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Voix réunies

Auteur : Antonio Porchia, Martine Cazin (Illustrateur)

Personnalité réservée et généreuse, Antonio Porchia fréquentera toute sa vie un groupe d’artistes, pour la plupart émigrés comme lui, regroupés dans une association dénommée Impulso, qui avait son siège dans le quartier de La Boca. En 1943, sur les instances de ses amis d’Impulso, il publie à compte d’auteur un premier recueil de ce qu’il appellera lui-même des Voix.
Embarrassé par les 1000 volumes de cette première édition, il décide d’en faire don à la Société protectrice des bibliothèques populaires, institution qui coordonne un réseau de bibliothèques municipales couvrant tout le pays. C’est ainsi que, dans le fin fond des provinces argentines, des lecteurs attentifs reçoivent ce màs allà d’un auteur inconnu, d’abord avec surprise, puis avec vénération ; beaucoup recopient à la main les Voix et commencent à les faire circuler. Les répercussions secrètes de la première édition amènent Porchia à en entreprendre une seconde, en 1948, aussi sous le sigle de Impulso, avec le matériel accumulé pendant ces cinq années. Un exemplaire de la première édition arrive entre les mains du poète et critique français Roger Caillois qui traduit les Voix et publie un certain nombre de celles-ci dans un numéro annuel de Dits (éditions Gallimard) et dans la revue parisienne La Licorne (n°2, 1948). Puis il les fait éditer dans une plaquette de la collection « G.L.M. » (Voix, Paris, 1949). La lecture de cette traduction éveille l’admiration entres autres de Henry Miller, qui fait figurer Porchia parmi les cent livres d’une bibliothèque idéale ! C’est en 2006 qu’un éditeur espagnol, Pre-Textos (Valence), rassemble en un seul volume intitulé Voces reunidas, le total des 1182 Voix, publiées et inédites, jusquelà disséminées, avec un important appareil critique, qui a servi de support à la présente nouvelle traduction.
L’incontestable qualité poétique du texte repose sur un travail de dépouillement extrême, soutenu par la plus grande rigueur dans le choix du mot – à la fois juste quant au sens et résonnant par sa polysémie -, comme si la réduction (au sens culinaire) opérée ouvrait à des possibilités infiniment vastes (comme le « tout » et « l’univers » dont il parle sans cesse) de « compréhension ».