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Sublim’interim ou L’amour c’est un boulot de tous les jours

Auteur : Louise Doutreligne

Date de saisie : 09/05/2008

Genre : Theatre

Editeur : Ed. de l’Amandier, Paris, France

Collection : Theatre

Prix : 12.00 / 78.71 F

ISBN : 978-2-35516-055-4

GENCOD : 9782355160554

Sorti le : 28/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 10/05/2008

Louise Doutreligne

Sublim’interim
theatre

L’amour c’est un boulot…
Une famille d’une banlieue Est de Paris, issue des immigrations politiques (Espagne, Amerique du sud, Algerie…) decide de feter les soixante-quinze ans de Mamita… Pendant les quelques jours qui precedent cette fete ou l’on doit aussi accueillir les cousins de Cuba se jouent et se dejouent les petites comedies et drames du quotidien… Les trois ados (Julian, Myriam, Mehdi), une sociologue, Liliane (chargee d’une enquete sur la mort suspecte d’un lyceen et parallelement sur l’Imaginaire face au chomage) croisent les preoccupations d’Eva et de Daniel, les parents, qui tous deux travaillent et vivent en interim… Les apartes en chansons servent bien entendu, le propos de la comedie… pourtant a tout moment le drame pourrait surgir… mais la decision de l’equilibre est un choix optimiste… sublime chez les Daniel, Eva, Mamita, Liliane… impregnes qu’ils sont de la culture de la fiesta aux origines conviviance andalouse…
Louise Doutreligne nous propose un regard cosmopolite et tendre sur cette banlieue qui n’est pas forcement mediatisee puisqu’elle frole la peripherie du bonheur. Une des inspirations de l’oeuvre de Louise tourne autour des SUBLIMES, ces ouvriers autonomes et tres performants du XIXe siecle qui choisissaient leur travail, surtout leur temps de travail et la qualite de leur implication…Dans ces banlieues ou les luttes et les espoirs sont le fait du plus grand nombre, la flexibilite ne peut pas etre seulement dans le travail,… elle trouve ici le chemin des coeurs et des esprits.. Sublim’interim se veut une fabrique de reconciliation…

  • Les courts extraits de livres : 10/05/2008

Extrait du prologue :

Sublime

Interieur. Atelier de plasturgie, des ouvriers et ouvrieres fabriquent a la chaine des petits tabourets empilables en plastique. Musique forte. Daniel a un bout de la chaine fredonne sur la musique, Lucette a l’autre bout l’observe.

LUCETTE Alors, on perd le rythme ?…
DANIEL Qui est-ce qui me parle la ?
LUCETTE Moi ! Je te signale qu’il te reste exactement quatre minutes pour tout finir…
DANIEL Calme, calmos, je suis pas aux pieces !
LUCETTE Si justement…
DANIEL Je verifie c’est tout, je suis responsable donc je verifie, je suis un travailleur libre et emancipe moi et qui tiens a le faire savoir…
LUCETTE Moi aussi je suis emancipee, je travaille quand je veux.
DANIEL Ou quand tu peux.
LUCETTE Je suis une sublime moi, Monsieur, c’est moi qui decide quand je travaille parce que je suis efficace et qu’on me recherche.
DANIEL Et t’en as ecrase combien avant d’etre efficace et recherchee ?
LUCETTE Et toi pour decrocher ce job t’as fait comment ?
DANIEL Comme toi, ma vieille, tout simplement, je suis sublime, c’est tout.
LUCETTE Je te raconterai un jour qui c’etait les vrais sublimes, des libertaires du XIXe siecle, des mecs competents voila, competents donc indispensables, ils travaillaient quand ils voulaient, et le temps qu’ils voulaient, mais la toi, il te reste exactement deux minutes Monsieur le sublime.
DANIEL He cool, j’ai fini la.
LUCETTE C’est syndical, tout doit etre nickel a la fin du service, pour les suivants qui enchainent une nouvelle serie.
DANIEL C’est pas tout a fait ca, relis les regles, et quant au syndicat, et tu sais ce que je lui dis, au syndicat ?…
LUCETTE Ok, Senor, mais verifie le dernier tabouret la, s’il te plait, ils viennent les chercher… quant au syndicat…
DANIEL Fais gaffe, je vais bientot y venir a vos concertations de Sublimes !
LUCETTE Quand tu veux, mon vieux… ! (Daniel verifie le dernier tabouret et le pose sur la pile.) Sonnerie !
On entend effectivement une sonnerie stridente.