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Therese philosophe

Couverture du livre Therese philosophe

Preface : Florence Lotterie

Date de saisie : 18/01/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Flammarion, Paris, France

Collection : GF, n 1254

Prix : 6.80 / 44.61 F

GENCOD : 9782080712547

Sorti le : 12/01/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Julien Dailliere – 16/09/2008

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Julien Dailliere – 29/01/2007

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Therese philosophe
Avec les gravures de l’edition de 1785

Le seul ouvrage qui ait montre le but, sans neanmoins l’atteindre tout a fait ; l’unique qui ait agreablement lie la luxure et l’impiete, et qui donnera enfin l’idee d’un livre immoral : c’est en ces termes que Sade, dans l’Histoire de Juliette, rend hommage a Therese philosophe. Paru anonymement en 1748, ce roman est un classique – sinon le classique – de l’edition clandestine d’erotica au XVIIIe siecle. Veritable best-seller de la litterature audacieuse, souvent attribue a Boyer d’Argens, il ouvre aussi de brulants dossiers d’ordre religieux et moral, et l’on a pu soupconner Diderot d’en etre l’auteur. Prenant pretexte d’un fait divers – le proces qui opposa, en 1730, un jesuite a sa penitente qui l’accusait de l’avoir debauchee -, il denonce l’influence pernicieuse de la religion sur la sante des esprits, et revendique, par le raisonnement comme par l’exemple, le droit des corps a disposer d’eux-memes.
D’ou l’inevitable question : 1748, annee erotique, ou annee theorique chaude pour la philosophie ? L’une ne va peut-etre pas sans l’autre…
Presentation, notes, chronologie et bibliographie par Florence Lotterie

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Je suis nee dans la province de Vencerop. Mon pere etait un bon bourgeois, Negociant de…, petite ville jolie ou tout inspire la joie et le plaisir : la galanterie semble y former seule tout l’interet de la societe. On y aime des qu’on pense et on n’y pense que pour se faciliter les moyens de gouter les douceurs de l’amour. Ma mere, qui etait de…, ajoutait a la vivacite de l’esprit des femmes de cette province, voisine de celle de Vencerop, l’heureux temperament d’une voluptueuse Venceropale. Mon pere et ma mere vivaient avec economie d’un revenu modique et du produit de leur petit commerce. Leurs travaux n’avaient pu changer l’etat de leur fortune ; mon pere payait une jeune veuve, marchande dans son voisinage, ma mere etait payee par son amant, gentilhomme fort riche, qui avait la bonte d’honorer mon pere de son amitie. Tout se passait avec un ordre admirable : on savait a quoi s’en tenir de part et d’autre et jamais menage ne parut plus uni.
Apres dix annees ecoulees dans un arrangement si louable, ma mere devint enceinte, elle accoucha de moi. Ma naissance lui laissa une incommodite qui fut peut-etre plus terrible pour elle que ne l’eut ete la mort meme. Un effort dans l’accouchement lui causa une rupture qui la mit dans la dure necessite de renoncer pour toujours aux plaisirs qui m’avaient donne l’existence.
Tout changea de face dans la maison paternelle. Ma mere devint devote ; le Pere Gardien des Capucins remplaca les visites assidues de Monsieur le Marquis de…, qui fut congedie. Le fonds de tendresse de ma mere ne fit que changer d’objet ; elle donna a Dieu par necessite ce qu’elle avait donne au marquis par gout et par temperament.
Mon pere mourut et me laissa au berceau. Ma mere, je ne sais par quelle raison, fut s’etablir a Volnot, port de mer celebre ; de la femme la plus galante, elle etait devenue la plus sage et peut-etre la plus vertueuse qui fut jamais.