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Une saison de scorpions

Auteur : Bef

Traducteur : Claude de Frayssinet

Date de saisie : 04/06/2008

Genre : Policiers

Editeur : Moisson rouge-Alvik, Paris

Prix : 14.00 / 91.83 F

ISBN : 978-2-914833-76-9

GENCOD : 9782914833769

Sorti le : 20/03/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Christophe Dupuis de la librairie ENTRE-DEUX-NOIRS a LANGON, France – 04/06/2008

Le Senor est en prison a cause d’un salopard qui beneficie d’un programme de protection des temoins. Le Senor est quand meme super bien traite en prison, car c’est… le Senor, mais il aimerait bien en sortir. Pour ceci, il appelle El Guero. El Guero, c’est la solution. C’est pour ca que Le Senor n’embauche pas Tames et le Gros. Et comme c’est la derniere mission d’El Guero, vu qu’il part en retraite, Le Senor le paye triple, cadeau de retraite… Alors El Guero va reperer sa cible, le dernier qu’il tuera, pas un probleme. Sauf que sa cible est du genre a emmener ses filles a l’ecole, et en l’observant El Guero sait “distinguer un honnete homme d’un salopard a la facon de traiter ses enfants. J’etais convaincu que ce pauvre diable a la Passat gris metallise, condamne a l’oubli a Ciudad Portillo, pouvait etre un miserable lache vendu au systeme des temoins proteges, mais aussi un bon pere, et ce n’etait pas moi, c’est-a-dire l’homme en noir, qui allais arracher a coups de feu ces deux fillettes innocentes a leur pere sous le soleil brulant de cette matinee poussiereuse, a la porte de l’ecole primaire Heroe de Nacozari.” Donc il n’execute pas le contrat, sachant qu’il se mettra le Senor au dos et qu’il ne lui restera plus qu’a fuir – une traversee du Mexique au volant d’une Impala 70 noire avec des flammes sur le cote – Tames et le Gros, ses anciens collegues qui vont devenir ses bourreaux.
Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne s’embete pas dans ce polar survitamine encense – a juste titre – par Paco Igancio Taibo II. Ce premier roman de Bernardo Fernandez, couronne a Gijon en 2006, claque a chaque page. C’est sec, nerveux, concis, la construction a plusieurs voix, qui devoile progressivement le passe des protagonistes principaux, rajoute du rythme et on ne voit pas les 200 pages (enfin un peu moins) passer.

  • Les presentations des editeurs : 30/04/2008

Meme les tueurs a gages ont des etats d’ame… Au moment d’abattre celui qui doit etre son dernier client avant la retraite, El Guero decide d’epargner ce bon pere de famille et se retrouve… a la place du mort. En cavale au volant de sa precieuse Impala, pourchasse par ses anciens collegues, il croisera le chemin d’un braqueur de banques yougoslave et de sa fine equipe de narcojuniors. La rencontre entre l’ex-tueur a gages et les apprentis gangsters sur fond de quiproquos en plein desert mexicain fera des etincelles… Delirant et violent comme un Tarantino, ce court roman est un western urbain drole et vivant, peuple de personnages hauts en couleur.

L’un des meilleurs polars mexicains que j’ai lus recemment… Un concentre de Barry Gifford et de Sam Peckinpah !

Paco Ignacio Taibo II

  • Les courts extraits de livres : 30/04/2008

Ce message s’autodetruira dans trente secondes

Devant moi, la route serpentait legerement et retrouvait aussitot sa forme de reptile paresseux. Le jour commencait a poindre, un vrai cadeau apres avoir conduit plus de quinze heures depuis l’autre extremite du pays.
Quelques heures auparavant, j’eclusais des bieres au Caracol, un petit bar de routiers dans le centre de Monterrey, le genre d’endroit ou les chauffeurs de poids lourds viennent impressionner leurs freres cadets des taxis et des minibus avec un tas d’histoires routieres.
Je prenais un peu de repos. Ca faisait quelque temps deja que je ne travaillais plus. Et je ne le voulais pas.
J’avais fait des bricoles. Garde du corps d’un chef d’entreprise a Morelia, videur dans un teibol de Reynosa. Que des conneries.
Je me faisais vieux ; dans ce genre de travail, les croulants n’ont pas leur place.
Ca faisait deux jours que j’etais dans la Pension de la Jefa, a deux blocs de la Macroplaza, la ou les nouveaux riches n’ont pas encore reussi a remplacer le vrai visage de la ville par cette face de gringa fardee qu’ils veulent lui imposer.
– Qu’est-ce que tu fabriques, Giiero ma fripouille ? elle m’a lance en me voyant entrer.
– Vous voyez, Jefita, je m’balade.
Je venais de Lerdo. De chez moi. Un pote qui possedait des coqs de combat m’avait demande de l’accompagner a la foire de San Marcos. Parce que c’etait lui. Simple precaution, Guero, on n’sait jamais, m’avait dit le Checo. Simple precaution.
Je le connaissais depuis tout petit. Nous avions grandi ensemble. Il etait marie avec la Lola. C’est ce qui l’a calme. Sinon, il serait deja mort.
Ils s’etaient embarques dans cette affaire de coqs apres leur mariage. Il leur arrivait de gagner beaucoup d’argent. Parfois, ils perdaient tout. La derniere fois, ils avaient fait l’acquisition d’une maison close, dans le centre de Lerdo.
Mais faut pas toucher a la marchandise, Checo mon cochon, lui disait Lola. Le couillon se marrait. Lola vivait sur place pour s’occuper du negoce.
Avec mon petit camarade on ne sait jamais. Surtout quand il est beurre. C’est comme ca qu’un jour, a cause de ses conneries, nous avons du nous tirer d’Aguascalientes en quatrieme vitesse.
Il s’etait mis a picoler avec des narcos. Et ils avaient commence a taper le carton.
– Eh, mon pote, t’es en train de jouer avec le feu, je lui ai dit.
– Cette partie je la gagne, mon collegue, tu vas voir, il m’a repondu deja a moitie bourre.
– Mais t’es con ! Tu as deja perdu la chignole.
– Avec celle-ci je vais me refaire, Giuero, m’emmerde pas.
Je me voyais deja retourner a Lerdo en stop. C’etait la maison close de Checo contre la poule du narco.
– Fais pas le couillon, mon pote !
– Oh, la ferme et vise ca.