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Vie et mort de Marco Pantani

Auteur : Philippe Brunel

Date de saisie : 18/12/2007

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Document

Prix : 17.90 / 117.42 F

ISBN : 978-2-246-67521-1

GENCOD : 9782246675211

Sorti le : 24/10/2007

  • Les presentations des editeurs : 19/12/2007

Le 14 fevrier 2004, Marco Pantani est retrouve mort d’une overdose a la Residence Le Rose a Rimini, sa chambre devastee. Les journaux font le portrait d’un ancien champion depressif, toxicomane et deprave. Le juge ecarte d’emblee la piste du suicide et de l’homicide. L’instruction est bouclee en moins de deux mois. Trop vite ? Etait-il vraiment seul au moment de sa mort ? Et si tout s’etait noue le 5 juin 1999 a Madonna di Campiglio, quand on l’avait banni du Tour d’Italie au terme d’un controle antidopage ?
Pour tenter de resoudre le mystere de sa mort, l’auteur mene une contre-enquete, obsessionnelle et minutieuse. Il se remet dans les pas de Pantani. A Rimini dans le bureau du juge; a Cesenatico, dans sa ville natale, une station balneaire de la cote Adriatique, la Riviera dello sballo, theatre de tous les vices, mais aussi aupres de ceux qui l’ont connu, ses parents, ses proches, ses amis d’enfance, sans jamais trahir le sujet de sa quete : Marco Pantani lui-meme.
L’affaire Pantani n’est pas seulement l’histoire d’un homme en declin. C’est une plongee dans les eaux troubles du dopage. Un roman vrai sur le cyclisme controverse des annees Armstrong.

Philippe Brunel est ne en 1956. Journaliste a L’Equipe, il fut pendant pres de dix ans l’un des interlocuteurs privilegies de Marco Pantani. Il est aussi l’auteur d’un roman, Les Reporters (Calmann-Levy, 2000).

  • Les courts extraits de livres : 19/12/2007

Extrait de l’avant-propos :

Les derniers mois, meme ses proches avaient perdu sa trace. Marco Pantani etait devenu inaccessible. Il menait une existence dissolue, a double fond, dans l’irreparable oubli de Cristina Jonsson, sa fiancee danoise dont il etait separe, et le rejet conjoint de son milieu professionnel qui l’avait beatifie puis repudie sans preavis au Tour d’Italie sur la foi d’un controle sanguin hors norme, le 5 juin 1999 a Madonna di Campiglio. Cette date temoignait d’une rupture dans sa carriere et sa vie d’homme, si etroitement melees qu’il n’etait plus tout a fait de ce monde quand on l’a retrouve mort, dans son propre sang, le 14 fevrier 2004, dans une chambre de la Residence Le Rose de Rimini. Tue par une overdose de cocaine et de deprime et par ce sentiment de honte et d’indignite dont il ne s’etait jamais delivre. Il avait trente-quatre ans. Dans le flot des commentaires plus ou moins sommaires que ce drame engendra, il n’y eut pas grand monde pour le defendre. Ceux qui s’etaient montres si prompts a louer sa grandeur quand il representait une vraie force economique ne jugerent pas utile d’assister a ses obseques, que ce soit l’organisateur du Tour d’Italie Carmine Castellano, bloque sur l’autoroute par un embouteillage providentiel, ou bien Hein Verbruggen, le president de l’UCI, qui negligera de justifier son absence, jugeant qu’elle parlait pour lui. Quant au patron du Tour de France, Jean-Marie Leblanc, qui l’avait remercie en 1998 d’avoir sauve le Tour, un Tour calamiteux, moribond, souille par la curee de l’affaire Festina, il s’etait fait representer. Cette mort ne les concernait plus. Elle brassait trop d’interdits, de choses inavouables.
D’ailleurs, la veille, le ministre italien des Communications, Maurizio Gasparri, avait moralise les funerailles en declarant que le defunt etait tout sauf un exemple pour les jeunes. Il n’y eut donc pas de condoleances attristees, et sur son tertre funeraire, pas la moindre couronne mortuaire pour recouvrir les fleurs fanees de ses anciennes victoires, pas de salut, pas d’hommage solennel, si ce n’est plus tard, quelques vagues rappels de conscience ici et la a travers des commemorations tardives, creation d’une stele sur le Mortirolo, depot de gerbes, attribution d’un Prix Pantani au sommet de l’Alpe d’Huez. Sans oublier cette statue de bronze a son effigie sur le front de mer de Cesenatico, que le president de la region refusera d’inaugurer. Les milliers de fideles qui s’etaient agglutines le long du Porto Canale devant l’eglise San Giacomo, a l’heure de ses funerailles, devaient se faire une raison : ils ne pleuraient pas un heros tragique mandate par les dieux du cyclisme pour reveiller le mythe endormi du campionissimo Fausto Coppi mais un renegat, un proscrit declasse par ses demeles judiciaires, un pauvre Scarface de pacotille, meprisable, retombe dans sa folie comme le chien de Salome retourne a ce qu’il a vomi. Je me suis souvent demande en ecrivant ce livre, ce qui me poussait a vouloir exhumer l’homme derriere le champion. L’envie de le rehabiliter bien sur, de lui restituer sa mort puisqu’on lui a vole sa vie, peut-etre, aussi, la nostalgie du possible, ce besoin d’etre fidele a ce qui ne sera pas mais aurait pu etre une belle amitie entre nous, gachee par sa disparition. Enfin, surement, cette solitude qui transparaissait dans son regard, le regard d’un homme traque, habite par un mauvais presage. Ce regard me parlait comme il parlait a ses milliers de tifosi parce qu’au-dela des controverses et des malaises qu’il suscitait, il incarnait les craintes et les blessures qui nous oppressent.