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Voyage d’ete

Couverture du livre Voyage d'ete

Auteur : Michele Ramond

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France

Prix : 14.00 / 91.83 F

ISBN : 978-2-7210-0529-8

GENCOD : 9782721005298

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  • Les presentations des editeurs : 03/06/2006

Les yeux ne se ravivent pas. Faut-il laisser mourir le corps et ne plus le torturer avec le souvenir de la vie ? Le corps ne peut plus eprouver la beaute, ni la tristesse, ni le bonheur, ni le malheur, et il pleure de toutes ses tumeurs, a l’interieur de ses organes, il pleure d’une douleur feminine egale a celle du corps survivant, du fond de sa vegetation ancestrale qui, fatiguee, s’est couchee. C’est le mois le plus triste, celui ou commence la richesse de la terre.
M.R.

Michele Ramond, normalienne, agregee d’espagnol, docteure d’Etat, auteure de plusieurs ouvrages sur Federico Garcia Lorca, enseigne la litterature espagnole a l’universite de Paris 8. Elle a publie Vous (1998), L’Occupation (1991), et Feu le feu (2004) aux Editions Des femmes-Antoinette Fouque.

  • Les courts extraits de livres : 03/06/2006

Elles etaient trois, la mere, la fille, la mort ; la fille, la mere, la mort; la mort, la mere, la fille ; la mort, la fille, la mere; la mere, la mort, la fille; la fille, la mort, la mere ; trois femmes, trois gunes, trois en meme temps, errantes et pourtant immobiles, au pied de la montagne dont le flanc ensoleille etait tapisse de vignes et d’eglantiers, dont le flanc ombreux etait pierreux et rapeux, surplombe par une couronne calcaire biseautee. Dans l’attente d’evenements singuliers elles etaient trois, trois corps sous la voute de nuages ou parfois la face rouge, rougeaude de Dieu (ou Dieu sait qui), trois a quelques metres de la grille eclatante du parc, dont la pointe centrale montait haut dans le ciel, dessinant un signe cabalistique de mort et de resurrection, elles etaient trois distrayant leur vie et leur mort a l’ombre des grands cypres, des platanes de l’avenue, des marronniers aussi dont la large cime dominait tout, trois assises aussi bien sur la glace que sur l’herbe de la prairie ou dans le champ de coquelicots ou sur les pierres rondes de la berge ou la barque etait toujours attachee dans l’attente du voyage, de la traversee, de l’echappee belle, au coeur vagabond de l’attente perpetuelle elles etaient trois, se detachant rouges sur le fond vert de l’eau et des bois, ou vertes sur le fond rouge du levant et du couchant, elles portent a leur front une petite corne, elles provoquent l’hiver les avalanches, l’ete la secheresse, a l’automne les inondations, au printemps l’eclosion des bourgeons, la naissance des feuilles, des fleurs et des fruits, au coeur des vagabonds elles eveillent l’esperance, a celui des riches sedentaires le souci, la preoccupation de leur ruine; un bruit semblable au craquement d’un sepulcre se fait entendre, il repercute dans les gorges profondes du fleuve, c’est la hache de la mort que celle-ci a lancee tres loin au hasard et qui s’est fichee dans une souche ou qui a heurte une roche; dans les halliers les plus caches le corps mere a ete depose, il repose, les yeux fermes, preserve par la broussaille du vol sinistre des gerfauts ; epuise par la nuit de tempete, ou les sifflements du vent l’ont tenu eveille, le corps fille somnole sans se soucier de son destin, ses joies et ses tristesses se dispersent en fumee legere, ses organes sont grands ouverts au desespoir, a l’esperance.