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Tout le monde s’en va

Auteur : Wendy Guerra

Traducteur : Marianne Millon

Date de saisie : 09/04/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : La cosmopolite

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-234-06035-7

GENCOD : 9782234060357

Sorti le : 09/04/2008

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L’Alinea (Martigues)Dialogues (Brest)Durance (Nantes)Maison du livre (Rodez)Mollat (Bordeaux)Ombres Blanches (Toulouse)Sauramps (Montpellier)Thuard (Le Mans)

  • Le choix des libraires : Choix de Philippe Bernadou de la librairie DELOCHE a MONTAUBAN, France (visiter son site) – 02/08/2008

C’est le journal que tient Nieve a deux periodes de sa jeune vie, dans les annees 80 a Cuba.
Au debut elle a 10 ans, est ballottee entre une mere artiste et un pere theatreux et violent. C’est l’occasion de rentrer au coeur du systeme social cubain, et de voir l’importance de l’entraide, des reseaux de voisinage, de la debrouille.
Dans la seconde partie, Nieve a 15 ans et s’eveille a toutes les revoltes : politique, artistique, sensuelle et sexuelle, avec une soif de vivre que rien ne semble pouvoir moderer. Mais voila, “tout le monde s’en va”, et Nieve reste la “condamnee a l’immobilite perpetuelle”.
Ecrit de l’interieur meme de Cuba par une jeune poetesse (mais publie en Espagne), ce livre est a la fois un temoignage bouleversant et une oeuvre litteraire enthousiasmante.

  • Les presentations des editeurs : 03/04/2008

Mami dit qu’a l’epoque il n’y avait plus de magasins ouverts, ni de chocolat chaud, ni de jouets, ni de layette, ni de carnavals. Tout n’etait que silence et stupeur. Irrealisable, alors, la recolte de la canne a sucre des dix millions de tonnes ; la vie fut reportee a plus tard. Seul restait le froid humide de la mer, et pensant aux Europes et aux lettres des amis qui y etaient partis, elle decida de m’appeler Nieve, neige comme on dit en francais. Je ne le lui pardonnerai jamais. Je me suis toujours sentie ridicule avec ce prenom. Tous les etes, quand je nageais loin, j’entendais le Nieve, Nieve, Nieve ! de ma mere depuis le rivage. Une fois sur le sable chaud je voulais me dissoudre de honte. Avec cette chaleur, qui songe a donner ce prenom a une fillette a Cuba ?

Alors que tout le monde s’en va pour un ailleurs fantasme, Nieve grandit sur l’ile, dans la Cuba des annees 1980, consignant dans son journal intime les evenements marquants de son existence. Depuis son enfance tiraillee entre des parents bohemes qui se dechirent jusqu’au premices de sa vie de femme, c’est un itineraire personnel, poetique et sans fard, qui se dessine alors. Celui d’une jeune fille pour qui les experiences amoureuses vont participer de l’eveil d’une sensibilite artistique comme d’une conscience politique. La pulsion creatrice bat au coeur de ce recit, comme possibilite d’accomplissement mais aussi de resistance, alors que tout le monde s’en va.

Wendy Guerra est nee a La Havane en 1970 et y reside actuellement. Tout le monde s’en va a ete percu par El Pais comme le meilleur roman de langue espagnole en 2006. Outre sa collaboration a diverses revues, Wendy Guerra est reconnue a Cuba pour son oeuvre poetique.

Nieve appartient a la lignee de ces jeunes filles diaboliquement angeliques de la litterature moderne. Essentiellement de la litterature francaise du XXe siecle, qui va de la rebelle Claudine de Colette a la perverse narratrice de L’amant de Duras. Sans oublier les Journaux de l’apatride Anais Nin, auteur veneree par Wendy Guerra.

  • La revue de presse – Le Monde du 4 juillet 2008

C’est un voyage interieur nourri des pensees, des sensations, des coleres et des souffrances d’une petite fille qui espere grandir, devient adolescente, puis femme apres une premiere nuit d’amour, son “bapteme du feu”. C’est aussi un voyage a l’interieur d’une ile magique et desolee, au regime absurde et brutal, Cuba. L’heroine, la narratrice, s’appelle Nieve – la neige en espagnol. Drole d’idee, alors que la seule neige qu’on connaisse la-bas est celle des televiseurs a la fin des programmes. L’auteur, elle, se prenomme Wendy, comme la Wendy de Peter Pan, autre drole d’idee sous le soleil des tropiques. Nieve et Wendy se ressemblent surement, mais qu’importe. Ce qui compte, c’est que Tout le monde s’en va, de la Cubaine Wendy Guerra, nee en 1970, est un splendide roman. Son premier…
Tout le monde s’en va n’a pas ete publie a Cuba, mais d’abord en Espagne, en 2006, ou il a recu le prix Brugera et ou le quotidien El Pais l’a designe “meilleur roman de l’annee”. Il a connu un enorme succes en Amerique latine. C’est lors d’une signature au Chili, en 2007, que Wendy Guerra a vu pour la premiere fois la neige : “J’en ai pleure”, nous a-t-elle confie lors d’un recent sejour a Paris.

  • La revue de presse Andre Clavel – Lire, juin 2008

Un temoignage sous la forme d’un journal par une jeune romanciere cubaine qui a choisi la resistance…
On est frappe par l’authenticite de ce journal, compose sous l’etouffoir d’un regime ou triomphe le mensonge : Nieve ecrit d’abord avec la naivete de son age et puis, au fil des annees, sa prose murit, gagne en rigueur et en lucidite politique…
Quand tout le monde s’en va, Wendy Guerra, elle, reste. Pour temoigner. Son livre est un acte de resistance. Et un pied de nez aux dinosaures castristes.

  • La revue de presse Astrid Eliard – Le Figaro du 17 avril 2008

Journal intime d’une jeune rebelle dans le Cuba de la guerre froide, ce premier roman de Wendy Guerra revele une voix prometteuse…
Le journal de Nieve est une enclave de liberte et de poesie dans un pays musele, un territoire ou elle peut enfin echapper aux intrusions de la politique, recopier les vers de ses auteurs preferes avant d’y noter les siens. Dans la prose de Nieve, le temps file vite, comme dans un sablier. Le mur de Berlin s’effondre, on brandit la glasnost sur les decombres de l’URSS, mais a Cuba, les murs tiennent bon. Des qu’ils le peuvent, les artistes embarquent pour le monde libre. Nieve aussi voudrait partir, elle et sa mere ont les bras fatigues de dire adieu. Il n’existe qu’un ailleurs pour Nieve : son journal, qui a vu la naissance d’une jeune femme, d’une poetesse et d’une resistante.

  • Les courts extraits de livres : 03/04/2008

J’ignore quand j’ai songe a quitter l’enfance.

J’ai paye tres cher le fait de grandir seule alors que tous quittaient l’ile. Ils m’ont abandonnee progressivement ; aujourd’hui, je ne peux pas me comporter comme une femme ordinaire, je suis hors du monde. Les outils que l’on m’a donnes ne me servent a rien, je vis refugiee dans mon Journal, et je ne peux etre moi-meme qu’entre ses pages. La, j’ai toujours ete adulte ; je feignais d’etre une enfant mais ce n’etait pas vrai : trop adulte pour le Journal, trop enfant pour la vie reelle.
Des que j’ai su lire et ecrire, je me suis confessee entre ses pages. J’esperais grandir, je prenais ma respiration et j’ecrivais en cachette pour m’assurer l’exorcisme dans une issue que je n’ai pas encore trouvee. Aujourd’hui, je suis incapable de comprendre ce qu’on attend de moi. J’ai lache des morceaux dans divers lieux jusqu’a celui ou l’on m’a trainee et maintenant je ne sais comment reconstituer mon monde eparpille tel du sable sur mon propre territoire.
Mes parents ne sont plus la, ils sont partis peu a peu. Mais, dans cet etat d’orpheline, ils pesent plus lourd sur ma vie qu’auparavant avec leurs anciens reglements. Cienfuegos, la ville de mon enfance, m’intimide ; le dossier de ma mere, l’epoque du proces visant a obtenir ma garde, mon propre dossier.
La lecture de mes Journaux d’enfance et d’adolescence a represente un voyage vers la douleur. Elle m’a retournee comme un gant, mais a l’interieur du gant j’ai decouvert la soie, celle que je n’avais jamais remarquee parce que je m’etais contentee de tanner le cuir en surface pour supporter les coups de ces dernieres annees. Le gant fit office d’instrument de boxe et je ne suis pas tombee, j’ai tenu dans le miracle de qui en rechappe par hasard, avec la cuirasse d’un autre.
Naitre a Cuba a consiste a ressembler a cette absence du monde a laquelle nous nous soumettons. Je n’ai pas appris a utiliser une carte de credit, les distributeurs automatiques ne me repondent pas. Une correspondance entre deux avions, d’un pays a l’autre, peut me faire perdre le controle, me disloquer, me couper le souffle. Dehors, je me sens en danger, dedans, je me sens confortablement prisonniere.
J’ignore quand j’ai permis qu’on me prenne tout et qu’on me laisse seule, nue, le Journal dans une main et un baton de rouge a levres dans l’autre, essayant de me maquiller la bouche d’un rouge qui semble trop fonce pour cet age indefini.