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Voyages en gourmandise

Couverture du livre Voyages en gourmandise

Auteur : Chantal Pelletier

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : NIL, Paris, France

Collection : Exquis d’ecrivains

Prix : 12.00 €

GENCOD : 9782841113569

  • Les presentations des editeurs : 06/02/2007

… mon plus grand plaisir est de manger dans les echoppes, sur les marches. Decouvrir sous mes doigts la texture voluptueuse des viandes, les pates grenues des galettes, les masses tendres des legumes, leurs peaux soyeuses. Je rechigne rarement a ce jeu : modeler dans un grand plat odorant des boulettes fragiles en pressant riz ou semoule, sauces de legumes, hachis de viande, porter cette improbable sculpture a la bouche, levres tetant les restes, langue lechant les doigts degoulinant de sucs epices, facon de ne rien perdre des jus et des parfums, de baigner au mieux dans les aromes, dont meme la peau s’abreuve…

Marquee par l’obsession gourmande de son enfance lyonnaise et bressane, Chantal Pelletier nous entraine, avec un appetit contagieux, a la decouverte de tresors culinaires d’ici et d’ailleurs : galette de semoule cuite dans le sable du Sahara, poissons des lagons de l’ocean Indien, fruits exotiques des marches d’Asie et d’Amerique…

  • La revue de presse Michel Abescat – Telerama du 13 juin 2007

Le texte, d’une belle simplicite, se diffuse lentement, tissant en creux un portrait secret, celui de l’auteur, venue aux mots par les saveurs et la grace d’une culture populaire ou l’on ne comptait pas le temps passe a la cuisine, ou chacun, hommes et femmes, mettaient la main a la pate, ou les enfants, tres tot, a force d’observer leurs peres au jardin, connaissaient le prix d’un haricot vert ou d’une tomate. Dedie a Simone et Gabriel, ses parents, ce petit livre bouleversant est sans doute le plus intime que Chantal Pelletier ait jamais ecrit.

  • Les courts extraits de livres : 06/02/2007

Ailleurs

Ailleurs rime pour moi avec meilleur.
Ailleurs n’est pas forcement lointain. Pique-niquer sur le banc ou la pelouse d’un parc a trois cents metres de chez moi peut me suffire.
Ailleurs, je me sens neuve, je redecouvre le gout des bonnes choses qu’ont erode les habitudes.
Ailleurs, ma curiosite est plus grande, mes yeux plus ecarquilles, mon odorat plus aiguise, mon appetit plus ouvert.
Ailleurs, le temps est plus dense. Chaque jour me laisse des souvenirs que des annees de quotidien ne parviennent pas a retenir.
Ailleurs, il me semble retrouver soif de decouvrir et innocence, comme s’il s’agissait de rejoindre… l’enfance ?

J’ai quinze ans. A Kiel, Schleswig-Holstein, Allemagne du Nord, au debut de mon premier diner, je constate, stupefaite, que ma correspondante, son frere et ses parents, menton dans les mains, marmonnent des remerciements au Seigneur. La surprise passee, je benis a mon tour ce curieux repas : devant chaque convive, une planchette de bois, un couteau… et, au centre de la table, la leberwurst (saucisse de foie), le schmalz (saindoux), le pain noir ou gris a beurrer et recouvrir de fromages fumes, de salamis rose bonbon-Friande de ces repas-planchettes, je m’etonne qu’un dieu offre a ses adorateurs une nourriture aussi riche. Les aime-t-il tant qu’il veut les rappeler au plus vite a ses cotes ? Peu importe, je retiens de cette premiere experience que partout, et pas seulement chez moi, la nourriture est sacree. La planete entiere m’attend donc, pleine de surprises gourmandes. Merci, Seigneur !

  • Les courts extraits de livres : 06/02/2007

Manieres

J’aime les repas festifs, les grandes tablees ou trinquent verres, regards et conversations, mais mon plus grand plaisir est de manger avec les doigts dans les echoppes, sur les marches. Decouvrir sous mes doigts la texture voluptueuse des viandes, les pates grenues des galettes, les masses tendres des legumes, leurs peaux soyeuses. Je rechigne rarement a ce jeu : modeler dans un grand plat odorant des boulettes fragiles en pressant riz ou semoule, sauces de legumes, hachis de viande, porter cette improbable sculpture a la bouche, levres tetant les restes, langue lechant les doigts degoulinant de sucs epices, facon de ne rien perdre des jus et des parfums, de baigner au mieux dans les aromes, dont meme la peau des doigts macules s’abreuve.