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Todos santos

Auteur : Eric Delmare

Todos Santos, le coin des Anges. La ville blanche. Le désert. Les plages sans repos creusées par le Pacifique. L’étrange cri du vent, entre mer et sable, modèle le visage de l’homme. Le poète rêve dans son palais, il flamboie avant d’avoir appris à vivre. Il veut attraper l’infini – tout entier. Il compose ses petits morceaux de ciel, ses mosaïques d’océan. Il joue à couper l’infini en deux, en trois… dessine une femme dans le soleil du matin, de l’utopie au geste. L’homme dessine une femme, mais la femme enlace l’homme pour en faire un autre.

Au bord de l’océan la réalité est partie. Eric Delmare dessine une âme multicolore, il cherche les innombrables combinaisons des paradis colorés. Il égrène le rosaire de ses désirs, mais il prévient : on ne sait pas être libre, on apprend à lire le réel. Et il apprend, pantèle, haletant, sait qu’il mourra aux pieds de la liberté.

Eric Delmare veut attraper l’infini mais sait qu’on ne se retrouve jamais qu’avec l’infinie solitude entre les mains. Où est passé l’ange gardien ? Le poète suit la trace de ses pas sur le parcours qui mène du jour à la nuit. La nuit tombe, et il se demande : peut-on regarder la nuit ? Comme une couleur du temps, comme une espèce profonde.

“Un ange.
Il déploie des ailes de nénuphar.
Il passe, il dépasse.
Une brise océance sur le livre.
Transperce.
Les oiseaux aux ailes blanches.
Aux becs colorés.
Aux âmes fertiles.
Le mensonge de l’ange.
La vie.
L’ange passe avec l’oubli.
Dépasse l’éther.
Il racole”.