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Sonja a la fenetre

Auteur : Larry Watson

Traducteur : Pierre Furlan

Date de saisie : 07/05/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine etranger, n 4128

Prix : 8.60 / 56.41 F

ISBN : 978-2-264-04043-5

GENCOD : 9782264040435

Sorti le : 07/05/2008

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  • Les presentations des editeurs : 08/05/2008

Depuis la mort de leur fils, quelque chose s’est brise entre Henry et Sonja House. Il se refugie dans la culture de ses pommiers, tandis qu’elle s’exile dans le silence. Et puis un jour de desespoir, elle accepte l’impensable pour une femme de son rang : poser nue pour le celebre peintre Ned Weaver, qui habite quelques maisons plus loin, sur le bord du lac Michigan. Mais la nouvelle se propage et c’est maintenant la jalousie qui ronge le coeur d’Henry. Dans l’Amerique puritaine des annees 50, un etrange ballet de sentiments se dessine entre le mari humilie, le peintre et la femme que l’art reveille a sa sensualite. Des emotions qui se revelent par petites touches, comme un tableau pointilliste, mais dont seul Henry decidera ou non d’apporter l’ultime note de couleur.

Petit-fils d’emigrants d’origine Scandinave et anglaise, Larry Watson est ne en 1947 a Rubgy, une bourgade du Dakota du Nord, puis grandit a Bismark. Precede par deux generations de sherifs, Larry Watson rompt avec la vocation familiale et s’inscrit a un cours de poesie a l’universite du Dakota du Nord, ou il fait notamment la rencontre de James Welch et de James Crumley. A l’universite de l’Utah, il suit les cours et conferences de prestigieux professeurs tels que David Kranes, E. L. Doctorow et John Cheever. Larry Watson enseigne la litterature et l’ecriture a l’universite du Wisconsin depuis 1978. Il publie en 1993 Montana 1948 qui devient rapidement un best-seller. Designe par le Booklist et le Library Journal comme le livre de l’annee, il a recu de nombreux prix. Fort de ce succes, Larry Watson, avec Justice, poursuit la saga de la famille Hayden et la chronique du Mercer County. Il a publie depuis plusieurs romans, dont White Crosses, Laura et Sonja a la fenetre paru aux editions Belfond (2004). Il vit aujourd’hui a Plover, dans le Wisconsin.

Watson nous eblouit une fois de plus avec son ecriture limpide, ses descriptions sublimes, ses personnages denses et son art de manier les faux-semblants. Comme il y a des tableaux de maitre, voici un livre de maitre.
Sebastien Le Fol, Le Figaro Magazine

Traduit de l’americain par Pierre Furlan

“Domaine etranger” dirige par Jean-Claude Zylberstein

  • Les courts extraits de livres : 08/05/2008

Comme il voulait se frayer un chemin jusqu’au bas de la colline sans etre vu, Henry House evitait les larges allees du verger et se tenait pres des pommiers. Du coup, il ne pouvait presque jamais quitter la position accroupie, et il plongeait sous les branches basses et noueuses les unes apres les autres. La neige de novembre qui venait de tomber compliquait un peu plus les choses. Il y en avait juste assez pour recouvrir les quelques fruits restes au sol, et lorsque Henry posait le pied sur l’un d’entre eux, celui-ci eclatait en general sous son poids, le faisant deraper sur une neige glissante et sur une bouillie de pommes. Chaque fois que cela lui arrivait, une odeur de pomme montait jusqu’a ses narines et il entendait de nouveau dans sa tete le vieux reproche de son pere : Regarde ou tu mets les pieds.
Les pommiers s’arretaient bien avant le petit chalet, mais les derniers quatre-vingts metres ne furent pas pour autant plus faciles a parcourir. Les arbustes et les buissons devenaient plus denses, la pente etait nettement plus raide, et Henry etait oblige d’enfoncer le bord de ses bottes dans le sol et de descendre en biais afin de ne pas degringoler la tete la premiere.
Il n’avait cependant guere fait plus de trois pas qu’il perdit la legere prise qu’il maintenait avec ses pieds. Peut-etre avait-il encore marche sur une pomme ou sur un tas de feuilles mouillees, toujours est-il que sa jambe glissa et qu’il tomba durement sur le dos. Il se retrouva aussitot emporte dans la descente a la vitesse d’un enfant sur une luge, et il vit le moment ou il allait buter les pieds devant contre la cabane dont il avait espere s’approcher sans bruit.
Malgre tout ce que la chute d’Henry avait de soudain, elle lui apparut, au cours de ces premieres secondes, moins comme un accident que comme un accomplissement : c’est donc la que j’allais.
Bien que secoue et ballotte dans sa glissade, il eut assez de presence d’esprit pour accomplir deux choses : il tint son bras droit – celui qui ne s’etait jamais parfaitement remis – au-dessus de sa tete pour qu’il ne heurte pas de pierre et ne s’accroche pas a une grosse branche tombee. Ensuite, Henry reussit a plaquer son bras gauche contre la poche de sa grosse veste de laine a carreaux, la maintenant fermee et empechant ainsi le pistolet de sortir et de tomber dans la neige.
Avec ses mains dans cette position, Henry ne pouvait pas faire grand-chose pour freiner sa chute ou pour proteger le reste de son corps qui cognait et raclait dans la descente. Et pourtant, en gardant en l’air ce seul bras, Henry se sentait un peu comme le cavalier d’un rodeo, ce qui signifiait que le cheval qui se cabrait et qu’il devait monter n’etait autre que la terre.