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Syngue Sabour : Pierre de patience

Auteur : Atiq Rahimi

Date de saisie : 25/08/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Fiction

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-84682-277-0

GENCOD : 9782846822770

Sorti le : 25/08/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Jacques Griffault de la librairie LE SCRIBE a MONTAUBAN, France (visiter son site) – 17/10/2008

Sous titre “Pierre de patience” voici le nouveau roman de Atiq Rahimi, auteur du tres beau “Terre et cendres” – un de nos gros coup de coeur de l’annee 2000 – qui, en 2004, a ete adapte au cinema et realise par l’auteur lui-meme.
“Syngue sabour” est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la detresse de ceux qui se confient a elle sans oser la reveler aux autres. “Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t’ecoute, eponge tous tes mots, tes secrets, jusqu’a ce qu’un beau jour elle eclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-la, tu es delivre de toutes les souffrances, de toutes les peines…”
Dans ce roman, qui se passe “quelque part en Afghanistan ou ailleurs”, la Syngue sabour est un homme allonge. Il a recu une balle dans la tete mais n’est pas mort : corps vide reduit a ses fonctions vitales. Depuis seize jours sa femme le soigne et le veille sans cesser d’egrener son chapelet – Seize jours qu’elle vit au rythme du souffle de l’homme allonge. Et maintenant elle lui parle sans savoir si son mari l’entend et la comprend.
Peu a peu sa parole grandit, enfle, gronde. Le barrage se rompt. La lassitude, l’exasperation, la revolte eclatent.
Elle lui en veut de l’avoir sacrifiee a la guerre, d’avoir ete un heros pour n’etre plus, a la suite d’une bagarre minable, qu’un simple legume. Elle lui dit des choses qu’elle n’a jamais dites, meme pas a ses soeurs.
“Au-dehors, des cris, des pleurs. Quelques-uns tirent avec leurs Kalachnikov, on ne sait d’ou ni vers qui ils tirent, tirent…”
Ecrit directement en francais, dans une tres belle langue seche, precise, poetique, qui par moment s’enflamme, Syngue sabour decrit la realite oppressante du quotidien feminin d’une certaine realite de l’Islam avec une remarquable maitrise.
Les lectrices de ce livre ont ete frappees par la justesse avec laquelle l’auteur decrivait l’intimite feminine, ses desirs, ses frustrations.

N.B. Atiq Rahimi, ne en 1962 a Kaboul (Afghanistan), vit et travaille aujourd’hui a Paris. Il a fait ses etudes au lycee franco-afghan Estiqlal de Kaboul puis a l’universite (section litterature). En 1984, il quitte l’Afghanistan pour le Pakistan a cause de la guerre, demande et obtient l’asile politique en France ou il passe un doctorat de communication audiovisuelle a la Sorbonne. Il realise des films documentaires et adapte en 2004 son roman “Terre et cendres”, qui, presente au festival de Cannes obtient le prix “Regard sur l’avenir”.

  • Le choix des libraires : Choix de Clo Brion de la librairie VANDROMME a LES VANS, France – 29/08/2008

“Syngue sabour” le nouveau roman d’Atiq Rahimi est l’une des perles rares de cette rentree litteraire. Une ecriture ciselee, poetique, pour la longue confession d’une femme au chevet de son homme integriste religieux, mourant et mutique. Un monologue liberateur qui souleve le voile d’oppression des femmes dans un pays enturbanne de violence et de fanatisme. Un tres beau roman porteur de “cette voix, enfouie depuis des milliers d’annees”.

  • Les presentations des editeurs : 28/06/2008

syngue sabour [sέge sabur] n.f. (du perse syngue pierre, et sabour patiente). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s’agit d’une pierre magique que l’on pose devant soi pour deverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses miseres… On lui confie tout ce que l’on n’ose pas reveler aux autres… El la pierre ecoute, absorbe comme une eponge tous les mots, tous les secrets jusqu’a ce qu’un beau jour elle eclate… Et ce jour-la on est delivre.

  • La revue de presse Ariane Chemin – Le Nouvel Observateur du 6 novembre 2008

Atiq Rahimi, empaille francais de 46 ans, comme il dit avec son accent de miel et de pierre, s’est coule dans l’ame et le corps de l’autre sexe avec une aisance deconcertante…
Cette fois, il s’immerge dans ce francais appris au fameux lycee Istiqlal, cette ecole d’excellence des grandes familles liberales de Kaboul qui a vu passer onze ans plus tot le jeune Massoud. Apres un premier jet, trace pendant une de ces nuits d’insomnie interminables et minables, il s’entoure de manuels de rhetorique et de dictionnaires pour polir, un a un, les mots de son roman… Les phrases sont economes, les adverbes rares, les adjectifs absents. Mais plus encore que Terre et cendres, le film qu’il a tourne en Afghanistan et qui fut prime a Cannes en 2004, le huis clos de Syngue sabour appelle les images. Malgre soi, on isole la voix off, on imagine le fondu enchaine. Le decoupage technique semble prepare, les indications d’acteurs deja donnees.

  • La revue de presse Mohammed Aissaoui – Le Figaro du 30 octobre 2008

Les paroles d’une femme soumise a son mari racontees par Atiq Rahimi, un ecrivain afghan qui a choisi la langue francaise. Admirable…
En cent-cinquante pages, Atiq Rahimi dit l’indicible, il decrit, avec la force de celui qui n’a plus rien a perdre, la psychologie d’une femme prise sous le joug des traditions…
Si le contenu est fort, l’ecriture, simple et poetique, ajoute a la densite. Tout cela donne au lecteur l’impression d’assister a un huis clos ou l’on entend jusqu’aux respirations. Quelle piece de theatre ferait ce texte !

  • La revue de presse Valerie Marin La Meslee – Le Monde du 3 octobre 2008

…”pierre de patience”, a laquelle, dit la mythologie perse, on peut tout dire jusqu’a ce qu’elle eclate et vous libere…
Derriere le mari, le lecteur du roman de l’ecrivain afghan Atiq Rahimi devient a son tour cette pierre qui absorbe tout. Il reste desarme et nu tant ce livre est un appel. Pour faire entendre la voix d’une femme en temps de guerre, opprimee par la societe, et en hommage a la poetesse afghane Nadia Anjuman, battue a mort par son mari, Atiq Rahimi a ecrit directement en francais. Mais comme dans le persan de ses livres precedents, il racle ses mots sur la terre seche. Syngue Sabour est une tragedie antique qui laisse resonner le si long silence des femmes d’Afghanistan. Ou d’ailleurs.

  • La revue de presse Jean-Pierre Perrin – Liberation du 18 septembre 2008

Une nouvelle fois, Atiq Rahimi part a la recherche de ce qui nourrit la tragedie de son pays. Dans ce qui est son plus beau livre, ecrit pour la premiere fois en francais, il fouille dans le nu de l’ame afghane, loin de tous les cliches exotiques de la litterature occidentale sur la beaute des cavaliers, la geste des guerriers, la majeste des paysages… Ce corps mourant et cette femme qui s’illumine a ses cotes sont aussi une metaphore de l’Afghanistan, aujourd’hui entre tonnerre et tenebres.

  • La revue de presse Sabine Audrerie – La Croix du 3 septembre 2008

Avec l’economie de moyens que lui connaissaient les lecteurs du magnifique Terre et cendres ou des Mille maisons du reve et de la terreur (tous les deux chez P.O.L.), Atiq Rahimi, naturalise francais depuis une vingtaine d’annees, publie ici son premier livre ecrit directement en francais. Un conte d’une grande beaute en forme de huis clos, empreint de violence autant que de paix, ou le corps reprend ses droits avec dignite, dans une societe qui l’a trop souvent bafoue. Meme si, Atiq Rahimi le note en incipit, ce pourrait etre, en Afghanistan, ou ailleurs…

  • La revue de presse Martine Laval – Telerama du 27 aout 2008

Atiq Rahimi a mis toutes ses tripes de poete afghan dans ce quatrieme livre, mais premier ecrit en francais. Peut-etre lui fallait-il abandonner sa langue maternelle, le persan, s’approprier le francais pour s’immiscer dans la peau de cette femme courage, se laisser couler dans ses souffrances, ecrire pour elle la dignite en lui offrant des paroles de rage, crues, provocantes, chargees de desirs inassouvis – amour, sexe et plaisir proscrits…
Hymne a la liberte et a l’amour, Syngue sabour enfle comme un requiem, incantatoire, obsedant. Magique comme une pierre de patience

  • Les courts extraits de livres : 28/06/2008

La chambre est petite. Rectangulaire. Elle est etouffante malgre ses murs clairs, couleur cyan, et ses deux rideaux aux motifs d’oiseaux migrateurs figes dans leur elan sur un ciel jaune et bleu. Troues ca et la, ils laissent penetrer les rayons du soleil pour finir sur les rayures eteintes d’un kilim. Au fond de la chambre, il y a un autre rideau. Vert. Sans motif aucun. Il cache une porte condamnee. Ou un debarras.

La chambre est vide. Vide de tout ornement. Sauf sur le mur qui separe les deux fenetres ou on a accroche un petit kandjar et, au-dessus du kandjar, une photo, celle d’un homme moustachu. Il a peut-etre trente ans. Cheveux boucles. Visage carre, tenu entre parentheses par deux favoris, tailles avec soin. Ses yeux noirs brillent. Ils sont petits, separes par un nez en bec d’aigle. L’homme ne rit pas, cependant il a l’air de quelqu’un qui refrene son rire. Cela lui donne une mine etrange, celle d’un homme qui, de l’interieur, se moque de celui qui le regarde. La photo est en noir et blanc, coloriee artisanalement avec des teintes fades.