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Tout Desproges

Auteur : Pierre Desproges

Date de saisie : 20/03/2008

Genre : Humour

Editeur : Seuil, Paris, France

Prix : 38.00 €

ISBN : 978-2-02-097151-5

GENCOD : 9782020971515

Sorti le : 20/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/03/2008

Vingt ans apres sa disparition, Desproges est remis en lumiere au Seuil sans qu’il ait pris une ride. De ses breves publiees dans L’Aurore dans les annees 70, a ses Chroniques de la haine ordinaire parues en 1987, Tout Desproges parait en un seul volume, accompagne d’un cahier hors-texte d’une cinquantaine de photographies de l’auteur pour la plupart inedites, et d’un DVD offert qui contiendra des interviews marquantes realisees par l’auteur, des extraits de ses spectacles, et des images de comediens qui se situent dans l’heritage de Desproges.

  • La revue de presse Albert Sebag – Le Point du 24 avril 2008

La mort sanctifie. La mort rend parfois meme genial. Pierre Desproges n’etait pas un saint, mais, a la relecture de l’integrale de son oeuvre que le Seuil a l’intelligence de publier, il ne fut pas loin d’atteindre le genie. Au meme titre qu’un feu prince du calembour qui, dans un dernier rale, s’exclama : Je m’en vais de Spa, on se souvient que l’humoriste tira sa reverence voila tout juste vingt ans…
Avec ce chenapan dont la bouille d’ado attarde semblait toujours sur le point de commettre une vilaine farce, rien n’etait interdit. A l’epoque, l’expression politiquement correct ne savait pas encore qu’elle allait naitre.

  • La revue de presse Christian Authier – Le Figaro du 13 mars 2008

Peut-etre n’aurait-il pas aime la celebration et les hommages dont il est aujourd’hui l’objet, mais, vingt ans apres sa disparition, Pierre Desproges demeure un artiste dont la liberte de ton nous manque…
Le merite de l’imposant volume intitule Tout Desproges qui reunit tous ses ecrits est de montrer qu’il etait d’abord un homme de lettres. De ses debuts a L’Aurore, dans les annees 1970, ou sa rubrique En bref revisitait depeches d’agences et faits divers a la sauce Dada, a son premier livre, Manuel de savoir-vivre a l’usage des rustres et des malpolis, en passant par son unique roman, Des femmes qui tombent, la coherence et la singularite de son univers impressionnent. Gout de l’absurde, noirceur et violence du trait, regard melant observation du reel et decalage poetique : le style Desproges va bien au-dela des formules (On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui, Noel au scanner, Paques au cimetiere) et des audaces declinees par des epigones moins doues…
Face aux belles ames, aux vaniteux, aux mievres, aux precieux ridicules, Desproges maniait l’eclat de rire salvateur. Un rire a la fois aristocratique et populaire qui continue de resonner.

  • Les courts extraits de livres : 17/03/2008

Les bonnes manieres a la guerre

Quand un Inferieur croise un Superieur, l’Inferieur doit saluer le Superieur.
Cette charmante coutume s’appelle le salut. Pour saluer, l’Inferieur porte sa main droite la, en mettant les doigts comme ca. Quand un Superieur entre dans la chambre d’un Inferieur, ce dernier doit saluer en bombant le torse. S’il n’a plus de torse, comme cela arrive a la guerre, il doit bomber les genoux, ou n’importe quoi de bombable. C’est la position du garde-a-vous. Dans le garde-a-vous, on doit mettre le petit doigt sur la couture du pantalon, et les pieds comme ca.
Attention : avant de saluer un Superieur, il faut etre sur que c’est un Superieur. Un Superieur est un Grade. Un Grade se reconnait au nombre de ses burettes. Plus le Grade a de barrettes, plus le salut doit etre servile.
Le salut est tres joli. L’Inferieur doit y mettre beaucoup de respect pour le Superieur, sauf en cas d’attaque thermonucleaire, ou le salut pourra etre effectue un peu plus vite.
Apres le salut, il arrive que le Superieur s’adresse a l’Inferieur. Celui-ci doit alors repondre en tournant humblement son beret dans ses doigts gourds.

A un general, on dit mon general. A un colonel, on dit mon colonel.
A un adjudant, on dit mon adjudant.
A un deuxieme classe, on dit ta gueule, a condition d’etre adjudant.

L’ennemi : pour quoi faire ?
A la guerre, l’ennemi est tres important, pour ne pas dire irremplacable. C’est meme l’element le plus totalement irremplacable de la guerre.
En cas de penurie de tromblons, on pourra avantageusement s’entretuer au glaive, au bazooka, a l’energie nucleaire, voire a coups de microbes pathogenes. Car les armes, Dieu merci.
– Y a pas de quoi !
– Mais si, mais si. Car les armes sont remplacables. Mais pas l’ennemi.
Sans l’ennemi la guerre est ridicule.
Une guerre sans ennemi c’est comme un match de football sans ballon : l’homme ne sait sur qui taper, et il s’etiole, et il se ravale bientot au rang de la bete, et c’est ce qui s’appelle la paix, du nom de la rue du meme nom, qui est d’ailleurs elle-meme assez souvent ravalee.

Comment reconnaitre l’ennemi ?
Il est tres important de reconnaitre l’ennemi. Un ennemi qu’on ne reconnait pas, c’est comme pas d’ennemi du tout, j’en fremis rien que d’y penser.
Le genera] Gamelin, qui faillit mourir a la guerre, avait coutume de dire a sa soubrette Josiane, dont il n’a jamais reconnu l’enfant qu’il lui fit : Un homme qui ne reconnait pas l’ennemi est un con. Apres quoi, il avait coutume de lui faire un autre enfant qu’il ne reconnaissait pas non plus.

Voici quelques criteres de base permettant a coup sur de reconnaitre l’ennemi :
L’ennemi est bete : il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui ! J’en ris encore !
L’ennemi a des oreilles.

L’ennemi n’est pas contagieux. D’accord, mais il est hereditaire.
L’ennemi est sournois : quelques fois l’ennemi est dans l’escalier, pour faire croire que c’est la concierge qui revient de suite.