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Sofia-abeda – les nouvelles du globe

Auteur : Antoine Dufeu

La fiction est pour Antoine Dufeu un moyen d’investigation sur l’état du monde. Elle lui permet, texte après texte, d’en déployer la complexité mouvante. Le roman se fait ici enquête : géopolitique et sociétale dans Sofia-Abeba, économique dans mzr. Dans le premier, une adolescente bulgare née en Éthiopie raconte sa vie quotidienne à Sofia et se faisant parle de la France, de l’Afrique, de l’Europe de l’Est, de la présence russe, de l’Amérique du Sud (une de ses meilleures amies est originaire de Cuba), mais aussi de l’argent, du passé soviétique, des touristes sur les plages de la Mer Noire et de l’attrait qu’exercent sur elle les mégapoles occidentales et asiatiques. Une image du monde prend forme par les ombres portées sur l’imaginaire d’une adolescente née en Afrique et vivant en Europe.
Dans le second, rejouant les trajets de Trotski commandant l’armée rouge depuis son train, l’auteur ajoute un appendice aux mémoires de Jérôme Kerviel, le trader désormais retraité qui en 2008 fit perdre 50 milliards d’euros à la Société Générale.

Cette analogie ferroviaire produit un effet d’enjambement stupéfiant entre communisme et capitalisme, saisis depuis leur pratique commune, celle de la guerre, économique et militaire.
Ces deux fictions s’inscrivent dans un projet plus vaste intitulé Les nouvelles du globe, qui explore la forme du journal intime à travers sa capacité à enregistrer les mouvements les plus infimes de notre globe, ceux qui touchent les psychés contemporaines.

Nous avons choisi de publier, à la suite de mzr, le texte de Léon Trotski qui l’a inspiré : « Le train », chapitre 34 de ses mémoires, Ma Vie.