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Tito, amor mijo

Auteur : Marko Sosic

Tito, amor mijo, paru en 2005, est tout à la fois un roman d’apprentissage, un roman d’amour et un roman d’histoire. Entouré d’adultes dont il essaie de comprendre les contradictions, imprégné de noirs récits liés à la Seconde Guerre mondiale encore très proche – nous sommes à Trieste à la fin des années soixante -, le jeune narrateur pose des questions qui ne sont jamais innocentes. Voici la prière qu’il adresse à son ange gardien : « Fais que je comprenne ce qu’est la patrie, parce que oncle Albert dit que notre patrie, c’est toute la Yougoslavie, alors que madame Slapnik dit que notre patrie, c’est seulement la Slovénie, et maman dit (…) que nous avons deux présidents, monsieur Saragat et le maréchal Tito, qui n’est pas un monsieur mais un camarade. » En quelques phrases, toute la problématique de cet espace triestin est posée, ainsi que celle de la frontière et de son dépassement. Le regard de l’auteur, totalement engagé, sensible à toutes les beautés, mais aussi parfois cruel, accompagne toujours ses personnages avec beaucoup de tendresse. Ce deuxième roman de Marko Sosic confirme la veine du premier : solidement ancré dans sa puissance d’expression, son émotion et sa poésie, il est, avec Balerina, Balerina, un point d’appui, le terreau sur lequel pousseront les livres suivants.