Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Tokyo, annee zero

Auteur : David Peace

Traducteur : Daniel Lemoine

Date de saisie : 24/01/2008

Genre : Policiers

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Rivages-Thriller

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-7436-1748-6

GENCOD : 9782743617486

Sorti le : 03/01/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Christophe Dupuis de la librairie ENTRE-DEUX-NOIRS a LANGON, France – 17/01/2008

Tokyo, 15 aout 1946, un an apres la capitulation. Le cadavre nu d’une femme non identifiee est decouvert a Nishi-Mukai Kannon Zan, 2 parc de Shiba, arrondissement de Shiba. L’inspecteur Minami, responsable de la deuxieme brigade de la premiere division criminelle de la police metropolitaine de Tokyo se rend sur les lieux. Pas tres loin du premier corps, il trouve un second cadavre, vetu d’un chemisier blanc a manches courtes, d’une robe-tablier jaune a rayures bleu fonce, de chaussettes roses et de chaussures en toile blanche a semelle de caoutchouc rouge ; un deuxieme cadavre a dix metres du premier ; un deuxieme cadavre qui n’est plus qu’un squelette… en ces temps troubles, ou le Japon ne ressemble plus a rien, ou la police n’a plus de moyens, Minami va se charger de l’enquete.
Cette banderole restera ici jusqu’a ce que cette affaire soit resolue dans l’honneur ou bien jusqu’a ce que nous soyons contraints de regagner le quartier general couverts de honte…
Ce nouveau roman de David Peace est encore d’une redoutable puissance. En deux pages, l’auteur pose l’ambiance de facon magistrale, vous mettant a cote de Minami, dans ce Japon devaste, envahi par les vainqueurs contre qui bon nombre de japonais sont prets a en decoudre, Japon ou tout est a reconstruire… Avec son style si particulier, entetant, David Peace vous prend, vous happe, vous entraine, augmentant votre rythme cardiaque avec ces incessantes repetitions, ces phrases superposees… C’est une lecture exigeante, un livre tres noir, d’une qualite redoutable.

  • Les presentations des editeurs : 17/01/2008

Aout 1945. Tokyo n’est plus que ruines. Les immeubles sont eventres, les canalisations ont explose, les habitants se sont refugies dans des abris de fortune, l’empereur va signer la capitulation. Dans cette atmosphere de fin du monde, l’arrivee d’une depeche au bureau de la Premiere Division criminelle passe presque inapercue. Qui s’interesse a la presence d’un corps de femme dans un depot de vetements de l’armee ? L’inspecteur Minami se charge de l’enlevement du cadavre. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que cette macabre decouverte n’est qu’un prelude.
Un an plus tard, les jeeps des Vainqueurs sillonnent la capitale d’un pays toujours exsangue. Le 15 aout 46, un cadavre de femme est signale dans le parc de Shiba. Au coeur d’une clairiere, git une jeune fille agee d’une vingtaine d’annees ; un morceau de tissu rouge lui enserre le cou. Depeche sur les lieux, Minami fait les premieres constatations et ne tarde pas a decouvrir un second corps, presque reduit a l’etat de squelette. C’est le debut d’une affaire qui, pour l’inspecteur, prend aussi la forme d’une quete de sa propre identite, perdue dans le desastre de la guerre.

Premier volume d’un cycle consacre a la ville de Tokyo apres la Seconde Guerre mondiale, ce roman s’inspire d’un fait divers criminel. Pour David Peace, c’est le point de depart d’un thriller palpitant, saisissant, ou l’on croise les pas d’un homme hante par la mort et la culpabilite. Cette annee zero, c’est aussi celle de la defaite, la table rase a partir de laquelle il faudra tout reconstruire. En ce sens, David Peace, plus ambitieux et visionnaire que jamais, nous propose une superbe fresque sur la naissance du Japon moderne.

  • La revue de presse Raphaelle Rerolle – Le Monde du 25 janvier 2008

Cette fois, c’est a Tokyo, ou il vit depuis quatorze ans, que David Peace a transporte l’intrigue de son dernier livre et son style tres particulier. Car ses romans sont etranges, repetitifs jusqu’a la psalmodie, melant des voix in et off dans deux graphies differentes et debordant resolument du genre policier. De meme que dans ses precedents textes, il a pris appui sur un fait divers authentique, survenu juste apres la seconde guerre mondiale…
Avant de se glisser dans la peau de ce Minami, son narrateur japonais qui parle a la premiere personne, Peace a effectue des recherches sur le Tokyo d’apres-guerre, sillonne la ville de vieilles cartes a la main, eprouve la drole d’impression de marcher sur “deux couches de morts”, comme il l’explique (celle du tremblement de terre de 1923, puis celle de la guerre). Longtemps intimide par la perspective de faire vivre un personnage japonais, lui qui parle bien la langue mais ne la lit pas tout a fait couramment, l’ecrivain s’est finalement lance pour obeir a une conviction : “On ecrit trop souvent l’histoire du point de vue des vainqueurs. Je voulais la faire vivre de celui des vaincus, donc il fallait que mon narrateur soit japonais.” Avec le desir de “ressusciter ces disparus”, dit David Peace. De les ramener au present par l’intermediaire de la litterature, qui donne, parfois, une nouvelle chance a l’Histoire.

  • La revue de presse Eric Libiot – L’Express du 24 janvier 2008

Pour Tokyo annee zero, David Peace s’est egalement inspire d’une affaire reelle. Je cherche a comprendre ce qui relie une epoque a ses crimes. Ce faisant, j’essaie d’expliquer ce qui declenche, chez l’etre humain, cette barbarie. Dans ce nouveau livre, je voulais raconter un pays battu et decrire la facon dont chacun, a sa maniere, essayait de recouvrer une identite, un nom, un avenir. Toutes choses que porte en lui le roman noir, pour peu qu’il affiche haut ses ambitions. Et qu’il soit l’oeuvre d’un veritable ecrivain. Ce qui est le cas.

  • La revue de presse Nathalie Crom – Telerama du 23 janvier 2008

En langue originale anglaise comme en traduction francaise, le titre de ce roman de David Peace (ne en 1967) renvoie tres explicitement aux images en noir et blanc, d’apparence presque documentaire, du grand film de Rosselini, Allemagne annee zero. Meme si les ruines, ici, ne sont pas celles de Berlin, mais celles de la metropole imperiale japonaise que les bombardements americains ont transformee en un vaste cimetiere. Une necropole ou gisent a fleur de terre des centaines de milliers de cadavres. Un mouroir tout autant, ou les survivants luttent contre la faim et les epidemies, contre une violence debridee a laquelle la guerre recente semble avoir ouvert toutes grandes les vannes, contre le desastre moral collectif qui est, toujours et en tous lieux, le lot des vaincus…
Grand lecteur de Burroughs, autant que de James Ellroy, l’Anglais joue notamment avec les repetitions lancinantes, les onomatopees, les incantations, les ruptures de ton, pour tisser un recit lyrique et envoutant, qui tient du poeme autant que du pur roman. Deployant un geste litteraire qui evoque tres directement celui de T. S. Eliot et son Waste Land : Je te montrerai ton effroi dans une poignee de poussiere.

  • La revue de presse Bruno Corty – Le Figaro du 17 janvier 2008

En 2003 la revue Granta l’elit parmi les vingt ecrivains anglais de moins de 40 ans avec qui il faudra compter a l’avenir. Promesses tenues. Aujourd’hui, a 40 ans, Peace publie Tokyo annee zero. Un titre hommage au film de Rossellini Allemagne annee zero…
Reconstruire la ville, c’est la purger de ses debris, de ses demons. Des policiers sont renvoyes, mutes. Le chaos continue. Les yakuzas affrontent des Formosans, des Chinois, des Coreens haineux. Partout la mort, la peur rodent. La honte, l’amertume de la defaite rongent les esprits.Le style Peace epouse le sujet. A l’image de la ville et du heros, il est dechire, fragmente, eparpille. Une experience de lecture peu commune. Fascinante. Fatigue mais excite par l’ecriture resolument differente du second volet de sa trilogie historico-policiere, David Peace nous promet encore quelques belles nuits blanches.

  • La revue de presse Sabrina Champenois – Liberation du 17 janvier 2008

Gari-gari. Il y a des mots comme ca qui vous poursuivent apres un livre, vous viennent ensuite a l’esprit sans raison, comme d’etranges sesames. Gari-gari donc, pour Tokyo Annee zero, le septieme roman du Britannique David Peace. Gari-gari ? Bruit des ongles sur la peau quand on se gratte, indique le glossaire du livre ; grat-grat, en somme. Mais attention, ici c’est jusqu’au sang…
Tokyo Annee zero ouvre une trilogie qui va evoquer le Japon post-1945 jusqu’aux JO de 1964. Peace vit la-bas depuis 1994, il y a fonde une famille avec une Japonaise, et le fait qu’il dedie ce livre a ses enfants n’est certainement pas anecdotique. Le devoir de memoire est chez lui capital, quasiment de l’ordre de la mission (redemption), ce qu’atteste entre autres le dantesque travail de recherche qui accompagne chacun de ses romans.