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Tijuana mon amour

Auteur : James Ellroy

Traducteur : Jean-Paul Gratias

Date de saisie : 10/10/2007

Genre : Policiers

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Rivages-Thriller

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-7436-1718-9

GENCOD : 9782743617189

Sorti le : 10/10/2007

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  • Les presentations des editeurs : 25/10/2007

Apres Crimes en serie et Destination morgue, ce troisieme recueil clot – provisoirement – la publication des textes courts de James Ellroy.
On connait l’interet de l’auteur pour les faits divers criminels et en particulier les affaires qui defraient la chronique. Cette obsession constitue le theme central des articles et fictions reunis dans Tijuana mon amour. Qu’il retrace l’enquete sur la mort de la fille d’un presentateur de radio, brosse le portrait d’un celebre district attorney ou mette en scene l’un de ses heros preferes, l’intarissable redacteur en chef de la gazette a scandales l’Indiscret, Ellroy n’aime rien tant qu’explorer “la jungle du glamour” et en rapporter des trouvailles saisissantes, scabreuses, au gout amer et a l’odeur nauseabonde.
On y croisera le celebre gangster Mickey Cohen, Lana Turner et son amant Johnny Stompanato, Rock Hudson, Frank Sinatra et quelques figures d’acteurs ou autres ” people ” de seconde zone, tous tombes dans la boue du scandale au point que certains ne s’en releveront pas. On retrouve avec jubilation la patte caracteristique de l’auteur du Dahlia noir dans ces portraits au vitriol des flics, des acteurs, de la pegre et des medias.
A travers ces trois articles et six nouvelles, c’est la face noire d’une Californie schizophrene qui est radiographiee avec une acuite rageuse, provocatrice, brillantissime.

  • La revue de presse Bruno Corty – Le Figaro du 25 octobre 2007

Ceux qui attendent depuis six ans la suite d’American Death Trip ne vont pas etre contents. Ellroy n’a toujours pas boucle sa monstrueuse trilogie sur les annees 1970, Nixon et le Vietnam. Le cinema l’accapare. Pour patienter, voici, apres Destination morgue, un autre volume de textes (articles et nouvelles), pour la plupart publies dans le magazine GQ. C’est du Ellroy pur jus. Survolte, excessif, delirant et jubilatoire. Celui qui s’est autoproclame chien du demon n’a jamais autant montre les crocs et aboye sur les medias, les acteurs, les flics vereux de sa Californie. Sous sa plume debridee, l’acide coule a flots.

  • Les courts extraits de livres : 26/10/2007

LET’S TWIST AGAIN

Les etats de grace, ca va, ca vient. On ne les percoit pas comme tels sur le moment. On les examine a posteriori, individuellement ou en groupe, et on leur superpose un schema narratif. En definitive, cela se resume a ce qu’on a eu et qu’on a perdu.
Ces schemas s’appliquent a des nations, a des villes, a des gens. Des photos en Kodachrome les completent. Des couleurs delavees les rehaussent de leur halo. Une musique sirupeuse remplit le reste de l’image et vous suggere ce qu’il faut en penser.
C’etait mieux avant. Nous etions meilleurs a cette epoque. J’etais plus jeune alors.
Ce ne sont qu’apparences trompeuses de bout en bout. C’est une reconstitution a l’eau de rose rendue possible parce qu’elle est vraisemblable. Elle obscurcit les faits plus qu’elle ne les eclaire. Elle contient juste assez de verite incontestable pour rester viable.
Une saison definit tout un etat d’esprit. Un nom emblematique la represente. Des chevaliers et des demoiselles en une epoque sans pitie. Un melo qui fait pleurer a chaudes larmes – sur scene, a l’ecran et sur CD.
Une comedie musicale sentimentale et un concept artistique use jusqu’a la corde. Avec la croisee de trois chemins dont l’image m’est chere et reste bien nette dans ma tete.

J’avais mon propre Camelot. Il coexistait avec les pieces de theatre retransmises a la tele depuis Broadway et la presidence de John Kennedy. Je vivais dans un appartement minable avec mon pere coureur de jupons et notre chien qui chiait partout sur le lino. J’avais un esprit corrompu par une imagination fertile et je ne savais pas tres bien me comporter en societe. J’avais un velo Schwinn Corvette a guidon sureleve, garde-boue chromes, bavettes incrustees de diamants fantaisie, sacoches a franges, et un compteur de vitesse qui montait jusqu’a 240 km/h. J’avais une ville geniale a explorer et, en tant que gamin, tout un apprentissage a assimiler.
Notre appartement jouxtait Hancock Park et le bas de Hollywood. Vers le sud et le sud-ouest : des manoirs style Tudor, des chateaux a la francaise, des haciendas espagnoles. Vers le nord : de petites maisons et des arriere-cours de studios de cinema. Vers l’est : des entrepots en bois et des immeubles vetustes qui se succedaient sur un terrain vallonne en ligne droite vers le centre-ville.
Le territoire que je parcourais englobait Hollywood, jusqu’a Blackville. La frontiere sud etait une ligne de demarcation raciale que les gamins blancs ne franchissaient jamais. C’etait le Los Angeles d’avant les emeutes. La ville n’avait pas encore connu l’hysterie. Les parents disaient aux momes de ne pas s’aventurer au sud de Pico et laissaient leurs morveux vadrouiller.
J’ai commence a roder a onze ans. C’etait l’ete 59. Je devais faire ma rentree scolaire au college en septembre. J’en chiais dans mon froc.