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Tout le miel est fini ; voyages en Sardaigne

Auteur : Carlo Levi

Si la Sardaigne est une terre où, comme le dit Carlo Levi, quelques minutes suffisent pour voyager à travers des dizaines de siècles, si un élément obstinément archaïque affleure de sa nature et de son quotidien, en elle cohabitent une apparente immobilité hors du temps et les bouleversements les plus profonds de l’histoire du XXe siècle. Bergers, paysans, ouvriers, intellectuels, bourgeois, clercs, fonctionnaires, ce sont autant de mondes proches et séparés, entre frictions marginales et déplacements, dans une période instable, active, où la fixité compacte de la coutume s’est brisée, et différents modes d’existence se trouvent côte à côte, comme juxtaposés, si bien qu’à un visiteur pressé, immergé dans ces présences et ces distances, il peut arriver de se sentir, ou de s’imaginer, comme le fragment incohérent, parmi d’autres, d’une vie où des temps extraordinairement lointains semblent s’écouler ensemble sous le même soleil, sous le même regard noir des animaux.