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Yvonne

Auteur : Eugene Dabit

Preface : Pierre-Edmond Robert

Date de saisie : 15/01/2009

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : B. Pascuito editeur, Paris, France

Prix : 19.95 / 130.86 F

ISBN : 978-2-35085-059-7

GENCOD : 9782350850597

Sorti le : 06/11/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Claire Strohm et Robert Roth de la librairie AU MOULIN DES LETTRES a EPINAL, France (visiter son site) – 15/01/2009

Ce roman inedit, ecrit en 1929 par un jeune auteur mort prematurement en 1936, a le charme suranne des vieilles photographies du Paris de l’entre-deux guerres. Il raconte avec infiniment de sensibilite l’amour d’Yvonne, modeste fleuriste, pour Georges, jeune peintre desargente. Dabit decrit avec pertinence les transformations de la jeune femme au contact de l’artiste. L’amour eveille non seulement son corps mais aussi son esprit. Dans le midi, ou le peintre s’est installe le temps d’un ete, elle apprend la lumiere, la sensualite du contact avec la nature, la beaute. Mais sa naivete, sa fraicheur, qui seduisent d’abord l’artiste, finissent par l’agacer. Yvonne est une pietre maitresse de maison. Pour elle la vie est ailleurs, dans l’ideal, l’ivresse des sentiments et l’amour de l’art. Mais Georges n’est pas pret a donner en partage ces choses-la a Yvonne, il les veut pour lui seul.
Dabit, qui fut peintre, decrit un milieu qu’il connait bien, ou les idees et les moeurs ont l’air faussement liberees des hypocrisies, des conventions et du conformisme social.

A noter la reedition, toujours chez Bernard Pascuito, d’un autre roman d’Eugene Dabit, “La zone verte”, publie initialement par les editions Gallimard en 1935.

  • Les presentations des editeurs : 15/01/2009

En 1929, alors qu’il s’appretait a donner L’Hotel du Nord a Robert Denoel, roman qui devait lui apporter la notoriete et le premier Prix populiste, Dabit, sur les conseils de Roger Martin du Gard, a ecrit plusieurs recits et nouvelles, parmi lesquels Yvonne, un long recit reste inedit.
C’est l’histoire d’une jeune fleuriste qui aime un peintre, dont elle devient le modele. Comme il s’eloigne bientot d’elle, elle veut devenir peintre a son tour.
Des histoires comme celle-la, il devait y en avoir beaucoup chez les artistes debutants dont Dabit faisait partie dans les annees 1920, du cote de ses amis du Pre-Saint-Gervais, ou bien a Montparnasse, ou se rencontraient des peintres venus du monde entier.
Si Dabit a laisse de cote ce recit, c’est sans doute parce qu’il commencait alors une autre carriere avec L’Hotel du Nord. Les academies de peinture, les voyages sur le motif, les vernissages, bref la vie des peintres, tout ce qui avait ete son quotidien pendant dix ans, etait desormais derriere lui.
Mais pour nous, il y a beaucoup a glaner dans ce recit dont la fraicheur et l’authenticite nous touchent : c’est bien un autre temoignage dans la maniere de Dabit que nous y trouvons.

Eugene DABIT a grandi dans les faubourgs parisiens. Il immortalisa en 1929 le modeste etablissement tenu par ses parents dans L’Hotel du Nord. Pres de dix ans plus tard, Marcel Carne en tira un film devenu culte. Les personnages d’Eugene Dabit, tout en nuances, illustrent a merveille la grisaille d’existences anonymes des annees 1920. Auparavant, a son retour de la guerre, en 1919, Dabit, anime par une vocation de peintre, a expose des toiles avec Modigliani, Soutine, Utrillo et d’autres. C’est seulement a partir de 1926 qu’il s’est oriente vers la litterature, apres avoir decouvert des auteurs parmi lesquels Jules Valles ou Charles-Louis Philippe. Critique d’art et critique litteraire, il a collabore a La Nouvelle Revue francaise, Europe, L’Humanite, Marianne, Les Nouvelles litteraires. Eugene Dabit est mort en 1936, au cours d’un voyage en URSS ou il accompagnait Andre Gide. A trente-huit ans.

  • Les courts extraits de livres : 15/01/2009

Yvonne Lagache, qui avait couru depuis la station du Nord-Sud Convention s’arreta, essoufflee, les joues rouges. Elle regarda la rue de l’Orme, une nouvelle rue, deserte, bordee de terrains vagues et d’immeubles couleur de fumee. Elle ouvrit son sac, en sortit un petit carnet, le feuilleta. Georges Monteil, artiste-peintre, 22, rue de l’Orme… neuf heures.
Elle fit quelques pas. Je suis en retard, murmura-t-elle. C’est au diable, ce quartier ! Ah, je prefere Clignancourt. Elle lut a haute voix les numeros des maisons. Soudain son coeur battit plus fort, une sorte d’angoisse lui serra la gorge. Elle etait arrivee. Sans se soucier de son retard elle resta immobile devant la porte cochere, emue, inquiete, comme lorsqu’elle se presentait dans une nouvelle place ; cette fois-ci plus que de coutume ! Depuis quinze jours, elle chomait. Une voisine lui avait donne l’adresse de ce Georges Monteil qui cherchait un modele. Elle s’etait laissee tenter. Il y avait un brin de curiosite dans ce mouvement mais aussi le besoin pressant de gagner de l’argent car elle devait deja une semaine au patron de l’Hotel des Familles ou elle logeait.
Yvonne retapa les plis de son vieux manteau, puis ouvrant son sac, se regarda dans sa glace et se poudra. Elle soupira ; jamais elle n’avait pose chez un peintre, elle craignait que ce Georges Monteil ne la trouvat laide. Tant pis… Elle entra dans le couloir, passa vite devant la loge et monta l’escalier sombre. Encore deux etages… Elle s’arreta au cinquieme pour reprendre haleine et franchissant les marches deux a deux arriva au palier du sixieme. Sur une porte etait clouee une carte de visite : Georges Monteil. Elle frappa un coup, timidement, et attendit, impressionnee a l’idee de se presenter chez un artiste. Elle en redoutait le jugement. Elle se souvenait aussi de certains romans, de vagues histoires de peintres et de modeles. Il ne s’agissait pas de rigolade mais de gagner sa vie.
Elle entendit marcher. La porte s’ouvrit.