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Vivement demain

Auteur : Ariel Ricaud

Date de saisie : 08/04/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Fleuve noir, Paris, France

Collection : Litterature generale

Prix : 19.90 / 130.54 F

ISBN : 978-2-265-08557-2

GENCOD : 9782265085572

Sorti le : 13/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 09/04/2008

Rien, dans l’existence bien reglee de Juliette, ne la preparait a un tel seisme. A presque quarante ans, cette femme moderne et independante est un modele d’epanouissement : une vie professionnelle reussie, un amant seduisant, et Benjamin, son fils adolescent avec qui elle entretient une tendre complicite. Seule ombre au tableau, ce dechirement dont elle ne s’est jamais vraiment remise : Jacques, le pere de son fils, l’a abandonnee avant la naissance de leur enfant… Aussi le choc est-il rude lorsqu’un notaire de Bourgogne l’informe du deces de Jacques et de la volonte de ses parents de connaitre leur petit-fils. Doit-elle laisser ces inconnus s’immiscer dans sa vie et celle de Benjamin ? Accorder a Henri, son beau-pere – bel homme dont l’age n’a fait qu’accroitre l’autorite et la force d’attraction -, la place dans son coeur qu’il lui reclame avec cette assurance tranquille si troublante ? Ou ceder aux avances du notaire, Jean, avec qui, pour la premiere fois de sa vie, elle se sent pleinement femme… mais qui lui demande un sacrifice professionnel qu’elle n’est pas sure de vouloir faire ?

Entre les elans du coeur et la tyrannie des sens, que choisira-t-elle ?

Ariel Ricaud a ete journaliste avant de creer son agence de communication specialisee notamment dans l’univers de la beaute et de la mode, pour le compte de grandes marques de luxe. Apres Pretty Man (2007). Vivement demain est son deuxieme roman a paraitre au Fleuve Noir.

  • Les courts extraits de livres : 09/04/2008

J’allume ! 6 h 20 ! Encore dix minutes avant que le reveil ne sonne, j’eteins. J’adore sommeiller tout en pensant a ce que me reserve cette nouvelle journee : la banque, les dossiers… l’affaire en cours est difficile mais excitante. Ah ! ma banque… une raison de vivre indispensable.
Benjamin, mon fils de quatorze ans, la passion de ma vie, la, c’est plus ardu. Eleve mediocre, il en souffre, ne se decidant pas a deployer l’energie necessaire pour mieux travailler, ce qui lui donnerait le moral et par voie de consequence confiance en soi. Je souffre encore plus que lui de le voir si mal dans sa peau. Ce soir je dine avec lui, car hier, comme bien souvent, je representais mon president a un repas d’affaires, pas desagreable d’ailleurs, et utile, j’y ai appris plein de choses sur les difficultes d’une entreprise, que je vais m’empresser de rapporter a mon president. Benjamin continue a detester que je sorte le soir, malgre la presence reguliere de ma mere ou celle de ma gardienne qui s’occupe de lui depuis qu’il est tout petit. Quand meme, il exagere, a quatorze ans !
La banque, Benjamin, Benjamin, la banque, c’est mon quotidien. Il y a aussi quelques parentheses geniales ou je ne me preoccupe que de me faire plaisir et… je m’etire avec volupte. Aujourd’hui l’heure du dejeuner est consacree a ma parenthese avec Thierry. Une ou deux fois par semaine, et deux ou trois week-ends par an, est-ce assez, n’est-ce pas assez, je ne me pose pas la question puisque j’ai tant de plaisir a le rencontrer et aucun regret a ne pas le voir davantage. Que ferais-je de lui dans ma vie si organisee ? Il est marie, n’est pas particulierement attire par les enfants. Meme s’il m’aime beaucoup, comme la plupart des hommes, il n’a pas l’intention de divorcer. Les choses sont bien a leur place, et Thierry constitue mon jardin secret depuis deux ans !
Je suis d’humeur joyeuse et espiegle. Ce matin, je vais rendre mon corps beau, doux et lisse pour Thierry : cremes, parfum, shampooing au miel, pas une parcelle de ma peau qui ne sera soignee. Les jours Thierry, je me leve une demi-heure plus tot ! Deja hier soir, j’ai commence a preparer la fete : j’ai choisi le porte-jarretelles et les bas en dentelle qui lui plaisent, un haut tres decollete sous une veste classique, la banque quand meme…, une jupe droite fendue haut devant, mais pas tant que ca, et des talons aiguilles. Thierry ne m’aime pas en pantalon. Bon ton de rigueur : etre sexy, a la mode et emoustiller les regards masculins, c’est bien, mais pas au-dela d’un certain cap. Inutile d’entrer en croisade pour changer les mentalites des banquiers. Je ris toute seule de me sentir a pres de quarante ans si gamine.

7 h 30, je me precipite, de toute maniere je me precipite toujours, je cours toute la journee; je toque a la porte de Benjamin :
– Le petit dejeuner est pret dans dix minutes.
Il n’y a pas si longtemps, je le lui apportais au lit. Sacro-saint, ce moment du petit dejeuner avec Benjamin.
– Tu es drolement sexy, maman, des 7 h 30 du matin, tu as peur de ne plus plaire ou quoi ?
– Il y a des jours comme ca, mon cheri, ou j’ai envie d’etre belle pour me faire plaisir. Etre femme, il faut bien le montrer de temps en temps.
– Ouais, ouais, repond-il, pas tres convaincu, n’empeche, je te prefere quand tu es normale.
Normale pour lui, ca veut dire que sa mere ne doit pas se faire remarquer. Je passe a autre chose :
– Est-ce qu’aujourd’hui va etre une bonne journee pour toi, mon cheri ?