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Tuez-les tous. et vos enfants avec ! : histoire d’un foyer de semi-liberte de 1950 a 1983 par ceux qui l’ont vecue

Auteur : Jean-Claude Walfisz

Preface : Renaud Chazal de Mauriac | Rene L Lenoir

Postface : Joe Finder Joe Finder

Date de saisie : 15/03/2007

Genre : Societe Problemes et services sociaux

Editeur : Jeunesse et droit, Liege, Belgique

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-930176-58-1

GENCOD : 9782930176581

Sorti le : 15/03/2007

  • Le courrier des auteurs : 21/05/2007

Peut-on imaginer aujourd’hui, au 21eme siecle, qu’il ait pu exister un foyer d’accueil de jeunes en difficulte, pour la plupart delinquants, dans lequel ceux-ci n’etaient pas enfermes, pouvaient meme sortir librement a tout moment, aller a l’ecole ou ne pas y aller, travailler ou ne pas travailler, meme s’y sentir heureux ? Je crains que non ! Je suis convaincu que le lecteur ne me croit pas. J’entends ses arguments : ce n’est pas en laissant un jeune delinquant libre d’aller ou il veut qu’on l’empechera de recommencer ! Et il faut bien le punir ! Il faut bien proteger la societe !
Ou alors, ce ne sont pas de vrais delinquants !.

Et si c’etait vrai ! Et s’il n’y avait pas d’autres alternatives ! Et si ces nouveaux centres fermes avec vingt-sept adultes dont trois educateurs pour cinq enfants de 13 a 16 ans ne servaient a rien, sinon a rassurer pendant quelque temps la population ! Comme me l’expliqua un juge pour enfants en retraite dont on trouvera le temoignage a la fin de mon livre : Des enfants y entrent et des fauves en sortent !. Et si donc, pour une fois, une vision humaniste, fondee sur l’affectivite et la comprehension, avait ete plus efficace que la repression !

C?est l’histoire de ce foyer de semi-liberte, le Centre Familial de Jeunes
(CFDJ) de Vitry-sur-seine, que j’ai eu envie de raconter dans ce livre.

Jean-Claude Walfisz

  • Les presentations des editeurs : 21/05/2007

Pour ce qui concerne ma motivation consciente a ecrire ce livre, il y a certainement un agacement, voire une revolte face aux tendances actuelles a un retour aux centres fermes.
Et aussi le besoin de raconter ce que nous avons vecu comme exemple de ce qu’il faudrait faire pour aider des jeunes en difficulte a ne pas finir leurs jours en prison, de mettre en parallele la nullite des projets actuels avec le serieux du travail du CFDJ de Vitry sur Seine, un foyer dit de semi-liberte qui a ete pendant trente ans la vitrine de l’Education surveillee.
Peut-on imaginer aujourd’hui qu’il ait pu exister un foyer d’accueil de jeunes en difficulte, pour la plupart delinquants, dans lequel ceux-ci n’etaient pas enfermes, pouvaient meme sortir librement a tout moment, aller a l’ecole ou ne pas y aller, travailler ou ne pas travailler, meme s’y sentir heureux ? Peut-on imaginer que des adolescents condamnes, pour certains des la naissance, a finir en prison ou en asile psychiatrique puissent aujourd’hui mener une vie d’adulte responsable a la suite d’un sejour de quelques annees dans un lieu de tolerance et d’humanite ?

Jean Claude Walfisz

  • Les courts extraits de livres : 25/05/2007

LES ANNEES 1955 – 1960

En 1955, le Centre familial des jeunes (CFDJ) est deja une veritable institution. L’etablissement commence a recevoir des stagiaires d’ecoles de formation de travailleurs sociaux, une grande majorite d’entre eux venant des Etats-Unis. C’est aussi le debut de visites de grands de ce monde : medecins, cineastes, artistes, un ministre de la culture, et meme l’epouse d’un president de la Republique.

Le club electronique sort un premier disque 45 tours. Le club possede un graveur de microsillons ! La guitare devient instrument numero un du club de musique, peu a peu, le foyer s’agrandit. Des anciens ont construit dans la cour un pavillon de depannage pour l’hebergement d’autres anciens en difficulte.

Un nouveau batiment est egalement construit. Ughetto avait appele la premiere maison, par allusion aux ecrits bibliques, Egypte, le nouveau s’appellera Canaan. L’institution peut accueillir desormais vingt et un jeunes. Ils organisent un premier Sociodrame public dans l’Oise…

Faute de places pour les trop nombreuses familles, il aura lieu dans l’eglise du village.

Trois pensionnaires de cette epoque

Hubert

Je l’ai connu, il y a plus de quarante ans. Il revenait voir les petits jeunes dans les annees soixante. Quand je lui ai telephone, il s’est souvenu de moi. Il me donne rendez-vous dans son appartement d’une cite HLM, a cinq minutes de notre ancien foyer. Hubert est aujourd’hui en retraite et consacre ses loisirs a la peinture. Il n’a jamais quitte la ville de Vitry-sur-seine. Il est ne il y a 62 ans. Il y avait huit enfants dans sa famille. Au depart, ils vivaient en Normandie, dans un petit bourg. Sa mere etait femme de ferme, son pere etait paysan. Il est mort juste apres la guerre. Hubert ne l’a pas connu. Sa mere se remarie, mais decede en mettant au monde la derniere fille. Hubert a douze ans. Il se retrouve avec ses freres et soeurs a la charge du beau-pere :
On etait quatre de mon pere, et quatre enfants du beau-pere. C’etait l’enfer, la maltraitance…Moi, j’etais toujours contre le beau-pere. J’etais livre a moi-meme dans la rue, Boulevard de l’Hopital, les Gobelins, on faisait des conneries… des bagarres, reglements de compte entre bandes.