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Une place sur terre ? Franz Schubert, de l’homme mort à l’habitant libre

Auteur : Olivier Lazzarotti

« Ne mérité-je donc pas une place sur terre ? » Dernier regard, dernier souffle, dans la pénombre d’une pièce un peu trop humide, et ultimes mots pour dire, d’un jet et tout à la fois, le projet d’une vie et les termes de son échec. C’est ainsi qu’à 31 ans, 9 mois et 19 jours Franz Peter Schubert, habitué aux mots et aux notes, abandonnait à la géographie le soin des termes problématiques de son existence.
Jeu de piste : vous le suivrez alors, dans sa géographie quotidienne, celle des faubourgs de Vienne où il naît, celle de chacun de ses logements, de chacun de ses mouvements, dans Vienne, autour de Vienne et de chacun de ses déplacements, au-delà de l’horizon de la forêt viennoise.
Jeu de construction : de poème en composition, vous suivrez aussi le rigoureux façonnage d’un monde rêvé, celui d’une géographie de l’imagination et de ses habitants : une fiancée, un coureur et un chasseur. Il n’en fallait pas plus pour faire toute une histoire.
Vous le verrez, le comprendrez et l’entendrez, enfin : par les gestes, par les mots et par les sons, toujours et encore une même question : une place sur terre ? Où, comment et avec qui, etc. ? Et alors, vous aussi, vous vous interrogerez : serait-ce qu’après avoir remis en cause les normes sociales et artistiques de son époque, la question existentielle de Franz Schubert, celle dont l’angoisse pourrait bien être le moteur même de ses ambitions et de ses écritures, n’était pas la pesante mort, mais l’inquiétante liberté qui s’ouvre ?