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Violette Nozière ; la célèbre empoisonneuse des années trente

Auteur : Bernard Hautecloque

A la fin de l’été 1933, l’affaire Violette Nozière éclata comme une bombe, laissant toute la France abasourdie : une jeune fille de dix-huit ans a empoisonné ses parents (sa mère devait survivre). On apprend vite que Violette, malgré son très jeune âge, menait depuis plusieurs années déjà une vie dévergondée aux bornes de la prostitution. Maladivement mythomane, elle s’inventait sans cesse de nouvelles vies, un jour mannequin, un jour riche héritière, avant de reprendre son costume de petite fille modèle pour rentrer chez Papa-Maman. Ayant rencontré le fils de famille Jean Dabin, elle lui voua spontanément un amour passionné qui était loin d’être réciproque. Celui-ci prit en tout cas l’habitude de profiter sans vergogne des largesses de celle qu’il appelait sa ” Vilaine Chérie “. C’est pour financer la vie oisive et égoïste de son amant de coeur que la jeune fille commit l’irréparable.
Vilipendée par la quasi-unanimité de l’opinion publique, reniée par tous ses amis, ses amants et jusqu’à sa propre famille, la jeune fille, dans sa prison, se raccroche à son dernier espoir : une visite de Jean. Il ne viendra, ne lui écrira jamais et Violette, écrasée de désespoir réalise, mais un peu tard, qu’il s’est moqué d’elle. Condamnée à mort, puis graciée, elle purgera sa peine dans les dures conditions carcérales de l’époque. Mais elle réussit une véritable réhabilitation morale et le 26 août 1942 le maréchal Philippe Pétain réduit sa peine à 12 ans de travaux forcés et, grâce à une conduite exemplaire en prison, Violette Nozière est libérée plus tôt que prévu, le 29 août 1945. Le 15 novembre de cette même année, le général Charles de Gaulle lève même son interdiction de séjour sur la majeure partie du territoire français. Elle épouse le fils du greffier comptable de la maison d’arrêt de Rennes où elle avait été emprisonnée et s’installe en Normandie pour y gérer un restaurant. Elle mettra au monde cinq enfants auxquels elle ne parlera jamais de son passé, finira par obtenir sa réhabilitation judiciaire en 1963, trois ans avant d’être emportée par un cancer. C’est une des plus extraordinaires figures de l’histoire criminelle française qui est ainsi ressuscitée.