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Un chien mort apres lui

Auteur : Jean Rolin

Date de saisie : 12/02/2009

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Fiction

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-84682-167-4

GENCOD : 9782846821674

Sorti le : 08/01/2009

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  • Le choix des libraires : Choix de Clo Brion de la librairie VANDROMME a LES VANS, France – 14/01/2009

Suivant la trace de chiens errants aux quatre coins du monde, le dernier livre de Jean Rolin se savoure comme une invitation au voyage, bien loin des cliches touristiques ! Du Turkmenistan au desert australien via Moscou, Miami, Bangkok et bien d’autres, l’auteur nous conduit dans l’errance, tant des chiens que des hommes et leurs desordres partages a voir de l’autre cote du miroir.
De ces chroniques mosaiques ou se cotoient avec bonheur Flaubert, Malaparte, Lowry, specialistes de canides, cireur de chaussures, gardiens de cloture, terrains vagues, ports, palais, decombres et autres places desertes, les chiens feraux (ceux qui errent en toute liberte, sans domicile, sans maitre ni puce… electronique !) sortent de l’ombre, agressifs ou indifferents, rhetoriques ou reels, bien ou plutot maltraites, sous le regard attentif quoique parfois apeure mais plein d’humour d’un ecrivain restant lui-meme un electron libre.

  • Les presentations des editeurs : 27/12/2008

Au debut de Moby Dick, Ismahel, sur le point d’embarquer, observe que le capitaine du Pequod porte le nom d’un roi biblique qui etait fameusement impie, et dont le corps fut livre aux chiens. Nombreux sont les heros de la guerre de Troie qui n’echapperent que de justesse au meme sort. Ainsi les rapports entre l’homme et le chien ne se bornent-ils pas a cette gentille histoire, aux circonstances controversees, de la domestication de l’un par l’autre : autant que la litterature universelle, les chiens errants sont la pour le prouver. Et c’est sur les traces de ces derniers – a moins que ce ne soit pour les fuir – que l’auteur d’Un chien mort apres lui parcourt le monde, depuis des banlieues de Moscou jusqu’aux confins des deserts australiens.

  • La revue de presse Marianne Payot – L’Express du 12 fevrier 2009

Las ! car, pour peu que vous disposiez d’un peu de temps – tout comme son ecriture, l’homme est sujet aux delicieuses digressions – Rolin est un tres bon client. Capable de vous entrainer au bout du monde un jour de grand froid parisien, a la poursuite de ces fameux chiens errants dont il a fait le fil conducteur de son dernier livre…
Jean Rolin est un obsessionnel, un tetu, qui, pour les besoins de sa quete, arpente, carte a la main, les villes des cinq continents, se fait conduire, lui, l’homme sans permis, dans des quartiers glauquissimes par des taxis de plus en plus recalcitrants, lit essais, romans, recits a satiete. De ce materiau inepuisable il aurait pu, nous confie-t-il en souriant, tirer une these. Le voila a la tete d’un ouvrage au genre inclassable – comme toute son oeuvre – mais a la beaute imparable.

  • La revue de presse Alain Nicolas – L’Humanite du 29 janvier 2009

Les chiens errants, laches, abandonnes par l’homme, sont partout, de toutes les epoques, sous toutes les latitudes…
Tout en sachant qu’il y a toujours une part de souci demonstratif dans les plus realistes des recits, il s’attache a la recherche la plus precise de la situation concrete des chiens feraux, allant jusqu’a faire le voyage sur des lieux ou certains comportements ont ete decrits des annees auparavant. Il part a la recherche du chien chanteur de Nouvelle-Guinee, suit les chasseurs de dingos en Australie. Parfois, comme au Liban, l’itineraire se confond avec celui du correspondant de guerre. Souvent, et c’est la matiere la plus riche du livre, il s’agit de simplement de faire le point sur l, face au probleme, des humains concernes. Comme on le devine, elle oscille entre eradication (massacre plus ou moins controle) ou sterilisation, avec des degres divers d’enthousiasme ou de resistance des populations. C’est peut-etre la que git tout le talent de Rolin, qu’il donne a lire l’essentiel : du chien libre luttant pour sa survie ou du barbare humain le contraignant a montrer les dents, qui est le plus feroce ?

  • La revue de presse Philippe Lancon – Liberation du 22 janvier 2009

La liberte inquietante et deplacee de ces animaux, qu’ils soient solitaires ou en meute, appartient plutot a la nuit, a la mort, aux ruines, aux cadavres qu’ils devorent en se les disputant comme dans le songe d’Athalie, ou, plus simplement, au vide et a la jachere humaine. Ils nous informent sur la vie des hommes de meme que Moby Dick, cite a plusieurs reprises. Rolin les utilise d’ailleurs comme Melville sa baleine blanche : moins comme pretextes que comme obsession et probablement symboles de sa propre facon d’envisager le monde, ils ne paraissent dormir, aboyer ou mordre, que pour mieux reveler un tableau inattendu, et au desespoir plein de tact, d’Edward Hopper…
La maniere dont il les (et se) decrit dans leur environnement est a la fois minutieuse et liquide : la scene canine baigne dans la lenteur des phrases comme un souvenir dans une conscience infiniment sensible et solitaire. Elle se decompose et se recompose par les mots, appositions, conjonctives, et leurs elegants detours finissent par ressusciter non pas le temps, mais l’humanite – momentanement – perdue.

  • La revue de presse Frederic Ferney – Le Point du 15 janvier 2009

Des la premiere phrase, on est ailleurs : A peine etions-nous installes a l’hotel Kasar que nous y avons recu la visite des flics. L’hotel Kasar est situe a Turkmenbachy, sur le littoral de la mer Caspienne. Rolin aime les confins, les boulevards peripheriques, et surtout les ports, quand ils sont immobiles, disgracies, industriels. Il y a toujours un cafe dans le coin ou il trinque avec des gens qui se taisent et baissent les yeux devant une bouteille, ouvriers, aventuriers, conteurs marginaux et grises de songes. Rolin tend l’oreille : il sait qu’on boit non pas pour oublier mais pour se souvenir.

  • La revue de presse Raphaelle Rerolle – Le Monde du 8 janvier 2009

Depuis longtemps donc, ce baroudeur obstine vagabonde a contre-sens, entre l’endroit et l’envers du decor. Qu’il se balade le long du peripherique parisien (La Cloture, POL 2002, livre formidable), ou dans les terrains vagues et les ruelles boueuses des pays les plus eloignes, Rolin fait surgir des paysages et des personnages, la ou le neant semblait roi. Par la force de son ecriture et par celle de son regard, il met en evidence l’intensite troublante, mais surtout la singularite de ces espaces et de leurs occupants. Y compris les derniers des derniers, partout pourchasses, meprises, redoutes : les chiens errants…
A travers les chiens et la maniere dont on les (mal) traite, Rolin saisit toute une humanite passagere, a la fois ephemere et profondement vivante. Des anciens revolutionnaires haitiens jusqu’aux touristes allemands, au cireur de chaussures mexicain Juan Chavez ou aux vendeurs ambulants (sorte de pendants humains des chiens errants), l’ecrivain dessine un panorama de l’errance. Lui-meme se deplace d’une piece a l’autre de la mosaique, d’un genre a l’autre (etude, enquete, fiction, journalisme) en toute liberte, ne craignant ni l’irreverence ni les reflexions politiquement incorrectes. Normal, les creux du monde sont faits pour ca : abriter les chiens errants et les ecrivains sans laisse ni collier.

  • La revue de presse Marie de Cazanove – La Croix du 7 janvier 2009

Tanzanie, Australie, Chili, Haiti, mais aussi Moscou, Bangkok, Le Caire, Mexico… Rolin mene ses recherches partout ou il le peut. Avec la subjectivite qui lui est propre, l’ecrivain pratique l’art de la digression, evoque ses rencontres, ses lectures (pas toujours sur les chiens). Le voyage se fait pretexte a la reverie ; ou l’on lira, par exemple, que, profitant d’une conference donnee a Baltimore, il poussera jusqu’a Washington ou, devant la Maison-Blanche, il lui semblera apercevoir George W. Bush lui adresser un bref salut de la main. Car ce recit, ponctue d’une bonne dose d’autoderision, ne manque pas de faire rire de ce drole de bonhomme parcourant la planete sur les traces de ce qui l’effraie.

  • La revue de presse Nathalie Crom – Telerama du 7 janvier 2009

…comme c’est toujours le cas avec Jean Rolin, la dimension tragique n’est qu’une composante – essentielle et secrete, donnant au livre sa tonalite tout ensemble primordiale et souterraine, affleurant a chaque page comme, dans un paysage, le mineral souvent se laisse deviner sous le tissu vegetal ou urbain…
Anti-heros revendique, badaud faussement desinvolte, empathique et ironique, foncierement assidu et minutieux, il observe, ecoute et prend des notes. Attentif aux vies minuscules des individus et aux sagas collectives, aux chiens et aux hommes – aux rivalites meurtrieres et aux connivences inattendues qui, entre eux, ne cessent de se nouer. Laissant monter en lui aussi les reminiscences de mille lectures, ou des pages de Gustave Flaubert et de Vassili Grossman se melent a celles d’etudes canines bien plus prosaiques. Tissant avec tout cela un recit formidable, tout a la fois bouleversant et porte par une drolerie magnifique – l’humour parmi les ruines.

  • La revue de presse – Le Nouvel Observateur du 24 decembre 2008

Pour son nouveau recit, une passionnante enquete sur les chiens errants a paraitre le 8 janvier chez POL, l’ecrivain voyageur a sillonne la planete. C’est l’un des evenements de la rentree…
Du comportement general du chien errant, on tirera, avec Jean Rolin, cette conclusion d’abord qu’il est, notamment dans les pays en guerre, un auxiliaire du desastre. Sa condition varie selon les hemispheres…
c’est le principal enseignement de son recit que de montrer que l’homme, dans les contrees ou ces canides sans foi ni loi pullulent, mene aussi une vie de chien…
C’est drole, saisissant, passionnant. Mordant ?

  • Les courts extraits de livres : 19/12/2008

A peine etions-nous installes a l’hotel Kasar que nous y avons recu la visite des flics. Cela se passait dans les dernieres annees du XXe siecle, a Turkmen-bachy – autrefois Krasnovodsk – sur le littoral de la mer Caspienne. Nous occupions sur le meme palier trois chambres separees, d’un niveau de confort plutot carceral qu’hotelier. Peu de temps avant l’arrivee de la police, je m’etais rendu dans la chambre de l’interprete afin de lui regler son du. L’interprete avait des yeux verts, ou noisette, et de longs cheveux d’un roux tres sombre, peut-etre de cette nuance que l’on dit acajou. Nous l’avions recrutee quelques jours auparavant a Achgabat, la capitale du Turkmenistan, parmi le personnel plus ou moins polyglotte de la reception d’un grand hotel : un etablissement beaucoup plus luxueux que le Kasar, pour le coup, et auquel il ne manquait que quelques clients pour ressembler a n’importe quel hotel de la meme categorie dans n’importe quelle capitale. Ce luxe, au moins apparent, et cette vacuite, communs a la plupart des hotels d’Achgabat, eveillaient aussitot l’idee que leur destination n’etait pas d’accueillir des visiteurs, ou tres secondairement. Quant au personnel, son abondance etait inversement proportionnelle a celle des clients. Rien qu’a la reception de celui-ci, on devait compter une dizaine de personnes, parmi lesquelles mon choix d’un interlocuteur s’etait porte sans hesitation sur la jeune femme aux cheveux d’un roux sombre, et dans le meme mouvement je lui avais propose de nous servir d’interprete pendant la duree de notre sejour dans le pays. Et le plus etonnant, c’est qu’elle avait accepte presque aussitot, sans soumettre a l’examen qu’elle meritait, a mon avis, cette proposition si abrupte, emanant de deux types dont elle ne savait rien, sinon qu’ils venaient de loin et qu’ils pretendaient recueillir des informations sur les variations du niveau de la mer Caspienne.