et implore le ciel de lui venir en aide. Il est aussitot arrete par l’inspecteur Fayol, policier zele qui voit en lui le coupable parfait. Mais en ces lieux, une femme s’interpose : soeur Marie Josee, servante de Dieu et qui oeuvre pour les plus faibles. Elle devient l’ange gardien du jeune Emile car elle croit en son innocence, a sa bonne nature et a sa possible rehabilitation. Mais elle le sait, malgre sa determination et sa foi, le diable est puissant. L’inspecteur Fayol est tout pres…

Johan Bourret est romancier. Il est l’auteur de nombreux romans a succes dont Quand les loups rodent et Dans la gueule du loup.

  • Les courts extraits de livres : 17/11/2006

Il faisait tres froid en ce mois de decembre et je voulais que Camille fut bien couverte. Son manteau, ses sabots, tout ce qu’elle portait, je l’avais vole pour notre grand voyage. Ma petite soeur ne devait pas souffrir de l’hiver.
Nous etions prets. Je pris les deux baluchons. J’etais suffisamment robuste pour supporter ce chargement. Si je l’avais pu, j’aurais fait de la course a pied et j’aurais continue l’ecole. Cependant les douze heures de travail quotidiennes a la cordonnerie avaient eu au moins ce merite : me rendre fort. Ce n’etait pas a la nourriture de cette ordure de Boissinot que je le devais, mais a Mme Coutin la femme du remouleur, a Gaston Rouger le coutelier, a Supion le rempailleur qui, lorsqu’il deambulait dans la rue de nos echoppes, corne a la bouche pour annoncer sa venue, me glissait, sans jamais y manquer, un morceau de pain dans la main. C’etaient eux qui nous avaient nourris. Ils connaissaient notre calvaire. La rue Nationale etait une rue commercante. Camille et moi nous avions touche le coeur de bien des commercants, mais leur silence ne nous rendait pas service. Le cordonnier avait les coudees libres et sa brutalite etait plus abondante que la mauvaise nourriture qu’il oubliait souvent de nous donner…
La menotte de Camille serree dans la mienne, j’ouvris la porte grincante du grenier et nous nous avancames vers l’escalier. Ma soeurette marqua une hesitation avant de descendre.
– T’inquiete pas, tu sais bien que, le jeudi, il n’est jamais la.
Un clin d’oeil et un sourire suffirent a la convaincre, elle me suivit. A l’etage inferieur, il y avait l’atelier qui surplombait le magasin, ferme le jeudi. Prudents malgre tout, nous primes soin de faire le moins de bruit possible. Nous descendimes les marches, passames devant la porte de l’atelier entrouverte et, soudain, je marquai une hesitation. Devant ce lieu deserte par le maitre, j’eprouvais une etrange sensation :
– Attends.
Je poussai la porte qui ne grinca pas. Le cordonnier etait maniaque et le grincement d’un gond, d’une pince emporte-piece, d’un banc de finition suscitait sa colere, qui s’abattait sur l’objet recalcitrant. Il en etait de meme pour l’inconscient qui osait lui resister. Je me penchai en avant et j’observai ce lieu ou j’avais interdiction formelle d’entrer sans son consentement. Camille me tira la main pour m’exhorter a partir.
– Attends, dis-je encore.