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Trop de mains dans le sac

Auteur : Charlie Huston

Traducteur : Wiliam Olivier Desmond

Date de saisie : 01/04/2008

Genre : Policiers

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Thriller

Prix : 18.50 / 121.35 F

ISBN : 978-2-02-094666-7

GENCOD : 9782020946667

Sorti le : 27/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Waouh ! Brutal, visceral, violent… brillantissime
Harlan Coben

Un des plus remarquables stylistes dans la traditio, du noir
Stephen King

Une blessure ayant mis fin a sa carriere de joueur de base-ball, Henry Thompson s’installe a New York. Il y devient barman et si alcoolique qu’il faut lui oter un rein.

Un jour, son voisin de palier lui demande de lui garder son chat juste pour quelque temps. Bien qu’il ne raffole pas de ces animaux, Henry accepte. Au fond, il est gentil. Il aurait mieux fait de ne pas l’etre… Aussitot, ce sont les ennuis et les violences qui commencent : rosse par des mafiosi russes aussi betes que vulgaires, des voyous tres soupe au lait et un flic new-yorkais corrompu jusqu’a la moelle, Henry se retrouve pris dans une bagarre dont il ne saisit pas l’enjeu pendant que tous s’acharnent sur lui. Dur, tres dur… Sauf qu’ici, les coups, meme s’ils ramollissent la cervelle, aident a comprendre. Voire a triompher.
Ne a Oakland et mordu de theatre, Charlie Huston a ete barman avant de devenir ecrivain. Il habite a New York avec son epouse, l’actrice Virginia Louise Smith.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par William Olivier Desmond

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

J’ai mal aux pieds. Le cauchemar me carillonnant encore dans la tete, j’avance d’un pas trainant sur le plancher froid et un peu poussiereux. A moitie ivre, besoin de pisser. Je ne sais trop si c’est l’envie de pisser ou le cauchemar qui m’a reveille.
Mes chiottes sont un peu plus petites que des gogues ordinaires. Assis sur le siege, je m’appuie du front contre le mur. L’envie de pisser m’a donne la trique et si j’essaie de faire ca debout, je vais en foutre partout. Je parle d’experience. Sans compter que mes pieds me font mal.
Ca me prend un certain temps. Quand j’ai fini, c’est tout juste si je ne dors pas deja. Je me leve, tire la chasse et reprends laborieusement la direction du lit. En chemin, les dernieres gouttes coulent sur ma cuisse. Je ramasse une chaussette sale qui traine par terre, m’essuie et jette la chaussette dans un coin.
Je me coule a nouveau sous les couvertures et cherche une position confortable. A peine suis-je gagne par le sommeil que le cauchemar reprend dans ma tete. Je me force a rester reveille pour l’empecher de s’installer. J’evoque des choses joyeuses. Je pense a un chien que j’ai eu autrefois. Je pense a Yvonne. Je pense au base-ball : de longues parties nonchalantes, une biere fraiche dans le gobelet en plastique la, entre mes cuisses, les ecorces de cacahuetes qui craquent sous mes semelles. Les balles hautes qui passent par-dessus la tete des voltigeurs. La superbe aisance avec laquelle la balle… Non ! Grosse erreur ! Surtout pas le base-ball ! Le cauchemar rapplique a toute pompe. Bon. Je pense a la maison. La maison, c’est efficace, et je commence a replonger dans le sommeil. Et ce n’est qu’a cet instant, celui ou enfin je me rendors, que je prends conscience du sang que j’ai vu sur ma chaussette quand je me suis essuye la cuisse, le sang qu’il y avait dans mon urine. Et je dors.

Ces elements sont sans rapport : mes pieds douloureux, le cauchemar, le sang. Cela fait des annees que j’ai mal aux pieds a cause de mon boulot. Des annees aussi – la moitie de ma vie – que je fais ce cauchemar. En revanche, le sang dans mon urine est une nouveaute, meme si je sais exactement d’ou il vient.
Il vient de la raclee que m’ont donnee deux types, hier soir. Hier soir, c’est-a-dire plusieurs longues heures avant que le cauchemar ne me reveille. Et quand je dis qu’ils m’ont donne une raclee, il faut l’entendre litteralement. C’etait gratuit. Et j’ai eu de la chance : ils avaient de petites mains, tous les deux. Allez comprendre : deux grands baraques avec des mains minuscules. Ce sont des choses qui arrivent. Comme ils ne voulaient pas abimer leurs petites mains delicates sur ma figure, ils m’ont frappe sur tout le corps. Ca s’est passe en un rien de temps : quelques coups de poing bien ajustes au ventre et aux cotes et je suis tombe. Avant de recevoir deux coups de botte dans les reins. C’est de la que vient le sang.
Le reveil sonne. Huit heures. A present que l’alcool a cesse de faire son effet, j’ai mal partout. Mais ce sont mes pieds qui me tuent. Je retourne pisser et ca ne rate pas : encore du sang. Je me brosse les dents et passe sous la douche. Les bleus s’etalent un peu partout sur mon buste et s’etendent. L’eau chaude me fait du bien. Je la laisse couler, vais me chercher une biere au frigo en laissant une piste degoulinante derriere moi, et reviens sous la douche. L’eau me fait du bien, mais la biere est encore mieux. Elle attenue ma gueule de bois, chasse les brumes de ma biture d’hier soir et me rend a la vie. Avec le gant de toilette, je me nettoie delicatement les pieds.
Une fois hors de la douche, je finis ma biere tout en me coupant les ongles des orteils. Tres court, en prenant bien soin de ne laisser aucun debris dans les coins. Je finis par trouver une paire de chaussettes propres et sans trou et m’habille. Puis je prends la direction de la porte. C’est l’heure du petit dej.
Dans le boui-boui, je me paie des oeufs au bacon, que j’accompagne d’une autre biere. La premiere etait bonne, mais la deuxieme est encore meilleure. J’en suis a la troisieme semaine d’une sacree bordee et les deux premiers verres de la journee sont toujours les meilleurs. Il vaut mieux que j’attaque a la biere parce que j’embauche tard a mon boulot. Si je tape trop fort trop tot, je risque de bavouiller des le debut de mon quart. Je sirote ma biere, mange mon rata et consulte la page des sports.