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Un homme tres recherche

Couverture du livre Un homme tres recherche

Auteur : John Le Carre

Traducteur : Isabelle Perrin | Mimi Perrin

Date de saisie : 16/10/2008

Genre : Policiers

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 21.80 / 143.00 F

ISBN : 978-2-02-098051-7

GENCOD : 9782020980517

Sorti le : 16/10/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Jacques Griffault de la librairie LE SCRIBE a MONTAUBAN, France (visiter son site) – 18/12/2008

Quel plaisir de retrouver Le Carre au mieux de sa forme ! Je dois avouer que je n’avais pas retrouve dans ses derniers romans le grand plaisir de lecture que j’avais connu avec “La Taupe”, “Comme un collegien” ou bien sur “L’espion qui venait du froid”. Dans “La Constance du jardinier” ou il s’en prenait violemment aux multinationales pharmaceutiques j’avais ete gene par une sorte de militantisme manicheen qui appauvrissait l’interet du roman.
Rien de tel ici ou l’auteur met en scene ce qu’il connait le mieux : la condition ambigue de l’agent secret. Outre cette ambiguite – ici au Carre ! – on retrouve tout ce qui fait la force de l’auteur : une intrigue passionnante avec de frequents revirements, la connaissance intime du monde de l’espionnage, la verite des lieux, des personnages tres fouilles, la capacite d’entremeler les evenements internationaux et la vie quotidienne des gens.
Un jeune refugie musulman russo-tchetchene echoue a Hambourg – ville qui a accueilli, a son insu, trois des terroristes du 11-septembre – porteur d’un secret que lui-meme ne connait pas. Tres vite il est repere et des personnages gravitent autour de lui – agents secrets allemands, anglais et americains, une jeune avocate allemande, un banquier britannique – qui vont le prendre en charge, le proteger, le manipuler.
Un Le Carre du meilleur cru.

  • Le choix des libraires : Choix de Hubert Trouiller de la librairie LE MARQUE PAGE a SAINT- MARCELLIN, France (visiter son site) – 30/10/2008

Voici un excellent roman drole et triste a la fois, precis et poetique, mene sur un rythme tres alerte.
A 77 ans, John Le Carre semble avoir atteint le detachement qui permet de decrire les evenements sans prendre parti ni imposer une vision et c’est un regal.
En toile de fond Hambourg apres le 11 septembre. Les differents reseaux d’espionnage, avec un curieux melange d’incompetence et d’efficacite, s’epient, s’infiltrent, collaborent et se tirent dans les pattes.
Au premier plan, trois personnages attachants : un banquier proche de la retraite, une avocate militante des droits de l’homme et un refugie russe musulman dont les destins sont lies.
Dans cet imbroglio, chacun d’eux reagit de facon tres humaine ; les deux mondes se telescopent et grace a une intrigue tres serree et un style abouti, on ne lache pas le livre avant la derniere ligne.

  • Les presentations des editeurs : 16/10/2008

Issa, jeune musulman russe affame, arrive clandestinement a Hambourg en pleine nuit, avec autour du cou une bourse renfermant une somme substantielle d’argent liquide et les reliques d’un passe mysterieux.
Annabel, jeune avocate idealiste travaillant pour une association d’aide aux immigres, se jure de sauver Issa de l’expulsion, au point de faire passer la survie de son client avant sa propre carriere. Tommy Brue, patron sexagenaire d’une banque anglaise en perdition sise a Hambourg, detient les clefs de l’heritage interlope du pere d’Issa. Ces trois ames innocentes forment un triangle amoureux desespere, sur lequel vont fondre les espions de trois nations differentes, tous resolus a marquer des points pour leur camp dans la guerre avouee contre le terrorisme et la guerre inavouable entre leurs services respectifs.
Peuple de personnages inoubliables, Un homme tres recherche fait la part belle a un humour caustique, tout en entretenant une tension croissante jusqu’a une scene finale poignante. Cette oeuvre pleine d’une profonde humanite, ancree dans les turbulences de notre epoque ou des forces en constante mutation se percutent partout dans le monde, revele une vision d’ensemble reflechie, sombre, impressionnante de logique et d’acuite.

John le Carre est ne en 1931.
Apres des etudes universitaires a Berne et Oxford, il enseigne a Eton, puis travaille pendant cinq ans pour le Foreign Office. Parmi ses derniers livres parus, La Constance du jardinier connu un grand succes international et a ete adapte a l’ecran. Un homme tres recherche est son vingt et unieme roman. John le Carre est commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.

  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas – La Croix du 5 novembre 2008

Bonne nouvelle de cette rentree litteraire : le double retour de John Le Carre. Au vrai roman d’espionnage qu’il avait un peu delaisse ces dernieres annees, et a la ville de Hambourg, ou il fut naguere consul britannique et ou son heros, l’agent George Smiley, traina ses guetres en d’autres temps, ceux du rideau de fer et de la guerre froide…
John Le Carre excelle a deplacer les pions et les lignes sur cet echiquier ou se deroulent les parties incertaines d’un jeu de dupes. Les methodes heritees de la guerre froide et de l’affrontement Est-Ouest ne marchent plus dans cette lutte de l’ombre qui surfe sur l’etat de l’opinion (arrestations mediatisees), manipule les informations, invente des suspects et finit par en debusquer de vrais apres les avoir crees. Meme les discours de moderation d’un imam qui se presente sous les atours d’un artisan de paix vont se reveler a double fond. Dans la derniere partie de ce roman diabolique que frole l’aile de l’amour, John Le Carre deploie sa maestria pour resserrer les noeuds coulants installes au fil des pages. Sa description logistique de l’assaut final est un modele de precision et de suspense.

  • La revue de presse Alexis Brocas – Le Magazine Litteraire, novembre 2008

Coordonner les actions de divers personnages, fomenter leurs rencontres, anticiper sur leurs initiatives, leur tendre des pieges savants… Le travail du maitre-espion s’apparente a celui du romancier. Dans son architecture complexe, Un homme tres recherche laisse entrevoir le stratege du renseignement que Le Carre aurait pu devenir si sa couverture n’avait ete brulee. Orchestrant des manipulations simultanees, sautant d’un narrateur a l’autre, il donne au lecteur un panorama de son intrigue, puis le plonge dans ses enjeux souterrains, dans l’ombre des tables rondes secretes entre agences alliees…
En s’ecartant du roman d’espionnage, et sans doute aussi de ses obsessions, Le Carre a enrichi sa palette. Le voici capable aujourd’hui de revetir la robe d’une avocate, les frusques d’un refugie ou le jogging d’un boxeur turc… et de leur donner autant de substance qu’a ses agents et hommes d’affaires habituels…
Grace a Issa, a Annabel et a Tommy, trio d’innocents perdus dans un monde de calcul, Le Carre parvient a rendre dechirant un roman qui, survenu vingt-cinq ans plus tot sous sa plume, n’aurait ete que brillant.

  • La revue de presse Gilles Anquetil – Le Nouvel Observateur du 22 octobre 2008

Depuis le 11-Septembre, le jeu des espions a change, et si les services secrets ont decide qu’un suspect est wanted, tous les coups les plus inavouables sont permis pour le neutraliser. A partir du moment ou une rumeur devient un fait, un mensonge une verite et un suspect un coupable, toutes les formes les plus perverses de surveillance des citoyens ont droit de cite. John le Carre explore avec colere et pessimisme ce nouveau monde de la guerre contre le terrorisme qui, sur fond de mondialisation, broie les individus et fait exploser les droits civiques. Un homme tres recherche est un roman tres noir. John le Carre oppose a la paranoia destructrice des espions post-guerre froide les armes fragiles de l’humour et de la compassion. Sans se faire beaucoup d’illusions sur l’issue du combat.

  • La revue de presseFrancois Busnel – L’Express du 23 octobre 2008

Dans ce roman qui rappelle l’univers noir d’un Joseph Conrad, John le Carre noue le destin de ces trois personnages sur fond de trafic d’etres humains et de menace terroriste. Plus que jamais convaincu que le monde actuel fournit a la fiction ses meilleurs ressorts, John le Carre redonne ses lettres de noblesse, avec ce livre prodigieux, au roman d’espionnage.

  • La revue de presse Franck Nouchi – Le Monde du 17 octobre 2008

Bonne nouvelle : le grand John Le Carre – 77 ans le 19 octobre – est de retour…
Le Carre, au-dela de la prodigieuse precision documentaire de son livre, en profite pour se livrer a une meditation sur la justice. Tout y est trouble, tout y est ambigu. Les principes ne valent que le temps de les enoncer et de les confronter aux faiblesses humaines…
Un homme tres recherche est le premier grand roman de l’apres-Guantanamo, une charge contre la justice americaine, “la justice droit au but”, “la justice ou il n’y a pas de putain d’avocats pour tout embrouiller”. C’est aussi le meilleur Le Carre depuis La Taupe et Les Gens de Smiley. Les aficionados comprendront.

  • La revue de presse Michel Abescat – Telerama du 15 octobre 2008

L’ancien agent du MI6 (le service de renseignement britannique auquel appartint Le Carre) semble toujours tres informe, et le constat qu’il fait du travail de ceux qui lui ont succede est accablant. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, ce sont les atteintes aux libertes publiques, le mepris des regles les plus elementaires qu’il denonce. Une maniere, au nom de la securite nationale, de s’asseoir sur les droits des citoyens. Quelle justice avons-nous rendue ?, demande ainsi un membre des services allemands a l’un de ses homologues americains a la fin du roman. La justice droit au but, mon gars. La justice couillue, voila quelle justice ! La justice ou il n’y a pas de putain d’avocats pour tout embrouiller. A 77 ans, l’auteur de L’Espion qui venait du froid n’a decidement rien perdu. Ni de son acuite, ni de son ironie, ni de sa gourmandise.

  • La revue de presse Jacques-Pierre Amette – Le Point du 9 octobre 2008

Le talent romanesque ajoute a la richesse documentaire journalistique aboutissent a un chef-d’oeuvre…
Le Carre pose la question embarrassante : ou est la frontiere entre le miel de la foi religieuse d’Allah et la bombe deposee dans une corbeille a papier ? Et aussi, comment fonctionnent les bailleurs de fonds du terrorisme ? Qui les aide par des virements bancaires sophistiques ? Comment la zakat, cet impot religieux, selon la charia, que tout musulman doit payer pour creer des hopitaux, des orphelinats, peut-elle devenir une machine infernale ? Enfin, il y a le merveilleux passage ou tout le gratin des services de renseignement se demande quel pourcentage de terrorisme est acceptable dans la conscience d’un musulman honnete. Plus que jamais le Carre nous entraine dans ce monde d’ombre, d’eaux troubles, de questions politiques et humaines abyssales qu’il connait. Ce monde du renseignement redouble, inverse notre monde du jour et en fait un crepuscule vertigineux. Plus que jamais le Carre se revele un artiste de l’anxiete, comme, jadis, le fut Graham Greene. Lucide, intelligent. Desespere.

  • La revue de presse Eric Neuhoff – Le Figaro du 10 octobre 2008

Hambourg est triste. On a l’impression qu’il y pleut tout le temps, qu’il fait toujours nuit. C’est une ville faite pour les declasses, les espions, une ville ou des ombres vous suivent dans la rue, ou de faux chauffeurs de taxi attendent dans leur voiture a l’arret. Hambourg est aussi un des endroits ou avait ete prepare le 11 Septembre. Cela explique pourquoi tellement de gens s’interessent a cet Issa Karpov, clandestin tchetchene, musulman convaincu, batard d’un militaire russe corrompu, heritier d’une somme enorme : un de ces comptes secrets baptises lipizzans, du nom de ces chevaux noirs qui deviennent blancs en vieillissant…
Le Carre abandonne sans cesse l’univers du renseignement pour decrire une epouse annoncant a son mari qu’elle le quitte, pour glisser un volume de Tourgueniev au detour d’un paragraphe. On croyait tomber dans un polar sur l’antiterrorisme, on plonge dans quelque chose de shakespearien, un tourbillon d’emotions contradictoires, d’espoirs floues, une tragedie en impermeable mastic.

  • Les courts extraits de livres : 15/11/2008

On ne peut guere reprocher a un Turc champion de boxe poids lourd deambulant dans une rue de Hambourg au bras de sa mere de ne pas remarquer qu’il est suivi par un grand echalas en manteau noir.
Geant debraille et jovial au large sourire naturel et a la tignasse noire attachee en catogan, Big Melik, comme le surnommaient ses voisins admiratifs, marchait d’un pas desinvolte en occupant la moitie du trottoir a lui tout seul. A vingt ans, c’etait une celebrite locale, et pas seulement pour ses prouesses sur le ring : capitaine en titre des juniors de son club de sport islamique, trois fois deuxieme au championnat regional d’Allemagne du Nord sur cent metres papillon et, cerise sur le gateau, gardien de but vedette de son equipe de football du samedi.
Comme la plupart des geants, il avait plus l’habitude d’etre regarde que de regarder lui-meme, autre explication au fait que le grand echalas ait reussi a le suivre trois jours et trois nuits durant sans se faire remarquer.
Les regards des deux hommes se croiserent pour la premiere fois alors que Melik et sa mere Leila sortaient de l’agence de voyages al-Umma, ou ils venaient d’acheter des billets d’avion pour se rendre au mariage de la soeur de Melik dans le village familial pres d’Ankara. Se sentant observe, Melik tourna la tete et se retrouva face a face avec un jeune homme de sa taille, d’une maigreur effrayante, a la barbe hirsute, aux yeux caves rougis, vetu d’un long manteau noir assez ample pour trois magiciens.